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Renault : Les constructeurs auto chinois grignotent des parts de marché en Europe, Renault perd 5%, Stellantis abandonne 4%, et Volkswagen cède 2%

Aujourd'hui à 12:44
Renault chute en Bourse

(BFM Bourse) - Les groupes automobiles "mass market" souffrent en Bourse ce mardi après que les données de l'ACEA ont montré que les groupes chinois continuent de prendre des parts de marché.

Les groupes automobiles européens "mass market" (ceux qui se positionnent sur le grand public et pas seulement sur le premium comme BMW ou Mercedes-Benz) souffrent en Bourse, ce mardi 23 juin.

Renault abandonne 5%, Stellantis chute de 3,8% tandis qu'à Francfort Volkswagen perd plus de 2%.

Un analyste estime que ces replis peuvent s'expliquer par une simple rotation de marché, les investisseurs achetant ce mardi les actions défensives (Danone, par exemple, prend 1,6%) en se délestant de valeurs cycliques, comme l'automobile.

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Les groupes chinois poursuivent leur offensive

Les immatriculations automobiles en Europe publiées par l'association européennes des constructeurs (ACEA) peuvent également jouer.

Selon ces données, les ventes ont progressé de 3,6% sur le mois de mai, avec un bond de 39% des seuls véhicules électriques. Au passage, Tesla affiche une hausse de 108%.

Le point le plus saillant, peut-être, reste la percée des groupes chinois. Citi remarque que ces constructeurs ont encore gagné des parts de marché.

"Les ventes de SAIC, BYD, Geely, Chery et Leapmotor continuent d’enregistrer une forte croissance en Europe, bien qu’elles partent d’un niveau faible : leurs ventes cumulées ont progressé de 65% en glissement annuel en mai (+61% depuis le début de l’année), représentant environ 12% de part de marché en mai 2026 (en hausse de 4,4% en glissement annuel) et 10,6% depuis le début de l’année (en hausse de 3,7% en glissement annuel)", constate la banque américaine.

UBS abonde, notant que les groupes chinois sont sur une bonne tendance alors que les immatriculations de Renault reculent de 1%, celles de Volkswagen de 3% et celles de Stellantis de 2%.

La banque suisse remarque néanmoins que la moitié des parts de marché prises par les groupes chinois ont été grignotées du côté des groupes coréens, japonais ainsi que chez Ford.

Conclusion de la banque suisse: ces données sont négatives pour tous les acteurs historiques européens et japonais, à l'exception de BMW, qui a vu ses immatriculations progresser de 4%.

Renault, un victime trop idéale?

Les chiffres de l'ACEA risquent de donner de l'eau au moulin des observateurs qui redoutent que les constructeurs européens souffrent de plus en plus de la compétition chinoise.

Dès le mois de février, Morgan Stanley mettait en lumière cette menace. "Le marché chinois n'est plus en croissance, ce qui accentue la pression sur les acteurs locaux pour qu'ils gagnent des parts de marché à l'échelle nationale et internationale", soulignait la banque américaine.

La faculté de ces groupes à construire rapidement des canaux de distribution conséquents, couplée à des services d'après-vente, éclipse les réticences initiales des consommateurs à acquérir leurs produits, prévenait Morgan Stanley.

Si les marques "premium" (Mercedes, BMW, etc…) sont relativement protégées, les acteurs "mass market" sont bien plus vulnérables.

"Nous prévoyons une pression croissante à long terme, en particulier pour les 'acteurs de volume' (Stellantis, Renault, Volkswagen, NDLR), car les constructeurs chinois gagnent en importance en Europe et dans le reste du monde, ce qui implique une pression structurelle", considère l'établissement.

Renault, dont 60% des ventes environ, sont réalisées sur le Vieux continent, a plus particulièrement souffert de cette menace.

"Nous pensons que les inquiétudes des investisseurs portent principalement sur l'intensification de la concurrence et des pressions commerciales en Europe, notamment de la part de Stellantis et des constructeurs automobiles chinois", soulignait récemment Barclays.

Ce statut de victime de la concurrence chinoise ne rend pas forcément honneur aux efforts du groupe, selon Citi.

La banque américaine estime que le marché se concentre uniquement sur les mauvaises nouvelles autour de Renault, perçu comme le baromètre de la menace concurrentielle chinoise en Europe. Pourtant, l'entreprise agit sur ses fondamentaux.

"Renault affiche des résultats supérieurs aux attentes des investisseurs, malgré son exposition évidente aux risques liés au marché chinois", fait valoir Citi, à l'achat sur le titre.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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