PARIS (Reuters) - Orange et Canal+ ont annoncé mercredi un projet de fusion des chaînes de télévision d'Orange Cinéma Séries avec TPS Star, en créant une co-entreprise détenue à parts égales et dont la gouvernance sera assurée à parité.
L'accord, qui doit encore être validé par les régulateurs, intervient sur fond de refonte de la stratégie de France Télécom dans les contenus, qui mise désormais sur les partenariats pour ses chaînes de cinéma et de sport, renonçant ainsi à créer seul son pôle télévision.
Orange ne sera pas candidat aux prochaines enchères pour les droits télévisés de la Ligue de football professionnel, a ajouté le directeur général du groupe, Stéphane Richard, lors d'une conférence de presse.
"Ces évolutions sur Cinéma Séries et beaucoup sur le sport auront à terme un impact non négligeable sur le P&L (compte de résultat) d'Orange", a-t-il déclaré.
Ces enchères représentaient précédemment un investissement annuel de 200 millions d'euros, soit entre 80% et 90% du budget total de la branche sport.
Pour la reprise d'Orange Sport, le groupe poursuit les discussions, notamment avec Canal+, et se donne jusqu'à la fin 2011 pour trouver un repreneur. La chaîne américaine ESPN avait notamment manifesté son intérêt pour Orange Sports.
Dans le cinéma, une nouvelle chaîne, Orange Ciné Star, qui naîtra de la fusion d'Orange Ciné Max et de TPS Star, sera lancée avant la fin 2011 au prix de 10 à 15 euros par mois, tandis que les quatre autres chaînes du bouquet Orange seront maintenues telles quelles.
"Chacune des activités qu'on rapproche perd de l'argent aujourd'hui", a expliqué Bertrand Meheut, président du groupe Canal+.
"En faisant cette contribution ensemble, on pérennise notre engagement", a poursuivi Stéphane Richard, directeur général de France Télécom.
Orange et Canal+ ont précisé qu'un budget total de 100 millions d'euros par an serait alloué en coût de grille pour la nouvelle chaîne qui sera principalement dédiée au cinéma et aux séries, contre 80 millions d'euros investi par Orange seul précédemment.
PAS D'IMPACT SOCIAL
Aucune sortie de l'une ou l'autre des parties n'est prévue pour l'instant, mais les deux entreprises se sont engagées à discuter ensemble d'abord au cas où l'une d'entre elles voudrait vendre sa participation.
Les deux groupes ont ajouté que l'opération n'impacterait pas l'emploi au sein des chaînes.
Interrogé sur l'impact social de cette opération, le directeur général de France Télécom a répondu : "Sur le fond, il n'y a pas de motif à ces inquiétudes. Ce projet n'a pas pour objectif de réduire les effectifs ou de dégrader les conditions."
Une trentaine de salariés des chaînes Orange étaient présents mercredi après-midi à l'entrée de la conférence de presse pour protester contre ce qu'ils considèrent comme le désengagement de France Télécom dans le domaine des contenus.
"Il ne s'agit pas du tout pour nous de nous retirer des contenus. On s'intéresse aux contenus, mais on veut le faire différemment. On veut pouvoir traiter différents types de contenus à travers des partenariats", a expliqué Stéphane Richard.
Marie Mawad et Gwénaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot
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