(BFM Bourse) - Le spécialiste des navettes autonomes est parvenu à obtenir un prêt d’une société de capital-risque basée au Bahreïn pour un total de 30 millions d’euros. Le titre prend plus de 30%.
Alors que les taux d’intérêt remontent fortement, Navya réussit le tour de force de se financer par de la dette et à des conditions très raisonnables.
Le spécialiste des navettes autonomes a annoncé lundi avoir obtenu un prêt de 30 millions d’euros auprès d’Eshaq Investment Company, une société de capital-risque basée au Bahreïn. Ce prêt a été conclu pour une durée de 10 ans au taux de 3% par an. Les intérêts sont payables annuellement à compter de la deuxième année, et le principal est remboursable in fine. "Aucune pénalité n’est due par Navya en cas de remboursement anticipé du prêt", a expliqué la société.
Pour Sophie Desormière, président du directoire de Navya, "ce financement nous permet de sécuriser notre trésorerie et de poursuivre le développement de notre roadmap [feuille de route, NDLR] technologique et industrielle".
Des conditions "exceptionnelles"
"Les conditions exceptionnelles consenties par les équipes d’Eshaq Investment témoignent de leur confiance dans nos technologies et services ainsi que dans la pertinence et la rentabilité de nos business models", a-t-elle assuré.
Navya est donc parvenu à sécuriser un nouveau financement sans passer par une nouvelle dilution pour ses actionnaires. Le marché apprécie clairement la nouvelle: l’action Navya bondit ainsi de 33% vers 11h10. Cette progression doit toutefois être mise en perspective avec le faible nominal de l’action (0,081 euro) ainsi qu’avec la chute du titre, qui plonge de plus de 97% depuis le 1er janvier, malgré la hausse de ce lundi.
Le titre Navya a notamment été pénalisé par la décision du groupe de recourir, fin juillet, à une émission d'OCABSA, pour un montant total de 36 millions d’euros, si la société tire toutes les tranches. Ce mode de financement, qui associe des obligations convertibles en action (OCA) à des bons de souscriptions en action (BSA), permet à des entreprises fragiles et exclues du marché du crédit de trouver rapidement de l’argent frais pour assurer leur fonctionnement. Néanmoins, ce procédé s’accompagne généralement d’une forte dilution pour les actionnaires car l’intermédiaire financier qui souscrit ces titres a ensuite vocation à céder les actions obtenues sur le marché. L'Autorité des marchés financiers (AMF) a plusieurs fois alerté sur les risques liés à ces instruments.
Plus de 20 millions d'euros de pertes en 2020 et 2021
Navya a indiqué que ce financement dilutif se cumulait avec le prêt annoncé ce lundi. Notons d’ailleurs que l’émission d’OCABSA avait été réalisée avec Negma, une société d’investissement basée à Dubaï aux Emirats arabes unis, soit un autre pays du Golfe.
Navya avait estimé mi-novembre que le solde des OCABSA non tirées, de 30,25 millions d’euros à ce moment, lui permettait de couvrir ses besoins de financements sur les douze prochains mois. A supposer que les besoins en trésorerie du groupe ne varient pas fortement au cours des prochains mois, le prêt obtenu au Bahreïn devrait théoriquement étendre son horizon de financement - qui n’a pas été précisé par le groupe - jusqu’au deuxième semestre 2024, au moins.
Pour donner un ordre de grandeur, les pertes nettes accusées par Navya en 2021 et 2020 s’étaient inscrites à 24 millions et 23,7 millions d’euros respectivement.
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