(BFM Bourse) - Le groupe de spiritueux a abaissé à 20 millions d'euros l'impact sur son résultat opérationnel courant des surtaxes douanières américaines, contre 35 millions d'euros précédemment. Ce qui lui permet de relever sa cible de rentabilité pour son exercice clos en mars prochain.
Le secteur des spiritueux européens reste un compartiment qui souffre énormément en Bourse depuis maintenant plusieurs années. Sur trois ans, Pernod Ricard, Rémy Cointreau, Diageo (Johnnie Walker, Guiness) et Davide Campari perdent respectivement 46%, 60,7%, 46% et 34,7%.
Après une importante reprise post-Covid, ces groupes ont pâti de tendances de consommation dégradées en Chine et aux États-Unis, avec d'importants stocks. Dans le même temps, le secteur s'est retrouvé pris entre deux fronts sur les droits de douane, avec les menaces de surtaxes douanières en Chine (sur les eaux-de-vie) et aux États-Unis (sur l'ensemble des alcools).
Sur ce dernier point, les groupes de spiritueux retrouvent un peu de visibilité. La Chine a finalement instauré des droits de douane de 34,9% mais en prévoyant des exemptions pour les groupes qui accepteraient de vendre à un prix minimum à l'importation. Ce qui a permis aux sociétés européennes de s'en tirer à moindres frais.
Par ailleurs, cet été, l'Union européenne et les États-Unis sont parvenus à un accord sur les droits de douanes, ramenant les surtaxes américaines à 15%. Les Européens avaient tenté d'arracher (en vain) une exemption pour les alcools.
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Relèvement de la perspective de "ROC"
Après ce dernier accord, Rémy Cointreau a refait ses comptes. Le groupe de spiritueux spécialisé dans le cognac (environ 62% de ses revenus) a abaissé ce vendredi 29 août ses prévisions d'impact des droits de douane sur ses résultats.
Avec un taux de 15% sur ses exportations vers les États-Unis (contre 30% précédemment), la société s'attend désormais à ce que les droits de douane américains retranchent 20 millions d'euros à son résultat opérationnel courant (ROC), contre 35 millions précédemment. Pour la Chine, la société avait déjà abaissé sa projection à 10 millions d'euros (contre 40 millions d'euros auparavant) le 25 juillet dernier, lors de la publication de son activité du premier trimestre de son exercice 2025-2026, clos en mars prochain.
"Ces estimations tiennent compte des plans d’actions mis en œuvre pour atténuer les effets négatifs des droits de douane additionnels. Elles intègrent également une augmentation des investissements en Chine et aux États-Unis, afin de favoriser la reprise de l’activité sous-jacente", explique Rémy Cointreau.
En conséquence, Rémy Cointreau rehausse sa perspective de rentabilité pour l'exercice en cours. Le groupe attend désormais un repli de son résultat opérationnel courant "mid-single" (entre 4% et 6%), contre une baisse "mid-to-high single digit" auparavant, c'est-à-dire située entre 4% et 9%.
Rémy Cointreau a par ailleurs maintenu son objectif d'une croissance en données comparables pour l'exercice en cours "mid-single-digit" de ses ventes. Cette progression sera principalement portée par un rebond technique aux États-Unis.
Le marché avait probablement déjà intégré la bonne nouvelle annoncée par le groupe. Ce vendredi, l'action Rémy Cointreau recule de 1,7% à la Bourse de Paris vers 11h20.
Encore des difficultés structurelles
Jeudi, Pernod Ricard avait, lui, évalué à 35 millions d'euros l'impact brut des droits de douane américains et à 45 millions d'euros celui des surtaxes douanières chinoises.
Si les groupes de spiritueux savent à peu près à quoi s'en tenir sur les droits de douane, leur horizon n'est pas dégagé pour autant. Les perspectives communiquées par Pernod Ricard, jeudi, en attestent. Le groupe n'a pas livré d'objectifs chiffrés pour l'exercice 2025-2026 et a indiqué s'attendre à un repli de ses ventes au premier trimestre en raison notamment d'ajustements de stocks en Chine et aux États-Unis.
Pour Rémy Cointreau, Barclays prévenait fin juillet que les "inquiétudes structurelles persistaient". La banque notait que les "déplétions", c'est-à-dire les ventes des grossistes aux détaillants, un indicateur avancé de la demande, restaient "faibles".
"Nous constatons que le secteur est confronté à de profonds vents contraires structurels en raison des stocks industriels importants résultant de la faiblesse de la Chine", détaillait Barclays.
"Nous restons convaincus que la croissance en Chine sera limitée en raison des difficultés démographiques et de la baisse de la consommation d'alcool par habitant observée au cours de la dernière décennie", expliquait par ailleurs la banque.
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