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Apple : Les ventes d'iPhone ont beau bondir de 22%, les services d'Apple et ses revenus en Chine manquent le coche tandis que ses prévisions déçoivent, l'action plonge de 6%

Aujourd'hui à 07:28
Les iPhone de 17 d'Apple

(BFM Bourse) - Apple a livré des résultats trimestriels globalement supérieurs aux attentes, jeudi soir, mais plusieurs indicateurs ont été inférieurs aux prévisions. Les prévisions de la société pour le trimestre clos en septembre glacent Wall Street.

Apple est revenu sur le toit du monde en Bourse. Depuis mi-juillet, le groupe à la pomme est redevenu la première capitalisation boursière mondiale, doublant Nvidia.

Sur les trois derniers mois, la société basée à Cupertino a grimpé de 19% en Bourse quand le Nasdaq ne s'est adjugé que 0,9%.

Apple a bien résisté aux doutes du marché sur l'intelligence artificielle (IA) car contrairement aux hyperscalers (Amazon, Oracle, Microsoft, Alphabet), l'entreprise n'investit pas des centaines de milliards de dollars dans les centres de données, mais noue des partenariats pour intégrer l'IA dans ses produits de grande consommation, comme les iPhones ou les Mac.

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En outre, la société surfe sur les bonnes ventes de l'iPhone 17 et a effectué une présentation jugée positive en juin dernier lors de sa conférence annuelle des développeurs, où elle a exposé sa stratégie sur l'IA.

Les annonces d'Apple "représentent un remise plat positive de sa stratégie en matière d'IA, avec Siri AI repositionné comme un assistant multimodal, conscient du contexte et capable de fonctionner à travers les applications, intégré dans tout l'écosystème Apple", jugeait alors Bank of America.

Les services et la Chine manquent les attentes

L'entreprise n'en éprouve pas moins certaines difficultés. En juin, la société a été contrainte d'annoncer des hausses de prix significatives sur ses produits (mais pas l'iPhone) pour répercuter à ses clients la flambée des prix des puces mémoires vives, elle-même causée par la pénurie sur ces technologies.

Les comptes trimestriels livrés par Apple, jeudi soir après la clôture du marché, illustrent combien la société à la pomme doit encore relever des défis.

L'action Apple a d'ailleurs chuté de 6,33% dans les échanges post-marché à Wall Street. Si cette baisse venait à se maintenir en séance, Apple rendrait sa couronne de première capitalisation mondiale à Nvidia, qui a de son côté pris 0,5% dans les échanges post-marché.

Pourtant, et comme souvent, les résultats d'Apple dans les grandes lignes paraissent époustouflants.

Sur le trimestre allant d'avril à fin juin, période qui correspond au troisième trimestre de l'exercice 2025-2026 de l'entreprise, Apple a généré des revenus de 109,42 milliards de dollars, un niveau record, en croissance de 16,4% sur un an.

La société a dégagé un bénéfice par action de 2,02 dollars contre 1,57 dollar un an plus tôt. Les ventes d'iPhone ont, elles, affiché une croissance impressionnante de 21,7% sur le trimestre pour atteindre 54,25 milliards de dollars.

Selon un consensus cité par Citi, les analystes tablaient sur des revenus de 109 milliards de dollars, un bénéfice par action de 1,89 dollar et des ventes d'iPhones de 53,9 milliards de dollars.

"Les résultats d'Apple pour le troisième trimestre fiscal étaient suffisamment solides à première vue, mais le marché attendait des signes rassurants précisément dans les domaines où la publication s'est révélée insuffisante", tranche Stephen Innes de Spi AM.

Les services (Apple Store, Apple Music, AppleTV) ont manqué le coche, avec des revenus de 30,7 milliards de dollars contre 31,4 milliards attendus, de même que les revenus dégagés en Chine, qui se sont inscrits à 18,82 milliards de dollars contre 19,58 milliards de dollars.

Le "raté" sur les services posent question car une grande partie du modèle repose sur le fait de vendre une importante base d'appareils pour ensuite dériver des revenus récurrents et d'importantes marges via ces services.

"Ma première réaction est que le raté enregistré sur les services constitue le signal le plus important. Apple peut certes continuer à écouler son matériel grâce à un cycle de produits solide, mais c’est le secteur des services qui génère les marges les plus élevées et qui sous-tend en grande partie le raisonnement à l’origine de la valorisation de l’entreprise", souligne Stephen Innes.

"Si l’on ajoute à cela un nouveau ralentissement en Chine, la hausse des coûts des composants et les hausses de prix à venir, la qualité des résultats commence à paraître moins rassurante que ne le laisse supposer le taux de croissance global", ajoute-t-il.

Des contraintes logistiques qui conduisent à des prévisions décevantes

Outre ces résultats, Apple a livré des perspectives décevantes pour le trimestre clos en septembre.

Le directeur financier, Kevan Parekh, a indiqué aux analystes que la société tablait sur des revenus en hausse de 9% à 11% sur un an, avec un ralentissement de la croissance des ventes d'iPhone, attendue à un chiffre "élevé dans les 10%" (entre 17% et 19%). Les services devraient afficher une croissance similaire à celle du précédent trimestre tandis que la marge brute serait comprise entre 47% et 48%.

Selon Bloomberg, les analystes retenaient une progression des revenus globaux de 12% pour ce trimestre.

"Les perspectives pour le trimestre de septembre se sont révélées inférieures aux attentes du marché, constate Citi. "La direction a attribué ce ralentissement de la croissance principalement à des effets de change défavorables supplémentaires et à des contraintes d'approvisionnement croissantes au niveau des nœuds avancés de semi-conducteurs, tout en soulignant une demande plus forte que prévu", ajoute la banque.

Apple peine à s'approvisionner en processeurs informatiques en quantité suffisante et à faire face à la hausse rapide des coûts de la mémoire, explique Bloomberg.

Cette pénurie d'approvisionnement a également entraîné un allongement des délais de livraison pour des modèles phares tels que le Mac mini et le Mac Studio, ajoute l'agence.

Lors de la conférence téléphonique, le directeur Tim Cook a déclaré que ces contraintes toucheraient davantage de Mac, d'iPhone et d'iPad au cours du trimestre actuel.

"Les chiffres sont attendus en baisse, ce qui, naturellement, ne plaît guère aux investisseurs. Je pense que dans les semaines à venir, les investisseurs prendront du recul et se rendront compte que les prévisions étaient en réalité favorables par rapport aux attentes", tranche Gene Munster, gérant chez Deepwater AM.

Le spécialiste de marché pense qu'en excluant l'impact des changes et des restrictions sur la chaîne logistique, Apple aurait annoncé attendre une croissance de 15% sur le trimestre en cours.

"Malgré des perspectives à court terme moins favorables, nous restons optimistes quant à la trajectoire à long terme d'Apple, soutenue par sa capacité à gagner des parts de marché", apprécie pour sa part Citi.

"À l'avenir, le lancement du nouvel iPhone prévu en septembre et le déploiement des nouvelles fonctionnalités d'intelligence artificielle de Siri constituent des catalyseurs importants, susceptibles de favoriser l'adoption d'iCloud+ et de stimuler la croissance du segment services", ajoute la banque américaine.

À noter que Tim Cook a présenté pour la dernière fois les résultats d'Apple en tant que directeur général, puisqu'il passera la main en septembre à John Ternus, actuellement responsable de l'ingénierie du "hardware" (les appareils à proprement parler comme les Mac ou les iPhones, par opposition aux logiciels).

"Les investisseurs verront cela d'un œil mitigé, (…) le costume (pour Ternus, NDLR) paraît large, et si le moment choisi par Cook pour quitter ses fonctions de directeur général peut sembler logique, il soulève également des questions", écornait en avril Dan Ives, alors analyste chez Wedbush.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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