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Nicox : Comment trouver le bon équilibre de financement pour une biotech selon le patron de Nicox

lundi 13 janvier 2020 à 18h18
La J.P. Morgan Healthcare Conference vue par les biotechs françaises partie 1

(BFM Bourse) - À l'occasion de la conférence annuelle J.P. Morgan Healthcare, BFM Bourse a interrogé Michele Garufi, PDG de Nicox, une biotech française spécialisée dans le traitement du glaucome.

La conférence annuelle J.P. Morgan Healthcare est le plus grand symposium mondial consacré aux investissements dans le secteur de la santé. Chaque année à la mi-janvier, des milliers d’investisseurs, d’avocats et de banquiers, de sociétés biotechs et medtechs émergentes ainsi que de grands groupes pharmaceutiques, convergent vers Union Square, le quartier central des affaires de San Fransisco, pour trois journées intensives de conférences et d’échanges.

La création de la conférence remonte à 1983, à l’initiative d’Hambrecht & Quist, banque d’investissement spécialisée dans les nouvelles technologies (rachetée par Chase en 2000, elle-même rachetée par J.P. Morgan l’année suivante). Seuls une vingtaine d’intervenants et quelques centaines de visiteurs prirent part à la première édition. Mais l’accent mis sur une discipline alors nouvelle -les sciences du vivant au service de la santé, autrement dit les biotechnologies- a rapidement permis à l’événement d’acquérir une dimension de premier plan.

C’est donc la 38e édition qui se tient du 13 au 16 janvier 2020 au Westin St. Francis de San Francisco, le même hôtel qu’à l’origine. Si les places pour la conférence proprement dites sont extrêmement limitées, et en principe réservées aux clients de J.P. Morgan, une multitude de rendez-vous s’organisent en parallèle aux alentours, un peu comme le “off” d’un festival, ce qui fait bondir le prix des hôtels à cette période.

BFM Bourse a interrogé en exclusivité plusieurs témoins parmi les biotechs et medtechs cotées sur Euronext Paris présentes à la J.P. Morgan Healthcare Conference. Ce lundi, retour sur le point de vue de Michele Garufi, PDG de Nicox, une biotech française spécialisée dans le traitement du glaucome.

Michele Garufi, PDG de Nicox: "Pour une entreprise de biotechnologies, être présente à San Francisco lors de la Conférence permet de faire valoir ses atouts à la fois auprès des investisseurs et auprès des industriels de la pharmacie qui cherchent des produits pour développer leur propre activité. À mes yeux justement ce qui est très important, c’est de trouver le bon équilibre entre ces deux sources de financement et on constate que l’approche est très différente entre le marché américain et le marché européen.

Un partenariat est souvent perçu en Europe comme un élément déterminant de la stratégie d’une biotech. Mais ce ne devrait pas être l’alpha et l’oméga loin de là et je pense que Nicox -qui peut s’appuyer sur de nombreux accords- en est un bon exemple. Notre société dispose certes de deux médicaments, Vyzulta et Zerviate, qui font l’objet d’accords avec de grands partenaires, mais son potentiel se situe d’abord dans son portefeuille de traitements en développement. Il faut toujours considérer que d’un côté les partenaires sont utiles car ils apportent de l’argent et bien sûr la validation d’une technologie, mais si vous licenciez systématiquement les droits de commercialisation de vos principaux produits, la valorisation de votre société restera structurellement capée, l’entreprise devenant une sorte de holding percevant des royalties.

Alors qu’en Europe, certains investisseurs poussent à ce que l’entreprise signe au plus tôt des partenariats, aux Etats-Unis l’attitude est très différente. Si des investisseurs s’intéressent à vous, ce n’est pas pour que vous cédiez les droits de vos meilleurs atouts en abandonnant de facto 80% de leur valeur. Si un fonds américain spécialisé dans les sciences de la vie mise sur vous, son horizon c’est que votre entreprise en vienne à commercialiser ses propres produits, donc conserve 100% de la valeur des médicaments, ou qu’un acquéreur rachète la société sur la base d’une valorisation reflétant ces 100%. Pas pour percevoir un flux de royalties, aussi solides soient-elles. Et si vous regardez les plus grandes réussites de la biotech aux Etats-Unis, vous ne pouvez que constater que ce sont des entreprises qui ont conservé l’essentiel des droits des traitements qu’elles ont développés.

Il est donc très important que les biotechs comprennent où elles peuvent avancer seules et où un partenaire peut réellement leur être utile (par exemple pour certains pays où il serait trop coûteux de développer une force de vente). Dans le cas de Nicox nous sommes un peu dans une situation idéale puisque Vyzulta, traitement du glaucome commercialisé par Bausch + Lomb, avait été licencié à une époque où l’entreprise n’était pas axée sur l’ophtalmologie, tandis que Zerviate est un produit intéressant mais qui ne permettrait pas à lui seul de financer une équipe commerciale. Ce sont deux produits relativement anciens que nous avons licenciés, alors que le gros de notre potentiel réside plutôt dans NCX 470 (traitement de nouvelle génération du glaucome) et NCX 4251 (traitement de la blépharite)".

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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