(BFM Bourse) - Nvidia cède du terrain à Wall Street alors qu'Apple se maintient.
Nvidia trônait depuis très longtemps en tête du classement des plus importantes entreprises cotées en Bourse. Quasiment un an, rappelle Bloomberg.
Ce vendredi 17 juin, le spécialiste des processeurs graphiques (GPU) a toutefois vacillé de son siège en début de séance à Wall Street.
Perdant 3,7%, Nvidia affiche une capitalisation boursière de 4.835 milliards de dollars, contre 4.912 milliards pour Apple, stable de son côté (+0,37%).
Nvidia pâtit d'un mouvement de défiance à l'égard de la thématique de l'intelligence artificielle et des semi-conducteurs.
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Doutes sur l'IA
Deutsche Bank ne voit pas de déclencheur unique à ce mouvement de baisse sur les semi-conducteurs et l'IA. La banque allemande remarque toutefois que le fondeur de puces TSMC souffre, perdant 7,3% à Taipei ce vendredi, après avoir déclaré la veille que ses dépenses d'investissements (capex) serait plus élevée qu'attendu.
"Le marché ne rejette pas l'IA. Il se demande simplement si chaque entreprise du secteur de l'IA mérite des marges élevées et des valorisations dignes de la perfection", note Stephen Innes.
Dans de la dernière enquête réalisée par Bank of America auprès de gérants d'actifs, 82% d'entre eux estimaient en juillet que les semi-conducteurs étaient le pari boursier le plus "crowded", c'est-à-dire le plus surjoué.
Apple est davantage épargné que les grands autres groupes de tech, car contrairement aux hyperscalers (Amazon, Oracle, Microsoft, Alphabet), le groupe de Cupertino n'investit pas des centaines de milliards de dollars dans les centres de données, mais noue des partenariats pour intégrer l'IA dans ses produits de grande consommation, comme les iPhones ou les Mac.
"Apple était considérée comme une retardataire dans la course à l'IA parce qu'elle ne dépensait pas pour développer des modèles, mais maintenant le sentiment a changé", a déclaré à Bloomberg Toni Meadows, responsable des investissements chez BRI Wealth Management.
"Apple est moins exposée à l'intensité des dépenses en capital et mieux positionnée pour monétiser l'IA via les services, l'enfermement dans l'écosystème et les mises à jour matérielles. La réévaluation reflète la confiance dans la durabilité des bénéfices plutôt que dans le potentiel spéculatif de l'IA", ajoute-t-il.
Problèmes sur les puces mémoires
Le groupe a récemment dévoilé sa stratégie en matière d'IA lors de sa conférence des développeurs de juin dernier.
Les annonces d'Apple "représente un remise plat positive de sa stratégie en matière d'IA, avec Siri AI repositionné comme un assistant multimodal, conscient du contexte et capable de fonctionner à travers les applications, intégré dans tout l'écosystème Apple", jugeait alors Bank of America.
Apple rencontre néanmoins ses propres difficultés. Son action avait chuté fin juin après que le groupe a annoncé des hausses de prix importantes sur ses produits (à l'exception pour le moment de l'iPhone). La société a été rattrapé par l'envolée des prix des puces mémoires, elle-même provoquée par l'essor de l'IA et des centres de données.
"Nous faisons tout notre possible pour amortir les hausses considérables qui nous sont répercutées, et nous nous efforçons de protéger nos clients contre ces hausses, mais la situation est devenue intenable", expliquait Tim Cook, le directeur général d'Apple.
"Les prix des iPhones sont restés inchangés, mais la société a laissé entendre que d’autres hausses pourraient suivre, compte tenu du défi sans précédent auquel Apple est confrontée en raison de la forte hausse de la demande en mémoire et en stockage", notait alors Dan Ives de Wedbush.
