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VUSION (ex-SES IMAGOTAG)

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Vusion (ex-ses imagotag) : Redoutant une lourde consommation de trésorerie et une baisse marquée des revenus avec la fin du contrat avec Walmart, Alphavalue conseille de vendre l'action Vusion, le titre souffre

Aujourd'hui à 15:18
Vusion souffre d'une note d'analyste

(BFM Bourse) - Le bureau d'études indépendant a initié à "vendre" ce mercredi 15 juillet la couverture du titre du spécialiste des étiquettes électroniques. Alphavalue prévient que la société connaîtra une baisse de son activité en 2027 tout en consommant lourdement de la trésorerie cette année.

Vusion a annoncé ce mercredi 15 juillet avoir franchi un jalon important avec Decathlon. Le spécialiste des étiquettes éléctroniques a signalé que l'enseigne sportive avait dépassé au deuxième trimestre 2026 le cap des 700 magasins équipés de ses solutions basés dans 54 pays et trois continents (Europe, Amérique du Sud et Asie-Pacifique),

"Grâce à la mise à jour immédiate et synchronisée des étiquettes électroniques (ESL), les équipes en magasin sont libérées d'une tâche manuelle particulièrement chronophage. Les collaborateurs peuvent ainsi se consacrer pleinement à leur cœur de métier : l'accueil, l'accompagnement et le conseil personnalisé des clients sportifs", fait valoir Vusion.

Sur le plan commercial, Vusion est gratifié de la confiance de ses clients. Les investisseurs, eux, émettent plus de réserves. Le groupe français fait partie des grosses déceptions de la Bourse de Paris cette année, perdant plus de 35% depuis le 1er janvier à la clôture de mardi 14 juillet.

Ce parcours boursier a traduit les incertitudes autour du calendrier et du déploiement d'un méga-contrat avec Walmart.

À fin juin, Vusion groupe figurait parmi les cinq pires performances des sociétés cotées du SBF 120, le deuxième grand indice de la Bourse de Paris. Ce mercredi, l'écart se creuse encore plus.

Vusion redonne encore 6,5%, vers 15h15 après avoir lâché plus de 11% en réaction à la publication d'une note d'analyste défavorable. Le bureau d'études indépendant Alphavalue a initié sa couverture du titre à "vendre" , "compte tenu d'une forte consommation de trésorerie en 2026 et d'une baisse imminente du chiffre d'affaires en 2027".

Alphavalue retient un objectif de cours de 71 euros, traduisant donc un potentiel baissier de 46% sur la base du cours de clôture de mardi à 131,90 euros.

L'intermédiaire financier se montre sceptique quant à la trajectoire de croissance de Vusion au-delà de 2026, avec la fin du déploiement du contrat Walmart. Or, les États-Unis représentent 70% de l'activité du groupe et sont d'ailleurs devenus le premier marché de la société en 2024.

Exane BNP Paribas avait émis des doutes similaires un peu plus tôt dans l'année sur Vusion, provoquant un plongeon du titre de 30% en l'espace de six séances.

Un obstacle majeur

Alphavalue considère la fin du déploiement du contrat Walmart comme un "obstacle majeur" pour Vusion. Or, ce contrat avait donné, selon l'intermédiaire financier, "de la crédibilité aux objectifs de 2027 en portant le chiffre d’affaires de 2025 à 1,5 milliard d’euros et en garantissant trois années de flux de trésorerie disponible positif, grâce à un financement très important fourni par Walmart".

Alphavalue rappelle que Vusion vise à cet horizon 2027 un chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros dont 30 % proviendront des services à valeur ajoutée dont la marge brute est systématiquement supérieure à celle des ventes d’étiquettes électroniques (ESL), ce qui constitue le levier clé pour atteindre une marge brute d'exploitation (Ebitda) de 22%.

Le bureau d'études note que Vusion était initialement grossiste en matériel d'étiquetage électronique (ESL) pour la grande distribution, avant d'investir massivement dans la R&D afin de générer des revenus récurrents grâce à des modules logiciels dits "VAS" (services à valeur ajoutée) commercialisés en mode SaaS, ces services visent à accroître la marge globale du groupe.

En parallèle, le bureau d'études signale que la génération de trésorerie supplémentaire réalisée par Vusion sur l’ensemble du cycle est inférieure à 5% du chiffre d’affaires cumulé. Il ajoute que la génération de trésorerie sous-jacente n’est que d’environ 55 millions d’euros, malgré plus de 2,7 milliards de dollars facturés à Walmart.

Il s’agit d’un problème structurel, et non transitoire, affirme Alphavalue. "Avant le contrat avec Walmart, sur la période 2018-2022, le flux de trésorerie disponible cumulé était négatif, à -65 millions d’euros : le groupe ne générait pas de trésorerie disponible. Le flux de trésorerie disponible positif de 2023-2025 ne correspondait pas à une génération de trésorerie sous-jacente, mais à l’encaissement du préfinancement de Walmart, qui a gonflé le flux de trésorerie d’exploitation tant qu’il a duré", détaille l'intermédiaire financier.

Or, Alphavalue prévient que ce confortable matelas va s'éroder avec le temps. "À mesure que ces avances s’épuisent, le flux de trésorerie disponible revient au profil d’avant Walmart : la consommation de trésorerie estimée pour 2026, supérieure à 220 millions d’euros, soit près de 11% de la capitalisation boursière en une seule année, ne constitue pas une variation transitoire du fonds de roulement, mais le moment où le flux de trésorerie disponible sous-jacent, hors préfinancement des clients, redevient négatif, avertit Alphavalue

La vie après Walmart en question

Les inquiétudes d'Alphavalue sont vives à l'égard de Vusion eu égard sa dépendance à ce contrat colossal.

"La question est désormais de savoir comment remplacer un client comme Walmart, qui non seulement a été le moteur de la croissance (plus de 70% du chiffre d’affaires consolidé en 2025-2026), mais constituait également la principale source de financement du groupe", remarque le bureau d"études indépendant.

Surtout, ce dernier avance que ce méga-contrat avec le premier distributeur mondial a masqué une érosion de 23%, en taux de croissance annuel composé, de l'activité en Europe, hors France sur la période 2023-2025, contre un repli moins marqué, de 9% pour son concurrent direct Pricer sur la même période, dans un marché presque certainement déflationniste.

S'agit-t-il d'une "illusion d’optique?", s'interroge même Sébastien Faijean, l'auteur de cette note.

L'analyste estime que le consensus part du principe que le groupe sera en mesure, en 2027 (année où le chiffre d’affaires devrait croître), de compenser l’intégralité de la perte de revenus d’affaires liée à la fin de la collaboration avec Walmart, et que l’impact sur le fonds de roulement n’est que transitoire.

"La transformation du modèle économique et la réalisation des objectifs de 2027 grâce au développement présumé des services à valeur ajoutée, restent des thèmes centraux de la communication, même s’ils semblent de plus en plus menacés. La combinaison d’une consommation de trésorerie très élevée en 2026 et d’une baisse marquée du chiffre d’affaires en 2027 accroît le risque d’une baisse significative du titre", conclut Alphavalue.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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