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SOCIETE GENERALE

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Societe generale : Socgen, "accident" prévisible du trading électronique

mardi 5 février 2008 à 18h45
BFM Bourse

par Rebekah Curtis et Michael Taylor

LONDRES (Reuters) - Qu'arrive-t-il dans un marché sur lequel on ne sent plus ni la peur ni l'avidité ?

Il arrive Jérôme Kerviel, disent des traders.

Les marchés d'actions ont été des arènes du hasard depuis au moins la moitié du XVIIe siècle, mais certaines voix s'élèvent aujourd'hui pour dire que la perte de 4,9 milliards d'euros attribuée au jeune trader de la Société générale était un accident prévisible depuis l'avènement du trading électronique.

"Si vous êtes un pirate informatique, et si vous avez une connaissance des ordinateurs et des procédures du back office, le système n'attend plus qu'à être forcé", explique David Buik, analyste de marché chez Cantor Index, à Londres, qui a débuté comme trader il y a 44 ans.

Beaucoup d'opérateurs de marchés expriment leur scepticisme sur la désignation de Jérôme Kerviel, qui a réussi à éclipser le très médiatique Nick Leeson, comme seul responsable de la fraude.

Mais ils estiment que son exemple illustre une perte induite par les systèmes de trading modernes: le facteur humain.

"J'aime les PC et tout ce qu'ils m'offrent, mais offrez-vous une vie ! Il s'agit de regarder les gens dans les yeux, d'observer le langage du corps, d'essayer de voir s'ils vous mentent ou si l'on peut leur faire confiance", s'exclame Buik.

"Je veux les regarder dans le blanc des yeux. Je veux sentir leur peur et voir leur joie", dit-il.

La conversion mondiale au trading électronique, largement déclenchée par le Big Bang de la dérégulation financière britannique des années 1980, a réduit drastiquement les coûts et fait exploser le nombre de transactions pouvant être effectuées.

La valeur totale des actions échangées mondialement était de 69.800 dollars en 2006 contre 840 milliards en 1980, soit 80 fois plus en un quart de siècle, selon la Fédération internationale des Bourses de valeurs.

Le marché des dérivés, ou l'on achète non les actions elles-mêmes mais des droits pour les échanger dans le futur, est même encore plus important.

Quelque 1.200 milliards de contrats à terme ont été échangés dans le monde en 2006 pour un risque total d'environ 73.000 milliards de dollars.

Un fraudeur peut potentiellement prendre des positions astronomiques, en silence, en profitant du caractère anonyme et de la complexité de ces systèmes de trading instantanés.

Et des traders peu scrupuleux peuvent désormais cacher leurs pertes dans un labyrinthe de données.

Traditionnellement, sur les marchés où de très fortes sommes d'argent étaient en jeu, les individus formaient des groupes très soudés où la confiance s'obtenait de dure lutte.

Mais à l'ère de l'électronique, ceci est de plus en plus difficile.

"Vous ne savez jamais avec qui vous traitez", dit Les Ames, trader à Londres pour WH Ireland.

Dans le passé, "chaque jour de chaque semaine, sur le parquet de la Bourse, vous deviez faire face à une personne que vous aviez potentiellement trompée, donc la réponse c'était que vous ne trompiez personne", ajoute-t-il.

UN MONDE NOUVEAU

D'autres personnes de la même génération que Kerviel doivent avoir partagé la même motivation : faire fortune, acquérir un statut, battre le système. C'est ce qui a motivé les traders depuis des siècles.

Mais après cinq années de croissance généralement tranquille des marchés, les plus jeunes traders n'ont pas l'expérience des pertes.

Surtout, les banquiers s'accordent à dire que les compétences de ces nouveaux opérateurs sont plus techniques que psychologiques.

Les banques recrutent désormais pour gérer leurs opérations de marché des ingénieurs et des diplômés en management issus des meilleures écoles.

Cette élite surdiplômée mais inexpérimentée a remplacé des anciens souvent gouailleurs, autodidactes ou un peu filous, qui scellaient leurs opérations d'homme à homme.

Il y a moins de contrôle humain et moins de discipline, estime Les Ames, qui a abandonné les salles de marché en 1971 et les a retrouvées en 1986 complètement changées avec le trading électronique.

Avant le Big Bang de la dérégulation financière, les opérations de marché étaient souvent décidées au cours de long déjeuners bien arrosés et n'étaient exécutées que le lendemain.

"Tout était question de poignées de mains et tout le monde faisait confiance à tout le monde", dit Tony Craze, courtier pour Dawntraders.co.uk et dans le secteur des services financiers depuis 1964.

Un coin de nappe était alors suffisant pour coucher un accord sur le papier. Aujourd'hui il est devenu impossible de deviner ce qui est en train de se passer.

"Vous ne savez jamais vraiment ce que chacun fait, parce que les gens sont peut-être en train d'opérer de manière active mais personne ne se met à crier d'un bout à l'autre de la pièce", dit Manoj Ladwa, trader sur le marché des dérivés chez TradIndex, à Londres.

Version française Julien Toyer

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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