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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Malgré l'interruption de la production en Libye, les cours du pétrole succombent aussi au coronavirus

lundi 24 février 2020 à 11h35
Les cours de l'or noir chutent de nouveau face aux craintes d'épidémie mondiale

(BFM Bourse) - L'épidémie de Covid-19 se propage à travers le monde, affectant les perspectives de l'économie mondiale et la demande d'or noir. Après avoir entrepris un rebond depuis leur plus bas touché le 10 février dernier, les principales références mondiales de pétrole brut replongent.

Rattrapés par les craintes sur l'épidémie de coronavirus, qui devrait peser sur la demande en pétrole de la Chine et d'autres pays à mesure que se multiplient les foyers de la maladie à Covid-19 à travers le monde, les cours du brut lâchent plus de 3% lundi matin. Le baril de Brent revient ainsi sous les 56 dollars, à 55,84 dollars (-3,62%) vers 10h20, quant le brut léger américain (WTI) retombe à 51,51 dollars (-3,50%). Les deux références mondiales de pétrole brut reviennent ainsi à proximité de leur plus bas annuel touché le 10 février dernier (à 53,11 dollar pour le Brent et à 49,31 dollars pour le WTI).

Directeur adjoint de l'investissement chez Mirabaud, John Plassard relève dans sa note matinale que "les cours du pétrole ont terminé en baisse vendredi à New York alors que l'épidémie de coronavirus s'étend et continue de faire peser des risques sur les perspectives de l'économie mondiale et de la demande d'or noir". "La crise sanitaire reste l'alpha et l'oméga du marché" et pour l'heure, "personne n'a suffisamment de données fiables pour juger de l'ampleur de la crise" , souligne pour sa part Christopher Dembik, responsable de la recherche économique à Saxo Banque.

"Vendredi, les investisseurs ont vendu des actions parce qu'ils ne voulaient pas maintenir leurs positions en cas de mauvaises nouvelles concernant le coronavirus. Et ils ont eu raison", explique de son côté Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.

Une épidémie qui se mondialise

Car des mauvaises nouvelles, il y en a eu pléthore au cours du week-end écoulé: l'Italie, où quatre morts dus au nouveau coronavirus ont été recensés, est devenu le premier pays européen à imposer des mesures de quarantaine dans une dizaine de communes du nord de la péninsule. Le Carnaval de Venise, qui devait se terminer mardi, a été annulé dès dimanche. Un premier cas de coronavirus a également été détecté dans l'ouest de l'Afghanistan chez un patient arrivé récemment d'Iran, a annoncé lundi le ministre de la Santé afghan. En Iran justement, Le gouvernement de Téhéran a promis la transparence quant aux conséquences de l'épidémie. Pour l'heure, l'agence de presse Ilna, proche des réformateurs, évoque 50 morts uniquement à Qom (située à 150 kilomètres au sud de Téhéran) alors que le bilan officiel est de 12 morts à l'échelle du pays.

En Corée du Sud, désormais le pays le plus touché par le nouveau coronavirus en dehors de la Chine, la colère montait à l'encontre d'une secte chrétienne accusée d'être à l'origine de la propagation de l'épidémie. Environ un demi-million de personnes ont signé une pétition sur le site internet de la présidence sud-coréenne, demandant la dissolution de l'Eglise Shincheonji de Jésus. Ils accusent "sa doctrine immorale" d'être à l'origine de cette vaste contamination au Covid-19, dont le nombre de cas s'élève désormais à 833 personnes et sept morts à travers le pays.

Dans le même temps, la Chine a décidé lundi d'interdire "complètement" et immédiatement le commerce et la consommation d'animaux sauvages, une pratique suspectée de favoriser la propagation du nouveau coronavirus.

Craintes sur la demande mondiale d'or noir

Le fragile équilibre entre offre et demande mondiale d'or noir est perturbé depuis maintenant près de deux mois par les dernières évolutions sur le front du coronavirus, dont la propagation devrait entraîner un net reflux de la demande mondiale de brut, même si celui-ci est pour l'heure difficile à chiffrer. Les analystes d'UBS se sont risqués à une estimation et misent sur une baisse de la consommation chinoise de l'ordre d'un million de barils par jour au premier trimestre, à 12,1 millions de barils par jour.

De l'autre côté, le retrait du marché de la quasi-totalité du pétrole libyen à la suite des blocages de terminaux pétroliers par les forces du maréchal Haftar -principal opposant au gouvernement de Tripoli- fait les affaires de l'Opep. La production y a été divisé par dix en quelques semaines, passant de 1,2 million de barils par jour à… 120.000. En temps normal, cette chute brutale de la production d'un membre important de l'Opep aurait fait grimper les cours. Dans ce cas bien précis, elle compense la baisse de la demande chinoise.

Cette baisse tombe d'autant mieux pour les producteurs que les pays membres de l'Organisation et leurs partenaires (parmi lesquels la Russie) ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur une nouvelle réduction de l'offre. Les regards se tournent désormais vers la réunion de l'Opep et de la Russie, les 5 et 6 mars prochain. "Le Wall Street Journal a rapporté vendredi que l'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis allaient discuter, avant la réunion du début mars à Vienne, d'une éventuelle réduction commune de la production pouvant atteindre 300’000 barils par jour" relève John Plassard.

Suffisant pour soutenir les cours ? Rien n'est moins sûr car dans le même temps, les exportations des pays non-membres de l'Opep (États-Unis, Brésil, Norvège, etc.) pourraient augmenter de 2,1 millions de barils cette année, selon une étude d'Oxford Economics.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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