Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Les zones d'ombre du private equity mettent en lumière les vertus de la Bourse

dimanche 16 juin 2019 à 12h00
L'afflux de capitaux vers le private equity ramène-t-il de l'intérêt pour les actions?

(BFM Bourse) - Alimenté par l'abondance de capitaux à bon marché, l'industrie du private equity a connu un essor monumental depuis la dernière crise. De plus en plus d'institutionnels disent vouloir augmenter leur exposition à l'investissements hors cote au détriment des actions. Mais les méthodes de valorisation du private equity sont loin d'être aussi transparentes que la Bourse, rappelle Mandarine Gestion...

Malgré les inquiétudes relatives aux perspectives de l’économie mondiale, les fonds d'investissement hors cote, ou private equity, bénéficient toujours de collectes records. Selon Les Echos, ils disposeraient ainsi de 2.000 milliards de dollars à investir. Au point que le responsable pour l'Europe du fonds General Atlantic (un fonds affichant 31 milliards de dollars sous gestion), cité par le journal, puisse se vanter d'être "en train de remplacer les marchés de capitaux"... Par contraste, la collecte des fonds actions est en effet nettement plus morose.

En début d'année, une étude de Blackrock auprès de 230 de ses clients institutionnels, a montré que 51% d'entre eux pensaient réduire leur allocation en actions, quand 47% envisageaient d’augmenter la part du private equity... Peu soucieux de passer à côté de cette tendance, le numéro 1 mondial de la gestion d’actifs a d'ailleurs annoncé en avril le lancement d'un premier fonds de co-investissement en private equity, ciblant à terme 10 milliards de dollars d'encours

Dans sa dernière lettre mensuelle, l'équipe actions de Mandarine Gestion souligne la quasi-symétrie de ces données et s’interroge sur ses implications.

Pour les investisseurs institutionnels, outre l’aspect de comptabilisation évitant -en apparence- la volatilité du marché, les performances sont souvent mises en avant. Néanmoins, le calcul est remis en cause par certains acteurs de poids. Lors de la dernière assemblée générale de Berkshire Hathaway, Warren Buffett a récemment estimé qu’un certain nombre des gérants de private equity utilisaient des méthodes... "pas toujours très justes" et que la santé insolente de l'industrie n'est pas aussi bonne qu'il n'y paraît. En France, l’Autorité des Marchés Financiers a également relevé que "les procédures encadrant la valorisation des participations (non cotées) étaient insuffisamment précises concernant les critères de choix des méthodes de valorisation et leur mise en oeuvre opérationnelle".

Pour les entreprises cotées souhaitant réaliser des fusions-acquisitions, elles constatent des écarts croissants de valorisation quand leurs cibles sont aussi convoitées par des fonds de capital investissement. Ces derniers se permettent souvent de se montrer plus généreux - alors même qu'ils ne disposent pas du même potentiel de synergies qu'un industriel qui en rachète un autre.

Interrogé par l’Opinion, Stéphane Boujnah, président d'Euronext, a de son côté également souligné que "depuis une dizaine d’années il y a beaucoup plus d’argent disponible dans le monde privé. […] Tout cela fait grimper les prix car le gisement des dossiers dans lesquels investir se développe certes, mais pas aussi rapidement".

De sorte qu'on peut se demander "si l’ampleur de ce phénomène [d'essor du private equity] ne ramène pas au final de l’intérêt pour les marchés actions", indiquent les gérants de Mandarine.

"Quand on observe les introductions en bourse et les OPA, les messages convergent en effet vers une valorisation plus attractive". Ainsi les fonds sont de moins en moins nombreux à valoriser leurs investissements par le biais d'introductions de sociétés en Bourse. Au contraire les exemples de rachats de sociétés cotées par des fonds ont été nombreux en 2018, notamment dans l’univers des microcaps. L'équipe de Mandarine Gestion cite le rachat de Link Mobility par une structure d’Abry Partners avec une prime de 27,4%, ou celui de Karo Pharma par EQT (+25,3%).

On oublie également le mérite des actions en termes de transparence du prix, des performances, et surtout leur liquidité quotidienne, regrette la société. Or, s'agissant des fluctuations macroéconomiques, toutes les entreprises y sont soumises- cotées ou non. Dans ce contexte, l’avantage des gérants actions est de pouvoir adapter rapidement leur portefeuille, et de ne pas subir la pression d'un fort endettement, typique de nombreuses sociétés aux mains de fonds d'investissements.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+333.50 % vs -3.37 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat