(BFM Bourse) - Le titre du groupe de Cupertino a chuté en Bourse jeudi après que la société a décidé d'hausser ses tarifs en raison de la pénurie de puces mémoire, jetant une ombre sur la demande pour ses produits.
Depuis plusieurs trimestres, l'électronique grand public fait face à une pénurie de puces de mémoire vive et de stockage. Le boom de l'intelligence artificielle (IA) a fortement augmenté la demande pour ces composants électroniques, ce qui a provoqué une envolée des prix.
"Les pénuries structurelles d'approvisionnement et la cannibalisation des capacités par le marché de la mémoire pour l'IA ont consolidé un marché dominé par les fournisseurs, poussant les prix de la mémoire à défier toutes les prévisions en enregistrant une forte hausse", soulignait le cabinet Counterpoint dans une note publiée en mai.
Les observateurs parlent d'un "RAMmageddon", mot-valise combinant le termes "RAM" ("random access memory", la mémoire vive en anglais), et l'"Armageddon", une bataille importante dans l'Apocalypse écrite par l'apôtre Jean.
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Des hausses "inévitables"
En février, Gartner tablait sur une hausse de 130% des prix des technologies de mémoire vive sur 2026. Mercredi, le directeur général de Micron, Sanjay Mehrotra, prévenait que cette pénurie se prolongerait jusqu'en 2027, rapporte IGN.
La flambée des prix de ces composants critiques pour nombre d'appareils grand public se répercute fatalement sur les PC, tablettes ou smartphones. Gartner, par exemple, anticipait en février une hausse de 17% des PC et de 13% des smartphones en 2026 par rapport à l'an passé.
Même Apple a été contraint de jeter l'éponge et de hausser ses tarifs. Le directeur général Tim Cook avait prévenu, dans un entretien accordé au Wall Street Journal mi-juin, que "des augmentations de tarifs étaient inévitables".
"Nous faisons tout notre possible pour amortir les hausses considérables qui nous sont répercutées, et nous nous efforçons de protéger nos clients contre ces hausses, mais la situation est devenue intenable", ajoutait le dirigeant.
Le directeur général n'avait pas précisé l'ampleur de ces hausses de tarifs. Jeudi, Apple a levé le voile.
Les prix de vente moyens (ASP) des ordinateurs Mac ont augmenté de 15 à 20% : le MacBook Air a vu son prix grimper de 200 dollars pour atteindre 1.299 dollars, le MacBook Pro a augmenté de 300 dollars pour atteindre 1.999 dollars, et le MacBook Neo, récemment lancé, a augmenté de 100 dollars pour atteindre 699 dollars, liste Dan Ives, analyste chez Wedbush.
Les prix des iPad ont augmenté de 15 à 20%: l’iPad Air a augmenté de 150 dollars pour atteindre 749 dollars et l’iPad Pro de 200 dollars pour atteindre 1.199 dollars.
Wall Street a pris peur, s'inquiétant que ces hausses de prix pèsent sur la demande. L'annonce du groupe tech souligne par ailleurs la sévérité de la crise des puces mémoire.
L'action Apple a chuté de 6,1% jeudi. Ce vendredi, le titre se stabilise en préouverture à Wall Street (+0,31%).
Bientôt les iPhone?
Selon Bloomberg, de telles augmentations de tarifs sur une gamme étendue de produits sont sans précédent dans l'histoire du groupe à la pomme.
Les tarifs des iPhone ont, toutefois, été épargnés. Tout du moins pour le moment. "Les prix des iPhone sont restés inchangés, mais la société a laissé entendre que d’autres hausses pourraient suivre, compte tenu du défi sans précédent auquel Apple est confrontée en raison de la forte hausse de la demande en mémoire et en stockage", note Dan Ives.
"Nous prévoyons une hausse des prix de l'iPhone, qui concernera probablement les modèles Pro, pour lesquels la demande est moins sensible au prix, et où une augmentation de 100 dollars permettrait de compenser 78% de la hausse des coûts", a de son côté estimé Bloomberg Intelligence dans une note.
Le 18 juin dernier, Bank of America anticipait une hausse de 200 dollars sur les iPhone Pro et Pro Max.
Si la pénurie de mémoire rattrape donc Apple, les analystes estiment que le groupe est relativement bien positionné pour naviguer à travers cette crise.
"Si Apple est réputée pour tirer parti de ses achats massifs de mémoire et de stockage afin d’obtenir des prix bas, la hausse actuelle des prix de la mémoire a contraint l’entreprise à augmenter ses tarifs. Nous estimons toutefois que l'entreprise est en bonne position pour procéder à ces hausses sans compromettre les performances de son matériel ni risquer de voir augmenter les pertes de clients, compte tenu de l’attention croissante qu’elle porte à la clientèle haut de gamme", relativise Dan Ives.
Pour sa part, Bank of America met en avant la logistique de la société. "Nous pensons que les relations de longue date d'Apple avec ses fournisseurs de mémoire, ainsi que sa taille, continueront de constituer un atout majeur pour garantir l'approvisionnement à long terme", écrit la banque américaine.
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