(BFM Bourse) - Après avoir grappillé 0,6% la veille, le groupe pharmaceutique baisse très nettement ce vendredi 2 octobre, les investisseurs réalisant que le portefeuille de produits en développement n'est peut-être pas si emballant qu'espéré.
Comme cela peut parfois arriver, la Bourse change son fusil d'épaule entre deux séances.
L'action Sanofi chute ainsi de 3,6% ce vendredi 2 octobre vers 12h, accusant la plus forte hausse du CAC40, après avoir grappillé 0,6% la veille.
Le groupe avait annoncé jeudi un accord avec son partenaire américain de longue date Regneron, avec qui il a co-développé avant de co-commercialiser depuis le blockbuster Dupixent.
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Cet anticorps monoclonal bénéficie de nombreuses indications (traitement de l'eczéma, de la dermatite atopique) et constitue le grand vecteur de croissance du groupe pharmaceutique, avec une progression de ses revenus de plus de 37% au deuxième trimestre. Sanofi s'attend à ce que le médicament atteigne des ventes de 25 milliards d'euros en 2030.
Tourefois, Dupixent fera face, à compter du début des années 2030, à un "patent cliff", c'est-à-dire une série de pertes de brevets. Ce "patent cliff" retranchera 17,3 milliards d'euros de revenus entre 2030 et 2035 selon les projections de JPMorgan.
Ce qui met la pression sur Sanofi pour trouver de nouveaux relais de croissance via par exemple le développement de nouveaux médicaments innovants. Mais les tentatives de la société se sont jusque là traduites par de nombreux échecs, ce qui a couté sa place au précédent directeur général Paul Hudson.
Une annonce a priori positive mais...
Jeudi, une éclaircie semblait toutefois survenir avec l'accord dévoilé par Sanofi.
Le texte met fin aux litiges entre les deux sociétés, Regeneron ayant précédemment assigné le français devant les tribunaux en l'accusant d'avoir violé certains termes de leur accord autour du Dupixent.
En même temps que cet armistice, Sanofi avait annoncé une extension du partenariat avec Regeneron, qui maintient le statu quo sur le partage des bénéfices de Dupixent (50/50 aux États-Unis, entre 55% et 65% hors des États-Unis pour Sanofi).
Par ailleurs, cet accord a acté un élargissement de leur collaboration pour co-commercialiser quatre anticorps inventés par Regeneron.
L'un d'entre eux, l'anticorps anti-IL-13 REGN20423, est actuellement en étude clinique de phase 1 dans la dermatite atopique, une forme d'eczéma prononcé, et les trois autres anticorps devraient entrer en études cliniques en 2027.
Regeneron recevra un paiement initial d'un milliard de dollars de la part de Sanofi, avec un potentiel de paiements d'étapes liés au développement, aux autorisations réglementaires et à la commercialisation, pouvant atteindre 7 milliards de dollars additionnels, indiquent les deux sociétés.
Les analystes ont salué cet accord y voyant une victoire pour Belén Garijo, la nouvelle directrice générale de Sanofi arrivée en avril dernier. Ce, notamment, car cette extension du partenariat préserve les avantages économiques de Dupixent tout en enterrant la hache de guerre.
"Le renforcement de l'alliance avec Regeneron constitue une première étape vers la réalisation des objectifs à long terme de Sanofi et doit être considéré comme le signe d'une avancée manifeste sous la direction de la nouvelle directrice générale", louait ainsi Jefferies.
....Les détails déçoivent
Mais à y regarder d'un peu plus près, cet accord n'est peut-être pas si reluisant qu'au premier regard.
"On l'avait déjà vu hier mais le marché commence à nuancer son propos. Dans les petites lignes, le deal n'est peut-être pas si exceptionnel que cela au sens où cela revient à payer un peu cher pour la même chose, c'est-à-dire des produits en développement qui sont sur les même marchés que ceux existants, marchés qui sont d'ailleurs de plus en plus concurrentiels", explique un analyste.
Jeudi déjà, Barclays mitigeait ses propos en raison des anticorps monoclonaux compris dans le nouvel accord.
"Nous constatons que ces actifs nouvellement accessibles à Sanofi en sont encore à un stade très précoce de développement et que leur lancement n’est probablement pas prévu avant plusieurs années, il semble donc peu probable qu’ils aient atteint une importance significative d’ici à ce que Dupixent arrive en fin de protection, soit à partir de 2031", prévenait la banque britannique.
Citi de son côté souligne que la conférence tenue par la direction avec les analystes, jeudi après-midi, s'est avérée "décevante".
La banque américaine écrit notamment que les molécules de Regeneron misent surtout sur le dosage plus qu'une amélioration de l'efficacité, ce qui rend le profil a priori moins attrayant. Citi explique ainsi que des traitements concurrents de Pfizer et AbbVie pourraient se montrer plus efficaces.
Par ailleurs, la banque américaine rapporte que Regeneron s'est montré très prudent sur la possibilité d'inclure d'autres actifs dans cette alliance.
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