(BFM Bourse) - Au lendemain d'une légère consolidation (-2%) à l'annonce de la mise en place d'une ligne de financement sur fonds propres avec Kepler Cheuvreux, le titre Navya redécolle et atteint un nouveau plafond annuel alors que le groupe poursuit le déploiement de ses navettes.
Difficile d'échapper au phénomène Navya en ce mois de novembre sur la cote parisienne. Comme en attestent les échanges musclés entre investisseurs convaincus et dubitatifs sur Twitter, la valeur déchaîne les passions, et le flux continu d'annonces mêlées à des rumeurs provoquent de vastes mouvements sur le titre.
Peu après 11h15, celui-ci évolue ainsi à un nouveau sommet annuel (+13,6% à 4,54 euros), dans un volume d'échanges colossal -4,4% du tour de table a changé de mains à ce stade- mais dans la lignée des dernières séances. Celle de lundi a même donné lieu à des volumes de transactions historiques, avec près de 20% du capital échangé, assortis d'un bond de 24,9% du titre en réaction à l'annonce, dans le week-end, de la participation de Navya au projet italien d'autoroute connectée qui bénéficie d'un milliard d'euros de budget global. Cette flambée intervenait en outre après celle de vendredi (+13%), quand le groupe avait annoncé que la ligne de production de son partenaire et actionnaire sud-coréen ESMO était désormais opérationnelle.
La "stratégie des petits pas"
La "stratégie des petits pas" vantée par le patron du groupe Etienne Hermite dans une interview à BFM Bourse semble porter ses fruits, comme en témoigne le flux d'actualité toujours aussi dense.
SB Drive, la filiale de SoftBank dédiée à la mobilité autonome qui s'équipe en navettes de la PME tricolore depuis un partenariat conclu en janvier dernier, a ainsi annoncé mercredi le lancement des premiers services de bus autonomes sur voie publique -avec trois navettes dans un premier temps- à Sakai au Japon, dans une ville "dont la population vieillit rapidement".
Appétit pour la robotique au Japon
Ce détail n'est pas anodin car le patron de Navya évoquait justement cette démographie vieillissante pour souligner l'intérêt japonais pour ce service de mobilité, tout comme leur "appétit pour la robotique". Le groupe est présent sur l'archipel depuis 2014, pour le compte de TEPCO, qui utilise trois navettes pour les employés et les visiteurs à la centrale de Fukushima.
"Nous aimerions étendre nos services dans tout le pays pour offrir une mobilité plus utile", a déclaré Yuki Saji, directeur général de Boldly, qui opère les navettes à Sakai, ajoutant "avoir reçu des demandes de plus de 100 gouvernements locaux depuis l'annonce du lancement de ce service en janvier dernier". Si ce lancement n'a pas fait l'objet d'annonce officielle de la part de Navya, le groupe français a tout de même tenu à féliciter ses partenaires sur LinkedIn.
Ce jeudi, c'est au tour de Kolumbus, partenaire norvégien de Navya, d'annoncer le lancement d'une ligne de bus à Stavanger, ville du sud-ouest du pays, deux mois après le lancement d'un projet pilote de deux bus (baptisées Gudrun et Gérard) à Gjesdal, commune rurale située non loin de Stavanger.
Plus de 800% de rebond depuis mars
Ces annonces successives portent donc le titre à un nouveau plus haut annuel, et même à un sommet depuis début novembre 2018, même s'il reste nettement en-deçà de son prix d'introduction (fin juillet de la même année) à 7 euros, déjà nettement abaissé par rapport à la fourchette initiale comprise entre 9 et 12 euros. Depuis son creux annuel touché à 50 centimes d'euro fin mars, le titre affiche un rebond de 808%, ce qui porte à plus de 350% sa performance depuis le 1er janvier. La valorisation du groupe atteint pour sa part plus de 130 millions d'euros.
Très volatil et hauteur de spectaculaires variations intra-journalières, le titre a néanmoins flanché mercredi matin, lâchant plus de 12% à l'ouverture avant de limiter son recul à 2% en clôture, à l'annonce de la mise en place d'une ligne de financement en fonds propres avec Kepler Cheuvreux, sur fond de craintes de dilution. "Conformément aux termes de l’accord, Kepler s’est engagé à souscrire un maximum de 5.800.000 actions (représentant, à titre indicatif, un montant d’émission de 18 millions d'euros) à sa propre initiative, sur une période maximale de 24 mois (...) Dans l’hypothèse d’une utilisation en totalité de cette ligne de financement, un actionnaire détenant 1,00% du capital de Navya avant sa mise en place, verrait sa participation passer à 0,84% du capital sur une base non diluée" indique le communiqué.
"Cette opération est motivée par notre souhait d’accroître notre flexibilité financière pour l’exécution de notre feuille de route R&D (recherche et développement, NDLR). Dans cette perspective, cette ligne sécurise notre plan de financement et nous apporte une réponse modulable, permettant d’ajuster l’utilisation de la ligne selon nos véritables besoins" ajoute Etienne Hermite. Navya disposait d’une trésorerie de 22 millions d'euros au 20 novembre, contre 27,4 millions fin août, et le renforcement de ses fonds propres permettra, selon le dirigeant, "de poursuivre les investissements dans le développement de notre technologie" et ainsi de positionner le groupe "comme le partenaire de référence pour la fourniture de systèmes de conduite autonome de niveau 4" (sans conducteur).
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