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VINCI

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Vinci : Le gouvernement compte sérieusement saler la note sur la taxe des exploitants d'aéroports et d'autoroutes, Eiffage, Vinci et Aéroports de Paris prennent (un peu) le bouillon en Bourse

Aujourd'hui à 15:38
Vinci recule en Bourse

(BFM Bourse) - L'exécutif tricolore a annoncé lundi soir vouloir quasiment tripler le taux maximal de cette contribution pour multiplier par plus de deux son rendement. Royal Bank of Canada calcule un impact de 3% à 8% sur les bénéfices par actions des opérateurs de concessions autoroutières.

Comme chaque année, la préparation des nouveaux textes budgétaires en France offre son lot de menaces plus ou moins tangibles pour plusieurs groupes cotés à la Bourse de Paris.

Lundi soir, le gouvernement a annoncé son intention d'alourdir sensiblement la taxe sur sur "l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance", une expression un brin complexe pour désigner une contribution qui frappe les opérateurs d'aéroports et d' autoroutes.

Cet impôt vise ainsi Vinci et Eiffage, en tant que concessionnaires autoroutiers, et Groupe ADP, en tant qu'exploitant des aéroports parisiens.

Cette contribution avait été introduite dans la loi de Finances 2024 et est actuellement prélevée sur les recettes d'exploitations au-delà d'un seuil de 120 millions d'euros. Le taux appliqué s'inscrit à 4,6%.

Vinci avait évalué l'impact de la taxe sur les infrastructures à 284 millions d'euros en 2024, Eiffage avait indiqué que cette contribution avait grevé son résultat opérationnel courant à hauteur de 123 millions d'euros tandis que, pour ADP, le chiffre s'était inscrit à 131 millions d'euros en 2024.

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Des impacts à relativiser (surout pour ADP)

Or le gouvernement entend, via le projet de loi de Finances pour 2027, augmenter de façon progressive en fonction de la rentabilité des opérateurs, avec un taux qui atteindrait jusqu'à 12,2%. Le but est de porter les recettes prélevées via cette taxe à 1,4 milliard d'euros contre un précédemment rendement de 600 millions d'euros.

"Avec cette mesure, le gouvernement entend répartir l’effort de redressement des comptes publics, en faisant davantage contribuer les actionnaires de ces sociétés, sans faire peser d’effort sur les usagers", a fait valoir le ministère de la Transition écologique dans un communiqué.

À la Bourse de Paris, Eiffage et Vinci tanguent. Le premier abandonne 2,8% ne milieu d'après-midi quand le second chute de 2,3%.

Pour rappel, les autoroutes représentent une part importante de la rentabilité d'Eiffage et Vinci. Pour Eiffage, les concessions (ultra-dominées par les autoroutes) représentent 66% du résultat opérationnel courant, tandis que chez Vinci, elles pèsent pour un peu moins de 35,4% du résultat brut d'exploitation.

Royal Bank of Canada calcule que le mesure, si elle était adoptée comme telle, provoquerait un abaissement du consensus (la prévision moyenne des analystes) sur le bénéfice par action de 3% à 4% pour Vinci et de 7% à 8% pour Eiffage.

"Cette décision pourrait également nuire à la perception du risque politique français (à l'approche du budget et des élections présidentielles de l'année prochaine), même si nous estimons que le risque politique français élevé est déjà pris en compte dans les cours des actions de Vinci et d'Eiffage", développe la banque canadienne.

Royal Bank of Canada juge les deux actions attrayantes, en dépit du risque politique, en raison de leur très forte capacité à générer du cash, avec un rendement du flux de trésorerie de 9% pour Vinci et de 13% pour Eiffage.

Pour ADP la baisse en Bourse s'avère très limitée, le titre de l'exploitant aéroportuaire abandonne 0,6%.

"L'annonce est défavorable à ADP, mais son impact devrait être inférieur à celui de la hausse brute de la taxe: ADP avait précédemment estimé qu'environ 75% de cette charge était imputable au périmètre réglementé et récupérable par le biais des tarifs (les redevances aéroportuaires, NDLR), sous réserve de l'approbation de l'Autorité de régulation des transports, tandis qu'environ 25% serait supporté par le groupe", relativise Barclays.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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