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Navya : Navya déploie ses navettes autonomes à travers le monde

dimanche 18 octobre 2020 à 08h00
Etienne Hermite, président de Navya

(BFM Bourse) - Spécialiste tricolore des solutions de mobilité autonome, le groupe rhodanien Navya poursuit son développement et le déploiement de sa technologie, qu'il exporte désormais dans 22 pays. Le président du directoire Étienne Hermite fait le point.

Après avoir douloureusement déçu au cours de ses premiers mois de cotation, avec une série d'avertissement ayant abouti au remaniement de sa direction, Navya relève la tête. En hausse de 175% depuis le 1er janvier à la clôture de vendredi, le titre a nettement accéléré depuis le déploiement en France de ses premiers véhicules autonomes de niveau 4 (sur une échelle allant jusqu'à 5), en juillet dernier. Très suivie par les petits porteurs, la société positionnée sur un créneau a priori porteur jouit depuis quelques mois d'un regain d'intérêt. Fondé en 2014 sur les cendres encore fumantes d'un groupe en liquidation, Induct, qui avait lancé un minibus électrique sans chauffeur baptisé Navia (pour NAVigation par Intelligence Artificielle), dont quelques unités avaient été commercialisées à titre expérimental, Navya tisse désormais son réseau de partenaires à travers le monde. Le point avec Étienne Hermite, qui a repris les commandes l'année dernière.

BFM Bourse: Quel est le cœur de métier de Navya ?

Étienne Hermite, président du directoire de Navya: Nous développons des systèmes de conduite autonomes de niveau 4, propulsé par des logiciels, qui permettent à un véhicule de roulet tout seul sous certaines conditions d'exploitation (type de route, météo, etc.). Ces systèmes fonctionnent avec des capteurs [10 capteurs LIDAR, 6 caméras, 4 radars, 2 antennes GNSS et 1 centrale inertielle, NDLR] placés sur le véhicule, qui détectent et catégorisent les obstacles grâce à des algorithmes de "deep-learning" (développés en interne). Le véhicule perçoit ainsi son environnement et est capable de prendre des décisions. Notre métier est donc de développer ces systèmes-là et tout ce qui va avec (supervision, maintenance, etc.).

Nous avons déployé cette technologie sur deux types de véhicules, des navettes (Autonom Shuttle Evo) et des tracteurs autonomes pour la logistique (Autonom Tract) qui servent, par exemple, à déplacer des bagages dans des aéroports ou des pièces sur des sites industriels.

BFM Bourse: À quoi correspond un système de conduite autonome de niveau 4 ?

Étienne Hermite: Le niveau 4 (sur 5) permet d’avoir un véhicule totalement autonome, c'est-à-dire sans opérateur de sécurité à bord. Contrairement au niveau 5 qui exclut toute intervention humaine, le système de niveau 4 peut encore proposer au conducteur d’intervenir, mais peut aussi opérer sans lui, dans certaines conditions d'exploitation, avec des restrictions de l’ordre de la vitesse, du type de circuit (fermé ou pas), de l'environnement (piétons ou pas), etc. La technologie est aujourd'hui suffisamment mature pour commencer à faire du niveau 4 qui rend des services importants, tant dans le transport de biens que de passagers. Rien qu'en France, plus de 1000 sites, plutôt privés, sont qualifiables pour le transport à l'aide de ces systèmes de niveau 4.

BFM Bourse: Où en êtes-vous niveau déploiement?

Étienne Hermite: Notre stratégie des petits pas commence à montrer de belles choses. Une de nos dernières annonces a d'ailleurs reçu un accueil assez favorable en juillet [plutôt très favorable puisque le titre a bondi de 36%, 48% puis 73% lors de trois séances consécutives, NDLR]. Nous avons lancé un premier service de navettes en autonomie complète de niveau 4 au sein du Centre national de tir sportif de Châteauroux, en partenariat avec le transporteur Keolis, afin de permettre aux athlètes et aux visiteurs d’effectuer leurs déplacements du parking à l’accueil. D’une distance de 1,5 km, ce parcours s’effectue à une vitesse maximale de 18 km/h et prouve que notre système est suffisamment sûr pour qu’on le fasse rouler tout seul, sans opérateur de sécurité. Cette étape franchie est importante car elle nous rapproche de la maturité de la technologie, et nous pouvons désormais proposer un vrai service, ce qui va nous permettre de déverrouiller le potentiel commercial de notre système. Nous expérimentons également notre système à Lyon, avec des navettes entre le dernier arrêt de tramway et le Groupama Stadium, dans un environnement urbain et complexe avec des feux, des voitures, un trafic mixte, on sait faire aussi mais on n'est pas encore en mesure d'y retirer le superviseur comme on l'a fait sur des sites privés, notamment à Châteauroux.

BFM Bourse: Avez-vous également des ambitions à l'international ?

Étienne Hermite: Bien sûr, nous sommes déjà présents dans 22 pays, où nous avons pour l'heure vendu 170 navettes équipées de nos systèmes [à un prix unitaire de 275.000 euros, elles peuvent accueillir 11 personnes assises et 4 debout, NDLR], et nous tissons un réseau de partenariats à travers le monde avec des acteurs en mesure d’utiliser nos systèmes. Nous avons entamé le déploiement au Japon, en Corée, à Singapour ou encore au Moyen-Orient, qui sont des zones très favorables. Cela nous permet de comprendre les besoins de nos clients dans différentes régions du monde et de préparer le terrain à un déploiement plus important à mesure que la technologie devient plus mature. Au Moyen-Orient par exemple, les véhicules autonomes vont devenir très importants car les gens ne marchent pas dans la rue. Au Qatar, quand un métro est inauguré, il faut pouvoir couvrir les 500 mètres qui sépare le domicile des gens de la station, car il fait trop chaud pour marcher sur les trottoirs. Autre exemple, au Japon, il y a beaucoup de personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer à pied, couplé à manque cruel de chauffeurs -ce qui est vrai un peu partout dans le monde- donc nos solutions apportent une réponse parfaite, d'autant que le Japon est très friand de robotique. Concrètement, nos systèmes visent à adresser la question du premier et du dernier kilomètre, et ils intéressent énormément de monde.

BFM Bourse: Et la suite maintenant pour vous, c'est quoi ?

Étienne Hermite: L'objectif est de continuer à faire progresser la technologie pour que le superviseur puisse superviser deux navettes, puis quatre, etc. Nous ne sommes pas des opérateurs, nous vendons notre système à des clients qui vont l'installer sur leur flotte de véhicules (Navya développe des solutions de mobilité sur mesure, baptisées Driven by Navia, qui permettent d'intégrer la technologie sur des plateformes tierces) ou opérer la navette qu'on leur fournit. Le modèle économique vers lequel on tend, c'est la vente de licences logicielles, on vend de la puissance de calcul. À terme, on peut imaginer de multiples usages pour notre technologie mais on a vocation à équiper des flottes avec notre système, pas à fabriquer des milliers de véhicules.

Propos recueillis par Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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