(Zonebourse.com) - Goldman Sachs a mis à jour ses estimations pour les grandes compagnies pétrolières européennes et le secteur Exploration-Production (E&P) : bp, Eni, Equinor, Repsol, Shell ou encore TotalEnergies. La banque américaine aligne désormais ses hypothèses de prix du pétrole, du gaz et du raffinage pour 2026-2027 sur la courbe à terme actuelle (au 6 mars 2026).
Suite à l'accentuation des risques géopolitiques au Moyen-Orient, les marchés sont en ébullition. Le Brent s'échange désormais à près de 110 dollars/baril (une hausse de plus de 70% par rapport à la moyenne du quatrième trimestre 2025) et le TTF (gaz européen) dépasse les 50 euros/MWh ( 70% par rapport au quatrième trimestre 2025).
Les nouveaux modèles de la banque américaine retiennent les hypothèses suivantes :
- Brent : 76 USD/baril pour 2026 (contre 60 USD précédemment).
- TTF : 14,9 USD/mcf et 11,1 USD/mcf (mille pieds cubes) pour 2026 et 2027 (contre auparavant 10,6 USD/mcf et 9,3 USD/mcf).
"Nous intégrons également l'impact négatif sur la production lié aux perturbations dans le détroit d'Ormuz, en supposant un mois d'arrêt total dans la région. En conséquence, nos estimations de bénéfice par action (BPA) pour 2026 et 2027 augmentent en moyenne respectivement de 55 et de 9%. Cela nous place 38% au-dessus du consensus LSEG pour les prévisions de 2026, mais seulement 12% au-dessus pour 2027", fait savoir Goldman Sachs.
Suite à l'analyse de la banque américaine, les valeurs du secteur pétrolier évoluent en hausse vers 15h30 : TotalEnergies ( 0,69%), bp ( 1,4%), Shell ( 1,92%), Repsol ( 0,72%), Eni ( 1,51%).
Les 4 piliers du risque haussier
Les analystes "matières premières" de Goldman Sachs ont identifié quatre raisons pour lesquelles les risques de hausse majeure par rapport à leurs prévisions de base (un Brent dans les 80 USD en mars et dans la zone haute des 70 USD au second trimestre) s'accentuent rapidement.
Ils prévoient de réviser prochainement leurs prévisions de prix du pétrole si aucun signe de normalisation graduelle des flux dans le détroit d'Ormuz n'apparaît dans les prochains jours.
La première raison est la chute des flux : les flux de pétrole estimés transitant par le détroit d'Ormuz ont chuté de 18 Mb/j (millions de barils par jour), ce qui correspond à environ 10% des niveaux normaux.
La deuxième est la redirection limitée : les estimations de redirection nette via les pipelines et les ports de Yanbu (mer Rouge, Arabie saoudite) et Fujaïrah (golfe d'Oman, Émirats arabes unis) restent faibles, avec seulement 0,9 Mb/j au cours des quatre derniers jours (contre un potentiel théorique estimé à 3,6 Mb/j).
La troisième est l'absence de solution immédiate : aucune issue rapide pour rétablir le passage dans le détroit ne semble imminente, la plupart des transporteurs restant en position d'attente (wait-and-see) face à des risques physiques élevés.
La quatrième est la destruction de la demande : les prix du pétrole pourraient devoir atteindre des niveaux de "destruction de la demande" plus rapidement que l'histoire ne le suggère (l'impact actuel de 17 Mb/j sur l'offre du Golfe Persique est 17 fois supérieur au pic de perturbation de la production russe en avril 2022).
Par ailleurs, Goldman Sachs souligne qu'une réduction des risques physiques pour le transport maritime est probablement une condition nécessaire à une reprise substantielle des flux dans le détroit. Cela suggère trois voies potentielles :
- une désescalade générale du conflit ;
- une protection accrue des pétroliers par les Etats-Unis ;
- une autorisation par l'Iran du passage sécurisé des navires selon certaines origines/destinations (y compris la Chine).
Goldman Sachs détaille la part de la production totale de chaque entreprise qui dépend du transit par le détroit d'Ormuz (via le Qatar, les Emirats arabes unis ou l'Irak) :
- TotalEnergies : 24% de sa production (la plus exposée des majors européennes).
- bp : 12%.
- Shell : 7%.
- Eni : 6%
Dans leur dernière analyse du 6 mars, ces analystes estiment que les prix du pétrole franchiraient probablement deux seuils critiques :
- dès cette semaine : un dépassement des 100 USD si aucun signe de résolution n'apparaît d'ici là.
- courant mars : un dépassement des records historiques de 2008 et 2022, dans l'hypothèse où les flux transitant par le détroit d'Ormuz resteraient au point mort durant tout le mois.
Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.
Recevez toutes les infos sur TOTALENERGIES en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email