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TESLA INC.

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Tesla inc. : Les constructeurs de voitures électriques ont toujours la cote en Bourse

samedi 9 octobre 2021 à 07h00
Une voiture Polestar

(BFM Bourse) - Si les records de valorisation ne sont plus atteints, les pure players de l'électrique continuent d'être particulièrement bien appréciés par les investisseurs. Avec potentiellement un risque si les promesses de ces derniers ne se concrétisent pas, comme cela est arrivé avec Nikola.

Les voitures électriques font toujours recette en Bourse. Dernier constructeur auto en date à se lancer: Polestar qui vise une valorisation de 20 milliards de dollars. Ce constructeur suédois a annoncé fin septembre son intention de débarquer à Wall Street. Cela se fera via une fusion avec une SPAC (Gores Guggenheim) qui est contrôlée par deux fonds d'investissement américains. L'opération doit être bouclée au premier semestre 2022 et la cotation se fera sur le Nasdaq. Et donc le groupe vise une capitalisation boursière de 20 milliards de dollars. Il n'a pourtant vendu que 10.000 voitures l'an dernier.

20 milliards de dollars (soit 17,3 milliards d'euros), c'est grosso modo 2 fois la taille de Renault en Bourse (9 milliards d'euros vendredi). Et c'est plus que Nissan (18,85 milliards de dollars). Pourtant on a affaire à des groupes qui vendent des millions de voitures. Et même dans l'électrique, ils sont encore largement devant Polestar. Par exemple, Renault a vendu en 2020, rien qu'en Europe, 100.000 Zoe électriques. Soit 10 fois plus que les modèles Polestar.

Polestar est en réalité l'ancien label sportif de Volvo Cars, qui est devenu une marque à part entière en 2017. Avec derrière Volvo et bien sûr le chinois Geely, qui avait racheté Volvo en 2010. On notera que ce constructeur ne se positionne pas exactement sur le même segment que la Zoe de Renault puisqu'il s'agit de véhicules électriques plus haut de gamme. Alors que le tarif est d'un peu plus de 40.000 euros pour le modèle Polestar 2, une Zoe se vendra plutôt être entre 25.000 et 30.000 euros. Les marges sont donc certainement plus élevées chez le constructeur suédois, ce qui peut aussi expliquer une partie de la capitalisation boursière visée.

Tesla pèse 32% du CAC 40

Reste que les niveaux de valorisation sont toujours stratosphériques pour les pure players de l'électrique. Et en particulier pour le premier d'entre eux : Tesla. Le groupe fondé par Elon Musk pèse toujours plus de 795 milliards de dollars (soit 687 milliards d'euros) en Bourse vendredi. C'est à peu près 32% de tout le CAC 40, qui pesait autour de 2155 milliards d'euros ce 8 octobre.

Les multiples de valorisation sont faramineux. Si on prend le fameux PER ou ratio cours sur bénéfices, on est à plus de 418 pour Tesla. Alors que généralement, c'est beaucoup moins pour les constructeurs automobiles traditionnels. Le PER de Volskwagen est à peine de 7, il est de 4 chez Stellantis, chez Ford il est un peu plus élevé à 17. Mais on est très loin de Tesla. Si on reparle de valorisation, d'autres pure players de l'électrique affichent aussi des capitalisations gigantesques. C'est par exemple le cas des chinois Xpeng (33 milliards de dollars) et Nio (59 milliards de dollars).

La chute de Nikola

Ces valorisations correspondent en fait aux espoirs des actionnaires de voir les ventes exploser dans les années à venir. Mais aussi que les technologies utilisées pour les voitures, comme les batteries ou les logiciels des véhicules, puissent servir pour d'autres activités. Si ce sont toujours des valorisations très élevées, l'euphorie s'est pourtant un peu calmée ces derniers mois.

D'ailleurs, les records de valorisation ne sont plus atteints. Par exemple pour Tesla, le record date de janvier dernier avec une "market cap" de 830 milliards de dollars. Il y a un élément qui a pu tempérer les ardeurs des investisseurs, c'est l'affaire Nikola. Ce groupe qui souhaite construire des camions électriques mais n'a jamais été capable de faire rouler un prototype. La société ne vaut plus que 4 milliards de dollars, alors qu'il en valait encore 25 milliards en 2020. Il faut dire que tout le monde s'interroge pour savoir s'il ne s'agit pas en fait d'une coquille vide qui a surfé sur la vague. Le gendarme boursier américain, la SEC, a lancé une enquête et a attaqué en justice son patron en juillet dernier pour fraude et manipulation.

Il y aussi des éléments plus structurels. Comme tous les constructeurs auto, les pure players de l'électrique sont touchés par la pénurie de semi-conducteurs. En outre, ils ont besoin de batteries, qui font appel à des terres rares. Là encore, il y a beaucoup de tensions sur les approvisionnements.

Un secteur sous tension

Car plus une voiture a de l'électronique embarquée, plus elle a besoin de semi-conducteurs et de terres rares. Certes, contrairement à leur nom, les terres rares sont relativement abondantes et présentes un peu partout sur le globe. Mais les plus gros gisements exploitables sont moins bien répartis et, surtout, ces mines sont très polluantes et beaucoup de pays n'en veulent pas chez eux. Par ailleurs, la Chine dispose de beaucoup de réserves et le gouvernement subventionne l'extraction de terres rares. Ce qui fait qu'ils sont de très loin les premiers producteurs mondiaux.

Sur les 240.000 tonnes de terres rares produites en 2020 dans le monde, 140.000 l'ont été en Chine, soit près de 60%, d'après les chiffres de l'United States Geological survey. Le marché est particulièrement stratégique, avec une demande mondiale qui a plus que doublé en 20 ans. Et les prix peuvent rapidement s'envoler si les principaux producteurs freinent les exportations. Ce qui était arrivé en 2010 avec la Chine, qui avait fortement limité ses exportations jusqu'en 2015. Avant que l'OMC ne force le pays à changer de stratégie.

Enfin, il y a un risque peu pris en compte : le risque réglementaire. On en parle très peu car aujourd'hui, tout le monde pousse pour l'électrique. Mais le secteur n'est pas à l'abri un jour d'un revirement des autorités. Par exemple pour plutôt privilégier les hybrides ou les voitures à hydrogène. Le secteur est aujourd'hui très dépendant aux incitations des autorités et aux aides fiscales, en particulier en Europe. Cela peut paraît incongru à certains mais il y a le précédent du diesel. Les autorités françaises ont poussé pendant plusieurs décennies à privilégier le diesel. Avant un revirement spectaculaire en quelques années. C'est donc là aussi un sujet à surveiller comme le lait sur le feu pour les investisseurs avisés.

Jean-Louis Dell'Oro - ©2021 BFM Bourse
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