(BFM Bourse) - L'éditeur de jeux vidéo chute en Bourse ce jeudi 21 mai après avoir dévoilé une perte nette annuelle record et des perspectives peu engageantes pour l'exercice en cours.
Ubisoft est décidément une source intarissable de déceptions pour les investisseurs. Après la clôture mercredi soir , l'éditeur de jeux vidéo a dévoilé des résultats 2025-2026 qui confirment la "profondeur des difficultés du groupe", remarque Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro.
A fin mars 2026, Ubisoft a généré des "nets bookings" – le chiffre d'affaires retraité de certains éléments – en baisse de 17,4%, à 1,53 milliard d’euros. L'éditeur français n'a sorti aucun titre majeur durant cette année fiscale, exception faite du jeu de stratégie "Anno 117 : Pax Romana".
La perte opérationnelle (non-IFRS) dépasse les 1 milliard d’euros, tandis qu'Ubisoft a connu une perte nette record pour son exercice décalé 2025-2026 à 1,47 milliard d'euros.
"Pour un groupe qui dispose encore de marques mondialement connues, l’ampleur du décrochage interroge", remarque Antoine Fraysse-Soulier.
Pour TP ICAP Midcap, la performance annuelle d'Ubisoft est conforme aux anticipations du groupe dévoilées lors de son retentissant avertissement sur résultats de janvier dernier.
Fin janvier, le groupe avait en effet drastiquement révisé à la baisse ses prévisions pour l'exercice écoulé, en raison d'une importante restructuration qui a entrainé l'annulation de sept jeux et le report de six autres.
Son action avait plongé de 39,83% et il s'agissait de la plus forte baisse du titre depuis son introduction en Bourse, en 1996. La précédente plus forte baisse du titre datait du 16 octobre 2013 (-26,15%).
"Cette transformation sur deux ans implique des décisions difficiles et une performance financière de court terme décevante", a reconnu le PDG et fondateur du groupe Yves Guillemot, cité dans un communiqué.
"Derrière le discours de transformation stratégique, les chiffres traduisent une détérioration marquée de la performance opérationnelle", ajoute eToro.
Un nouvel exercice de "transition"
Pour 2026-2027, l'éditeur de jeux vidéo a prévenu le marché qu'il anticipait un nouvel exercice difficile en l'absence de sorties majeures.
Pour son exercice 2026-2027 clos en mars prochain, Ubisoft table sur des "net bookings", c'est-à-dire le chiffre d'affaires retraité de certains éléments, en baisse d’un pourcentage à un chiffre élevé. La société anticipe par ailleurs une marge opérationnelle négative d’un pourcentage à un chiffre élevé.
Par ailleurs, le groupe s'attend à une consommation de trésorerie pouvant aller jusqu'à 500 millions d'euros sur l'exercice 2026-2027.
La société explique que ces perspectives pour son exercice 2026-2027 reflètent "un calendrier de nouvelles sorties plus limité". Ubisoft compte sur la sortie le 9 juillet d'Assassin’s Creed Black Flag Resynced, une nouvelle version de sa saga phare, et de plusieurs "jeux premium" encore non annoncés issus de franchises établies. Les activités Live (notamment Rainbow Six Siege) devraient rester un soutien important, ajoute TP ICAP Midcap.
"Le back-catalogue offre certes un point d’appui, représentant désormais 84% du net bookings, et certaines franchises comme Rainbow Six Siege, The Division 2 ou Assassin’s Creed continuent de générer de l’engagement. Mais cette solidité relative peut aussi être lue comme un signal de dépendance. Ubisoft vit davantage de ses marques anciennes que d’un renouvellement créatif réellement visible", déplore eToro.
"Un fort rebond" en 2027-2028
Ubisoft veut croire à des jours meilleurs. L'éditeur de jeux vidéo s'attend à un "fort rebond" à partir de l'exercice 2027-2028 avec l'arrivée de titres issus de ses principales marques, notamment Assassin's Creed et Far Cry.
"Ce pipeline pourrait permettre au groupe de viser un retour à la génération de cash en 2027-2028, avant une génération plus robuste en 2028-2029", espère Julien Thomas.
"Dans l’attente de ce rebond, qui sera dépendant de la capacité du groupe à tenir les délais sur ses nouveaux projets, le groupe devrait voir sa structure financière se fragiliser de nouveau avec de lourdes consommations de cash, mais également avec l’échéance de l’emprunt obligataire de 675 millions d'euros en novembre 2027", abonde l'analyste.
La situation financière d'Ubisoft reste en effet un important point d'attention pour le marché.
"L’apport de 1,16 milliard d’euros lié à Tencent améliore la situation financière et réduit l’endettement net.Toutefois, ce renforcement du bilan ne règle pas la question centrale, c’est-à-dire la capacité du groupe à redevenir rentable par ses propres opérations", note de son côté Antoine Fraysse-Soulier.
A la Bourse de Paris, Ubisoft souffre une nouvelle fois, après cette série d'annonces peu enthousiasmantes. Son action chute de 18%, vers 12h15 ce jeudi 21 mai, passant sous les 4 euros pour inscrire un plus bas depuis 2011, rappelle eToro.
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