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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Un énième plongeon ramène le baril à 50 dollars

mercredi 26 décembre 2018 à 10h40
Le baril de Brent à 50 dollars

(BFM Bourse) - À l'image des marchés actions, les cours de l'or noir n'en finissent plus de chuter. Depuis son plus haut annuel le 3 octobre dernier, le baril de Brent de mer du Nord a désormais cédé plus de 40%.

Rien ne semble pouvoir enrayer la chute des cours du pétrole brut. Si les marchés dédiés (le New York Mercantile Exchange et l'Intercontinental Exchange de Londres) étaient fermés à Noël mardi, les cours de l'or noir ont une énième fois plongé lundi, toujours sur fond de scepticisme face aux promesses de l'Opep et d'inquiétudes quant à un ralentissement de l'économie mondiale.

Le WTI au plus bas depuis août 2016

Pour sa dernière séance de cotation avant la fermeture des marchés pour Noël, le baril de Brent de mer du Nord -la référence européenne- pour livraison en février a dévissé de 6,2% et plus de 3 dollars pour terminer la séance à 50,49 dollars, son plus bas depuis août 2017. Dans le même temps, le baril de "light sweet crude" texan (le WTI) pour même échéance de livraison perdait 6,7% à 42,38 dollars, son plus bas en clôture depuis août 2016 (il était brièvement descendu plus bas, en séance, le 21 juin 2017). Depuis leur plus haut annuel de 3 octobre dernier, les barils de Brent et de WTI cèdent respectivement 41,8 et 44,4%.

Toujours de nombreuses incertitudes

Le marché du brut reste plombé par la surabondance de l'offre -les trois plus gros producteurs (États-Unis, Russie, Arabie Saoudite) pompant ces derniers mois à des niveaux records- et l'affaiblissement progressif de la demande dans un contexte de perspectives macroéconomiques dégradées. "Les craintes de ralentissement de la croissance mondiales et les incertitudes politiques en provenance de la Maison Blanche concernant le commerce et sa politique aux frontières sont facteur de risques", analyse Margaret Yang Yan, analyste chez CMC Markets.

À ces incertitudes politiques, il faut désormais ajouter le "shutdown" des administrations fédérales américaines. Tant que Donald Trump n'obtient pas l'inclusion du financement d'un mur à la frontière mexicaine -promesse phare de sa campagne- dans une loi budgétaire, plusieurs administrations vont rester fermées. Si les Démocrates reprochent au président de "plonger le pays dans le chaos" -puisque ce "shutdown" met près de 800.000 Américains au chômage technique- l'or noir subit aussi les conséquences de cette décision, les investisseurs se ruant sur les valeurs refuges que sont l'or et les bons du Trésor au détriment des actions et du pétrole.

L'Opep tente de rassurer

Les responsables des pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se sont montrés confiants, dimanche, lors d'une réunion au Koweït. Le ministre de l'Énergie des Émirats arabes unis a ainsi déclaré que l'excédent sur le marché était "plus faible que ce qu'il était en 2017", estimant qu'il "devrait se résorber en un ou deux mois". "Je pense que nous pouvons facilement nous accommoder de cet excédent et atteindre un marché équilibré au cours du premier trimestre de l'année prochaine" a-t-il avancé.

Un point de vue que ne partage pas vraiment Stephen Innes, analyste chez Oanda : "Sauf à ce que l'Opep sorte un lapin de son chapeau et rassure les marchés sur la viabilité de ses coupes, y compris en en imposant de plus importantes comme l'ont suggéré certains membres, les craintes macroéconomiques vont continuer de peser comme une enclume au cou des marchés."

Pour rappel, le 6 juin dernier, à l'issue d'une réunion du cartel à Vienne, les pays membres et leurs alliés menés par la Russie avaient décidé d'une baisse de leur production de 1,2 millions de barils par jour pour les six prochains mois. Depuis, en vingt jours, le baril de Brent a perdu 16% et celui de WTI, 18%.

Le litre de pétrole aussi cher que celui d'eau minérale

Alors que les prix du pétrole ont reculé de plus de 40% depuis début octobre, les prix à la pompe ont pour leur part diminué de plus de 8% au cours des deux derniers mois, également à leur plus bas annuel, à 1,42 euro en moyenne. Si la baisse peut sembler faible au regard du plongeon des cours du brut, il faut rappeler que le prix du pétrole compte pour seulement un tiers environ du prix final à la pompe.

Si cela peut sembler être une bonne nouvelle en termes de pouvoir d'achat, un baril très bas a plusieurs conséquences négatives, à commencer par la compromission de la transition énergétique. De fait, il n'est pas évident de flécher les investissements vers les énergies renouvelables quand le baril de brut est si bon marché. De même, difficile de convaincre particuliers et industriels de se concentrer sur les économies d'énergie...

Enfin, un baril de pétrole équivalant à 159 litres, le prix du litre de Brent est tombé à 32 centimes de dollars et celui de WTI à 27 centimes, ce qui correspond en moyenne au prix d'un litre... d'eau minérale.

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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