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Volkswagen : VW serait disposé à des cessions pour rembourser un prêt

VW serait prêt à des cessions si besoin pour rembourser un prêtVW serait prêt à des cessions si besoin pour rembourser un prêt

par Arno Schuetze

FRANCFORT (Reuters) - Volkswagen a déclaré aux banques qui ont accepté de lui ouvrir une ligne de crédit de 20 milliards d'euros qu'il vendrait des actifs s'il ne trouvait aucun autre moyen de rembourser ce prêt à un an, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

Le premier constructeur automobile européen, affaibli par le scandale du trucage des émissions polluantes de certains de ses modèles, risque de devoir débourser plusieurs dizaines de milliards d'euros d'amendes, d'indemnisations et de coûts liés au rappel en atelier de plusieurs millions de véhicules.

Le prêt relais de 20 milliards d'euros a été souscrit auprès de 13 banques et VW prévoit de le refinancer en émettant des obligations au cours des mois à venir, ont dit les sources.

Mais il s'est engagé auprès des banques à vendre ou introduire en Bourse certains actifs d'une valeur globale dépassant nettement 20 milliards d'euros s'il ne parvenait pas à trouver d'autres sources de financement, ont-elles ajouté.

Volkswagen s'est refusé à commenter ces informations.

Le constructeur a cependant dit que le nombre de voitures don't les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et la consommation de carburant avaient été sous-évaluées pourrait finalement être inférieur aux 800.000 annoncés début novembre.

"Aucun actif spécifique n'a été évoqué", a dit l'une des sources. Une autre a déclaré qu'une augmentation de capital par émission de droits de souscription figurait parmi les options envisagées.

Il est peu probable que des décisions soient prises avant que Volkswagen en sache plus sur le montant des pénalités et du coût des rappels qu'il devra supporter, ont expliqué les sources.

Une introduction en Bourse d'Audi, de Porsche ou des activités de poids lourds semble improbable mais les activités de MAN non liées aux poids lourds pourraient se retrouver en tête de liste des cessions potentielles.

Ces activités incluent des moteurs de bateaux, des mini-centrales électriques ou encore des composants de propulsion et des systèmes de tests, et elles pourraient valoir quatre à cinq milliards d'euros au total, ont dit les sources.

CESSION DE BENTLEY OU LAMBORGHINI PAS IMPOSSIBLE

La division a représenté sur les neuf premiers mois de l'année plus d'un quart du chiffre d'affaires de MAN (9,98 milliards d'euros) et la totalité de son bénéfice d'exploitation (101 millions).

"Volkswagen pourrait aussi envisager de se désengager des marques de luxe Bentley et Lamborghini ou de la marque de motos Ducati même si ces filiales ne feront pas vraiment bouger le curseur", a dit l'une des sources.

Parmi les 13 banques finançant le prêt relais, huit apporteront 1,825 milliard chacune et les cinq autres 1,08 milliard.

Les huit établissements apportant les fonds principaux sont Citi, Unicredit, Barclays, Bank of Tokyo-Mitsubishi, BNP Paribas, HSBC, Mizuho et Société générale. Les cinq autres sont Goldman Sachs, Bank of America, Santander, BBVA et Crédit Agricole.

Certains analystes évaluent à plus de 40 milliards d'euros la facture du scandale qui a éclaté le 18 septembre. Depuis, l'action Volkswagen a perdu près d'un tiers de sa valeur et le taux de rendement de ses obligations s'est envolé.

Selon des sources citées mercredi, VW espère que les rendements de ses obligations reviendront à leur niveau d'avant le scandale d'ici au printemps, ce qui lui permettra de retrouver sa source de financement habituelle et de rembourser le prêt relais.

Le prêt et les émissions obligataires devraient coûter environ 150 millions d'euros en intérêts et en commissions, a précisé l'une des sources, alourdissant encore la facture du scandale.

Lors de l'annonce de ses résultats du troisième trimestre, le groupe avait dit avoir passé dans ses comptes une première provision de 6,7 milliards d'euros pour couvrir les coûts liés au scandale, tout en ajoutant que d'autres provisions pourraient être nécessaires.

(avec Andreas Cremer et Jan Schwartz, Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


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