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Renault : Un départ de carlos ghosn impensable malgré l'affaire renault

Un départ de carlos ghosn impensable malgré l'affaire renaultUn départ de carlos ghosn impensable malgré l'affaire renault

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Carlos Ghosn ne sortira pas indemne de l'affaire d'espionnage présumé chez Renault si les accusations portées contre trois cadres du groupe s'avèrent sans fondement, mais rares sont ceux qui, en interne comme parmi les analystes, semblent prêts à envisager son départ.

En cas d'erreur, Renault en tirera "toutes les conséquences, jusqu'au niveau le plus haut de l'entreprise, c'est-à-dire jusqu'à moi", a déclaré Patrick Pélata, le numéro deux du constructeur automobile, au début du mois. Carlos Ghosn, le PDG du groupe qui vient de lancer un nouveau plan stratégique, serait donc épargné malgré ses liens parfois difficiles avec les administrateurs salariés ou représentant l'État actionnaire.

"Je parie toujours sur l'option Pélata, qui pourrait jouer le rôle de fusible si l'on se souvient de son intervention dans Le Figaro", commente un analyste du secteur sous couvert d'anonymat.

"Carlos Ghosn est très impliqué dans Renault, mais aussi dans Nissan. Son éventuel départ ne tomberait pas au bon moment pour l'alliance, car cela la déstabiliserait plutôt", ajoute-t-il.

Nissan doit de surcroît faire face actuellement aux conséquences de la catastrophe qui a frappé le Japon. Il a fait savoir lundi que la production dans ses usines de Tochigi et d'Iwaki serait arrêtée jusqu'à vendredi au moins.

Le PDG a lancé en février un nouveau plan stratégique de six ans pour Renault. Et à ceux qui lui reprochent un manque d'audace pour la marque au losange, il a riposté avec un nouveau directeur du design dont les futurs modèles porteront la griffe dès l'an prochain.

L'année 2012 permettra également de vérifier si Carlos Ghosn a eu raison de parier aussi gros sur le véhicule électrique, pour lequel il a la prévision la plus optimiste du secteur : 10% de part de marché d'ici une dizaine d'années.

"M. Pélata n'est pas forcement irremplaçable, mais ce serait quand même un choc important", ajoute un autre analyste du secteur sous couvert d'anonymat.

"La situation est beaucoup plus délicate concernant Carlos Ghosn (...) On est aujourd'hui à un moment-clé parce qu'il y a un nouveau plan qui vient d'être annoncé, et dans ce plan on voit bien que l'objectif est d'arriver à remonter la rentabilité de Renault et à réduire le gap par rapport à Nissan", poursuit-il.

"Carlos Ghosn est aujourd'hui le seul véritable ciment de l'alliance."

AU 20 HEURES DE TF1

Après s'être forgé une réputation en redressant Nissan, Carlos Ghosn a piloté avec succès le développement de l'alliance avec Renault, jusqu'à en faire le quatrième constructeur automobile mondial, sans compter le partenariat qu'il a conclu avec l'allemand Daimler.

Elu régulièrement "Manager de l'année" en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, il est devenu l'un des personnages les plus emblématiques de l'industrie automobile mondiale, mais son prestige a été écorné ces dernières années, notamment en France où les relations avec l'Etat actionnaire et les syndicats sont parfois difficiles.

Un an avant l'affaire d'espionnage présumé, dossier dans lequel le ministre de l'Industrie Eric Besson n'a pas apprécié d'avoir été informé aussi tardivement, l'affaire de la Clio 4 avait fait des vagues.

Donnée un temps par la presse comme totalement délocalisée en Turquie, la remplaçante de la célèbre berline de Renault a fait l'objet en janvier 2010 d'un bras de fer entre la direction du groupe et les autorités françaises, jusqu'à ce que Carlos Ghosn vienne s'expliquer à l'Elysée sur ses projets.

Le président Nicolas Sarkozy a alors obtenu l'engagement qu'une partie de la production de la Clio 4 serait toujours assurée à Flins. Renault a de son côté toujours argué que rien ne lui avait été imposé parce que les plans entourant la voiture n'avaient pas encore été tranchés et annoncés publiquement.

Dans l'affaire d'espionnage présumé, Carlos Ghosn est d'abord monté personnellement au créneau. Le grand public n'oubliera pas son intervention un dimanche soir de janvier au journal de 20 heures de TF1, où il a assuré avoir des "certitudes" et des preuves "multiples" justifiant le dépôt d'une plainte.

En février, Carlos Ghosn a précisé ne pas s'être impliqué personnellement dans l'enquête et a ajouté qu'il se devait de faire confiance au "tas" de personnes qui ont selon lui analysé les faits. "Si à chaque fois qu'il se passe quelque chose dans l'entreprise, vous devez vous-même prendre votre stylo et aller enquêter par vous-même pour vous assurer (de) tout ce qu'on vous dit, il n'y a plus d'entreprise", a-t-il déclaré.

"Carlos Ghosn a dit qu'il avait pris ses décisions sur la base des informations qu'on lui a données", a indiqué une source proche du constructeur. "Ce qui se passe actuellement est fâcheux, mais son départ ferait plus de mal que de bien à Renault."

Avec Helen Massy-Beresford, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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