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PIXIUM VISION

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Pixium vision : "Pour les biotechs, Euronext devient un marché du tiers-monde"

mardi 8 octobre 2019 à 17h00
Le cri d'alarme de Didier Laurens, directeur financier de Pixium Vision

(BFM Bourse) - Le repli de la biotech s'intensifie, Pixium lâchant désormais plus de 30% sur les cinq dernières séances et 40% sur un mois, sans actualité particulière. Un mouvement dont le directeur financier avoue ne pas comprendre les aboutissants, ce qui l'amène à s'interroger sur l'avenir du secteur mais aussi sur celui d'Euronext.

BFM Bourse : Après six séances consécutives de recul, le titre Pixium Vision lâche plus de 15% mardi, comment l'expliquez-vous ?

Didier Laurens : Ce plongeon intervient de façon totalement inexpliquée. Très honnêtement, il n'y a aucune actualité depuis jeudi dernier lorsque nous avons annoncé que Sofinnova faisait son retour au sein de notre conseil d'administration.Nous estimons qu'il s'agit d'un signal fort de soutien à la société de la part d'un investisseur historique et majeur, mais le titre a lâché 3% ce jour-là, avant de céder plus de 8% vendredi. Nous avons d'ailleurs été obligés de rédiger un communiqué pour expliquer qu'Omnes Capital n'avait vendu aucun titre depuis 2016 (Omnes a déclaré à l'AMF jeudi dernier à titre de régularisation, avoir franchi en baisse, le 31 janvier 2018, les seuils de 10% du capital et des droits de vote de la société Pixium Vision, un franchissement qui résulte d'une augmentation du nombre total d'actions et de droits de vote de Pixium Vision, NDLR). En fait, Omnes avait juste oublié de prévenir l'AMF de ce franchissement. Le problème, c'est que dans le marché actuel, même ce type de "news" se paye cash, d'où le communiqué dans la foulée pour remettre l'église au milieu du village - à savoir qu'il s'agit d'un actionnaire présent à nos côtés depuis longtemps et qui nous fait confiance.

BFM Bourse : Le plongeon s'intensifie mardi mais la chute du titre est en réalité quasi-interrompue depuis six mois...

Didier Laurens : Le 24 juillet dernier, le titre s'échangeait encore à 1,50 euro. Depuis, son cours a été divisé par deux en trois mois (en repli de 16,7% à 72,3 centimes vers 16h15 mardi, NDLR). Nous nous sommes peut-être mal expliqués après le conseil d'administration de juillet, quand on a annoncé le report de quelques mois du démarrage de l'étude pivot du système Prima (un dispositif photovoltaïque sous-rétinien qui permet la restitution d'une certaine perception visuelle à des patients malvoyants, atteints de la forme atrophique sèche de la DMLA, NDLR). Comme le marché sanctionne toujours les reports, je m'attendais alors à une correction de l'ordre de 20% sur le titre mais elle a été beaucoup plus violente. Sauf qu'on ne reporte pas parce que ça ne marche pas mais parce qu'on l'a décidé. Comme nous sommes en constante innovation, on a développé une seconde génération de lunettes, transparentes et bien plus faciles à utiliser donc on a décidé de générer plus de données physiques avec ce nouveau modèle pour augmenter les chances de succès vers le marquage CE. Le report n'est pas non plus de deux ans mais de 6 à 9 mois, la réaction paraît donc excessive.

BFM Bourse : Avez-vous le sentiment que Pixium Vision est sous-valorisé ?

Didier Laurens : Clairement, oui. Il faut garder à l'esprit que Pixium Vision est l'une des sociétés les plus innovantes de France -7e selon le dernier classement Forbes France et première dans le secteur des sciences de la vie- dans un marché sur lequel il n’existe aucune solution thérapeutique. Nous sommes les seuls à développer un implant rétinien et nous avons déjà démontré la capable de notre technologie à restituer à des patients devenus non-voyants une vision leur permettant d’identifier des lettres et des séquences de lettres ! Alors oui, 17 millions de valorisation, quand on sait que notre ancien concurrent américain Second Sight qui a abandonné le développement de son produit et sur lequel on a pris beaucoup d'avance- est toujours valorisé 80 millions d'euros (95 millions d'euros en fait, NDLR), cela me fait de la peine...

BFM Bourse : À qui la faute alors, au marché parisien ?

Didier Laurens : Nous ne sommes pas la seule biotech française dans ce cas là.... Euronext devient un marché du tiers-monde. Sur les petites valeurs, les investisseurs américains regrettent les volumes d'échanges anémiques et les capitalisations pas intéressantes. Ils étaient venus parce qu'ils avaient vu de jolis projets sous-valorisés mais ils ont pris plusieurs gadins et sont ressortis de ce marché pour ne plus y revenir. Ajouté à cela les défaillances de quelques sociétés biotechnologiques, on se retrouve confronté à une défiance majeure envers l’ensemble du secteur. Les messages qu’on reçoit des investisseurs sur Euronext, c'est que ça ne vaut pas le coup d'investir sur ce marché là : zéro liquidité, zéro profondeur de marché et plus d'analystes pour suivre les midcaps.

Aujourd'hui, la défiance des investisseurs est totale sur des marchés qui réagissent à la moindre rumeur et sur lesquels on observe des rachats très importants sur les fonds midcaps. Nous sommes face à ce que les gérants qualifient de "perfect storm", entraînés par une lame de fond qui emporte tout le monde, et on n'a plus qu'à attendre que ça passe. Nous, on a la chance d’avoir du cash avec une visibilité financière jusqu'à la fin du deuxième trimestre 2020 donc on continue à tourner mais c'est triste pour la place de Paris. Le vrai problème, c'est le manque de financement, avec ce même message porté par beaucoup d'acteurs du secteur, à savoir que l'argent est relativement présent au tout début mais qu'il devient beaucoup plus délicat ensuite de trouver des financements pour des études cliniques plus longues. À terme, ce manque de financement constitue un vrai frein à l'innovation.

Pour corroborer les propos du directeur financier de Pixium, le gérant du fonds Kalliste Biotech, un fonds spécialisé dans les sociétés du secteur de la Santé, Sacha Pouget, indique que "les flux sont vendeurs sur absolument toutes les biotechs et medtechs françaises. Les titres peu liquides sont très malmenés et il suffit de quelques mains pour leur faire perdre 10%" ajoute-t-il, précisant que Pixium sous-performe tout de même le secteur depuis 2015 : le Medtech Index (composé de 40 medtechs françaises) qu'il a développé enregistrant une performance négative de -66% quand Pixium a abandonné 86% de sa valeur sur la même période.

Propos recueillis par Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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