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Moderna

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Moderna : Au-delà du coronavirus, la valorisation record de Moderna traduit le potentiel de l'ARNm

mardi 1 décembre 2020 à 17h49

(BFM Bourse) - Battant avant même son IPO tous les records pour une biotech, Moderna dépasse désormais 60 milliards de dollars de capitalisation (davantage que les trois quarts des sociétés du CAC 40) alors que les autorités américaines pourraient autoriser avant la fin de l'année l'utilisation de son vaccin contre le coronavirus. Une étape qui validerait un potentiel beaucoup plus large pour sa plateforme technologique fondé sur l'ARN messager, ou ARNm.

Positionnée sur une technologie avant-gardiste et encore largement inconnue du grand public début 2020, la société Moderna est devenue l'une des entreprises du médicament les plus médiatisées en raison de son rôle pionnier dans la mise au point d'un vaccin contre le nouveau coronavirus, et a vu son cours de Bourse pratiquement septuplé par rapport à fin 2019.

Et le titre ne paraît pas devoir s'arrêter en si bon chemin. Il enchaîne depuis une semaine les sommets historiques alors que le vaccin de Moderna pourrait être autorisé, et commencé à être administré, avant même la fin de 2020. Pour la première fois dans l'histoire, une réponse vaccinale serait ainsi disponible pratiquement l'année même de l'apparition d'une pandémie.

À l'ouverture du Nasdaq mardi, l'action a inscrit un énième pic à 177,86 dollars, avant de modérer quelque peu son avance à +4,89% à 160,20 dollars, soit près de 64 milliards de dollars de capitalisation, pour une entreprise n'ayant encore commercialisé aucun produit.

Fondée en 2009 par Derrick Rossi, professeur à l'école de médecine de Harvard spécialisé dans les cellules souches, avec la tutelle de l'inévitable Robert Langer, qui est à la fois l'un des scientifiques et des entrepreneurs les plus respectés des Etats-Unis, Moderna (à l'origine "ModeRNA", RNA désignant en anglais l'acide ribonucléique) n'a en fait pas attendu de se trouver propulsée sous les feux de l'actualité pour s'inscrire dans les annales financières.

Dirigée depuis 2011 par Stéphane Bancel, un Français qui a quitté la direction de bioMérieux pour prendre les rênes de l'entreprise, Moderna avait levé auprès d'investisseurs privés plus de 2 milliards de dollars, avant de signer en 2018 la plus grosse introduction en Bourse d'une biotech au Nasdaq. L'opération avait rapporté 620 millions de dollars, sur la base d'une valorisation totale de 7,5 milliards de dollars.

La technologie mise au point par l'entreprise consiste à programmer l'ARN messager (sorte de version de travail de l'ADN) de manière à ce que l'organisme du patient fabrique lui-même les protéines nécessaires à se protéger, ouvrant des possibilités thérapeutiques considérables. La plupart des traitements se heurtent en effet à une barrière intrinsèque: la tolérance de l'organisme face à une molécule extérieure, fût-elle à visée thérapeutique. En conduisant le corps humain à fabriquer lui-même les protéines dont il a besoin pour se soigner, on élimine potentiellement les risques de rejet et/ou d'effets secondaires, ce qui permet d'envisager une efficacité sans équivalent.

Les résultats des trois premiers candidats vaccins commerciaux contre le coronavirus semblent accréditer cette thèse : le projet mRNA-1273 de Moderna, mais aussi le BNT162b2 de BioNTech/Pfizer, élaboré selon un principe analogue, ont démontré un taux d'efficacité sur les patients volontaires significativement supérieur à celui d'AstraZeneca - même si l'efficacité obtenue avec ce dernier reste appréciable en regard des standards habituels, sans évoquer le fait qu'il faudrait un essai comparant directement ces vaccins l'un à l'autre pour établir une supériorité avec certitude.

Néanmoins, les données disponibles à ce jour semblent favoriser la piste de l'ARN messager. "Les investisseurs tendent désormais à estimer que les vaccins à ARNm vont conquérir la majorité du marché américain, étant donné les préoccupations grandissantes vis-à-vis des vaccins à adénovirus et en particulier les récentes données d'AstraZeneca", a mentionné Matthew Harrison, analyste chez Morgan Stanley. Beaucoup plus classique dans son approche, le projet du groupe britannique consiste à injecter une version atténuée du virus pour générer une réponse immunitaire.

Face à la pandémie les agences sanitaires sont déterminées à agir le plus vite possible pour en limiter les conséquences, dramatiques tant en termes de vies humaines que de retombées économiques. L'objectif des autorités américaines est de permettre à tous ceux qui le souhaitent bénéficier de la protection offerte par le vaccin d'ici juin 2021.

Ce calendrier extrêmement resserré permettrait aux laboratoires de recueillir, en un temps inhabituel, les fruits de leurs efforts. Les contrats divulgués à ce jour avec le gouvernement américain, la Grande-Bretagne ou l'Europe devraient ainsi permettre à Moderna d'enregistrer de premiers revenus significatifs de façon nettement anticipée par rapport à son plan de marche, les analystes tablant sur environ 4,5 milliards de dollars à horizon 2021. La firme ne donne pas d'objectifs de revenus, mais pense être en mesure de livrer entre 500 millions et 1 milliard de doses de vaccin l'année prochaine.

L'engouement vis-à-vis de Moderna s'explique donc en premier lieu par ce coup de boost, par définition imprévisible il y a un an, mais également par l'étendue du potentiel de sa plateforme, que la quête d'un vaccin contre le coronavirus n'a fait que rendre plus visible.

"Sans l'urgence du défi face au Covid, combien d'années aurait-il fallu pour que [la technologie basée sur] l'ARNm soit validé? Cela provoqué une accélération comparable à ce qu'a été le moonshot [la course à la lune lancée par le président Kennedy et qui a abouti en dix ans aux premiers pas de l'homme sur la lune, NDLR] pour certaines technologies", a résumé Brad Loncar, investisseur réputé dans le domaine des biotechnologies, créateur de plusieurs fonds indiciels spécialisés.

Le vaccin mRNA-1273 n'est en effet que l'un des 17 projets de Moderna déjà en développement clinique - projets qui représentent en cumulé plusieurs fois le potentiel du vaccin contre le Covid. Chez Brookline Capital, l'analyste Leah R. Cann entrevoit 77,1 milliards de dollars de ventes d'ici 2030, sans intégrer les projets en stade plus précoce qui pourraient aboutir d'ici là. Outre les maladies infectieuses, comme Zika ou le virus respiratoire syncitial (RSV), la firme s'attaque surtout au cancer, un marché malheureusement beaucoup plus important.

Outre la commercialisation potentielle de son premier vaccin, 2021 devrait donc marquer un point d'inflexion pour Moderna avec des données attendues dans six indications importantes et l'objectif d'accroître encore son portefeuille de traitements en développement cliniques, pour atteindre 30 projets cliniques.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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