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Renault : Et si la disgrâce de Carlos Ghosn ouvrait la voie au rachat de Renault par Nissan?

mardi 20 novembre 2018 à 08h44
Un rachat de RENAULT serait à la portée financière de Nissan

(BFM Bourse) - AlphaValue se livre mardi matin à un exercice de corporate fiction qui n'est qu'hypothétique à ce stade, compte tenu des accord actuellement en vigueur au sein de l'Alliance. Reste qu'une reprise du constructeur au losange par son partenaire japonais ne lui coûterait que l'équivalent d'un milliard d'euros, calcule le bureau d'études.

Trop seul au sommet, pendant trop d'années, avec une gouvernance trop relâchée. Pour AlphaValue, la recette du désastre était là : lorsqu'une entreprise -en l'occurrence un groupe d'entreprises- est dominé par un seul individu comme cela fut longtemps le cas de Carlos Ghosn chez Renault-Nissan, cela suscite facilement des jalousies. Ce qui est advenu au Japon, conduisant à l'arrestation du dirigeant, semble bien résulter d'informations fuitées par un ou plusieurs lanceurs d'alerte.

Une gouvernance déjà mal notée

La gouvernance des entreprises est un enjeu dont l'importance va croissant, et il y a longtemps que cela posait problème chez Renault. AlphaValue attribue une piètre note au groupe sur ce plan, en énumérant les manquements aux meilleures règles. Renault ne respecte pas le principe "une action, un droit de vote", ne dissocie pas les fonctions de direction de celles de supervision, ne compte pas au moins 50% d'administrateurs indépendants, ne dévoile pas l'intégralité de la rémunération des dirigeants (bonus, retraites, avantages en nature) ni les modalités précises de déclenchement des bonus...

Faisant figure de leader incontesté jusqu'à la semaine dernière, Carlos Ghosn est soupçonné par la justice d'avoir minimisé ses revenus -jusqu'à l'équivalent de près de 40 millions d'euros sur plusieurs années- mais aussi d'avoir détourné à son profit des fonds de l'entreprise. D'ores et déjà, le patron opérationnel de Nissan Hiroto Saikawa a demandé qu'il soit démis immédiatement de son poste de président, tout comme il devrait l'être de celui de président de Mitsubishi Motors. Quant à Renault, le ministre de l'Economie a demandé mardi la mise en place d'une direction intérimaire, estimant que Carlos Ghosn n'était plus en mesure de diriger le groupe.

De quoi remettre en cause toute la gouvernance de l'Alliance

AlphaValue estime que la déchéance du dirigeant franco-libano-brésilien est par ailleurs susceptible de bouleverser toute la structure de l'Alliance entre Renault, Nissan et Mitsubishi, dans un contexte de frictions entre les camps français et japonais depuis au mois un an.

Nissan a en effet commencé à réclamer l'attribution de droits de vote correspondants à sa participation de 15% dans Renault. La question du rôle de la holding de droit néerlandais Renault-Nissan b.v. devrait également être débattue. Carlos Ghosn dirigeant jusqu'ici cette société à responsabilité limitée (Besloten Vennootschap met beperkte aansprakelijkheid) sans aucun organe de supervision, en principe chargée d'identifier les synergies potentielles entre les membres de l'Alliance et leurs partenaires comme Avtovaz et Daimler (dont Renault détient 3,1% dans le cadre d'un accord noué en 2010).

Une offre de Nissan pas exclue, d'autant que l'investissement réel serait limité

L'éviction de Carlos Ghosn de l'ensemble de ses responsabilités dans le groupe changerait forcément la donne, avance le bureau d'études. "De fait, nous ne pouvons exclure que Nissan lance une offre inversée, alors que l'acquisition de Renault (déduction faite de sa participation dans Nissan) lui coûterait actuellement moins de 5 milliards d'euros et même plutôt 4 milliards d'euros après la chute du cours de Renault et de Nissan le 19 novembre", calcule AlphaValue. De plus, en déduisant de ce montant la valeur de la participation de 15% que Nissan détient déjà dans Renault (environ 2,5 milliards d'euros) et la valeur de la participation de Renault dans Daimler (environ 0,8 milliard d'euros), le montant à débourser en cash ressort à moins de 1 milliard d'euros pour le troisième plus grand constructeur mondial", conclut le bureau d'études.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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