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Vivendi : Le chèque énorme fait à beIN Sports par Canal Plus

(Tradingsat.com) - La filiale de Vivendi va verser plus de 1,5 milliard d'euros à la chaîne sportive qatarie pour pouvoir la distribuer en exclusivité.

Canal Plus considère visiblement beIN Sports comme sa planche de salut. La chaîne cryptée a cassé sa tirelire pour conclure un accord avec la chaîne qatarie. Selon des sources industrielles, elle paiera plus de 300 millions d'euros par an durant 5 ans pour distribuer la chaîne sportive en exclusivité, soit au total plus de 1,5 milliard d'euros.

À titre de comparaison, Canal verse seulement 50 millions d'euros par an à Eurosport pour une distribution exclusive. Et beIN Sports, avec ses 2,5 millions d'abonnés à 14 euros par mois, empoche seulement 250 millions d'euros par an.

Que va gagner Canal dans l'affaire?

Le montant du chèque paraît d'autant plus élevé que la filiale de Vivendi ne va pas forcément gagner des abonnés dans l'affaire. En effet, il est prévu que les fans de sport pourront toujours s'abonner en solo à beIN Sports, pour le même prix de 14 euros par mois. Ils ne seront pas obligés pour cela de s'abonner en même temps à Canal Plus ou CanalSat.

Toutefois, s'ils souscrivent parallèlement un abonnement à la chaîne cryptée, ils bénéficieront d'une ristourne d'une demi-douzaine d'euros sur la facture totale. "Cela devrait les inciter à s'abonner à Canal Plus", espère un négociateur. Est aussi prévu un mini-bouquet CanalSat avec uniquement des chaînes sportives (beIN Sports, Eurosport...), qui sera vendu 14 euros la première année, puis une vingtaine d'euros ensuite.

À noter que beIN Sports restera accessible via tous les fournisseurs d'accès internet, sauf sans doute Numericable.

Le marteau et l'enclume

Bien sûr, en face de cet énorme chèque, il y aura aussi des rentrées d'argent. Car Canal touchera une commission sur chaque abonnement à beIN Sports. Mais le montant de cette commission est encore en discussion entre Canal Plus et les différents fournisseurs d'accès. Le groupe dirigé par Vincent Bolloré propose de se charger de la relation avec le client (facturation...), et donc de verser une faible commission, comme il le fait déjà pour Canal Plus et CanalSat (où la commission est d'environ 20% du prix HT). Mais les fournisseurs d'accès veulent continuer à gérer eux-mêmes la relation client, comme ils le font jusqu'à présent pour beIN Sports, touchant pour cela une commission de 30% du prix HT.

Reste que si Vincent Bolloré accepte de telles conditions, c'est qu'il est pris entre le marteau et l'enclume. D'un côté, il y a les exigences des Qataris qui veulent y gagner dans l'affaire. De l'autre, il y a l'Autorité de la concurrence qui doit donner son feu vert à l'accord avec beIN Sports. Or le gendarme de la concurrence dirait probablement non si les conditions d'abonnement à beIN Sports devenaient plus restrictives, par exemple s'il fallait en même temps s'abonner à Canal Plus et/ou CanalSat.

Préparez vos mouchoirs

Précisément, les obligations imposées par le gendarme de la concurrence en 2012 interdisent à Canal de distribuer en exclusivité une chaîne premium, comme beIN Sports ou OCS. Le 16 février, la chaîne cryptée a donc demandé la levée de cette obligation à l'anti-trust. Ce dernier a alors lancé une consultation du secteur: fournisseurs d'accès, chaînes TV, fédérations sportives (football, rugby), régulateurs de l'audiovisuel (CSA) et du cinéma (CNC)... Les réponses devaient être rendues avant le 16 mars. Le gendarme de la concurrence a promis de donner sa réponse avant fin avril. Ce qui permettra de se mettre en ordre de bataille avant fin mai, date à laquelle expire le premier contrat entre beIN Sports et les fournisseurs d'accès.

Parallèlement, Vincent Bolloré s'est lancé dans une campagne de communication afin d'émouvoir le gendarme de la concurrence. L'industriel breton a dramatisé la situation de Canal Plus, et sorti de son chapeau des chiffres qui n'avaient jamais été publiés. À en croire ces chiffres, la chaîne cryptée serait lourdement déficitaire depuis 2012. Problème: ces chiffres ne collent pas avec les plantureux bénéfices affichés jusqu'à présent par la chaîne cryptée. Et Vincent Bolloré a omis pudiquement de parler des copieux profits réalisés par les autres activités du Groupe Canal Plus. Il n'est donc pas certain que cela ait arraché des larmes à l'inflexible gendarme de la concurrence...

Interrogés, beIN Sports n'a pas souhaité faire de commentaires, tandis que Canal Plus n'a pas répondu.

J.H.


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