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L'arrivée de Verallia et de la FDJ en Bourse masque une mauvaise année pour les introductions

dimanche 19 janvier 2020 à 07h30
En dehors de la FDJ et de Verallia, un bilan sans éclat pour les IPO en 2019 à Paris

(BFM Bourse) - Le nombre d'introductions en Bourse a chuté en France l'année dernière, mais également à l'échelon mondial sur fond de tensions géopolitiques. Selon le cabinet EY, l'activité des IPO devrait repartir en 2020, mais les candidats à la Bourse doivent se tenir prêt à profiter d'une fenêtre de tir relativement favorable en première partie d'année.

Marquée par l'opération Saudi Aramco, la plus grande introduction jamais réalisée dans le monde, 2019 s'est pourtant révélé un mauvais cru pour les introductions en Bourse. C'est le cas à l'échelon mondial, avec 1.115 introductions recensées par le cabinet EY dans son rapport "Global IPO trends", soit 19% de moins qu'en 2018. Le montant des fonds levés s'est élevé à 198 milliards de dollars, en repli de 4% (sans Aramco, le recul aurait été proche de -20% par rapport à 2018).

La persistance des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine pendant la majeure partie de l'année, les interrogations quant à la poursuite de la croissance et les différentes crises -notamment le Brexit ou la contestation à Hong Kong- ont pesé sur l'activité du marché primaire, note EY, quasiment dans toutes les régions du globe.

Ainsi, le nombre d'opérations a chuté de 20% aux Amériques (-20% également pour les seuls Etats-Unis), de 47% en Europe, Afrique et Moyen-Orient, l'Asie-Pacifique en n'enregistrant qu'un recul de 1% apparaissant presque épargnée.

Un bond en France grâce à la FDJ et Verallia

En France, le résultat est en trompe-l'oeil: les deux opérations phares de l'année (celles de La Française des Jeux et du fabricant de bouteilles et contenants en verre Verallia) représentent à elles seules plus de 96% des montants collectés. Du fait de ces introductions d'ampleur inhabituelle (toutes deux dans le top 10 européen de l'année), le montant des fonds levés en France a grimpé de 168% par rapport à 2018, atteignant 2,93 milliards d'euros.

En dehors de ces deux locomotives du compartiment A (destiné aux capitalisations d'au moins 1 milliard d'euros), une seule société a été introduite sur le marché réglementé, en l'occurrence dans le compartiment C (capitalisations de moins de 150 millions d'euros), Boostheat.

Enfin cinq entreprises ont fait leur apparition sur le marché à réglementation allégée Euronext Growth (anciennement Alternext): Arcure, Groupe Tera, Hoffmann Green Cement, Agripower et Mare Nostrum.

Soit un total de huit opérations en 2019, contre 17 (dont 7 sur un compartiment réglementé) l'année précédente, alors même que le principale indice de la Bourse de Paris a fortement progressé au contraire de 2018.

20 sorties de la cote

En parallèle, pas moins de 20 sociétés sont sorties de la cote l'an dernier, illustrant une nouvelle fois la tendance des entreprises à délaisser les marchés boursiers jugés trop contraignants alors que les financements bon marché abondent dans l'univers du private equity.

Sur certains marchés d'Euronext, "la tendance est très bonne" au contraire avec "beaucoup d'IPO" à la Bourse d'Oslo, acquise l'an dernier, ou à Amsterdam, où Prosus a fait une entrée fracassante (introduite à 95 milliards d'euros, la société sud-africaine en vaut actuellement 118 milliards), a nuancé le patron de la première place boursière européenne, Stéphane Boujnah, au cours de la conférence annuelle du groupe.

Néanmoins, le patron de l'opérateur boursier a reconnu "une réalité alternative à l'entrée en Bourse ,qui est le passage par la case private equity", ces fonds d'investissement dont la force de frappe financière est démultipliée par l'abondance du crédit bon marché et qui sont ainsi en mesure de proposer "des multiples de valorisation très supérieurs". Mais les méthodes de valorisation des participations détenues par les fonds sont loin d'être aussi transparentes que celles de la Bourse.

Un environnement plus porteur en 2020

Malgré la tentation du private equity qui tend à retarder le moment d'effectuer le saut de l'entrée en Bourse, Stéphane Boujnah s'est dit "assez confiant pour 2020", évoquant un portefeuille de projets d'introductions "assez riche". Le dirigeant a aussi rappelé l'avantage des marchés d'actions en termes de liquidité et de transparence, véritable solution "démocratique" au financement de la croissance.

À l'échelon global, EY anticipe qu'une partie des incertitudes géopolitiques et des tensions commerciales qui ont plombé l'activité des IPO en 2019 vont passer au second plan, un contexte qui devrait aboutir à un environnement plus porteur d'autant que les projets ne manquent pas sur les principaux marchés. Pour autant, le cabinet s'attend à ce que la volatilité demeure, de telle sorte que les candidats à la Bourse feraient bien de se préparer à saisir la balle au bond, en visant plutôt la première moitié de l'année, l'approche des élections présidentielles américaines en novembre pouvant entraîner des remous par la suite.

Viser la bonne fenêtre

Devant différentes sources de financement, les entreprises "vont au plus simple", note également Sonia Bonnet Bernard, associée chez EY, interrogée par l'AFP, la difficulté pour s'introduire en Bourse étant de "trouver la bonne fenêtre": il faut trouver la période propice, c'est-à-dire sans jour férié ni grande publication économique qui pourrait polluer l'opération.

Signe peut-être encourageant, "le succès des grosses opérations très visibles" (la FDJ et Verallia, Aramco à Ryad, Alibaba à Hong Kong) pourrait servir peut-être "de catalyseur pour que d'autres prennent le chemin de la Bourse en 2020", espère Damien Anzel, coauteur du rapport EY.

D'autant que "le vrai long terme est fourni par la Bourse", relève Sophie Javary de BNP Paribas, constatant "il n'y pas d'opposition" entre le "private equity" et la Bourse puisqu'il n'est pas rare que les fonds d'investissement... se cotent eux-mêmes en Bourse.

(Avec AFP)

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