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MICHELIN

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Michelin : Entre des ventes et des volumes qui déçoivent, «la marge de manœuvre se réduit» pour Michelin qui chute de 6% en Bourse

Aujourd'hui à 12:20
Michelin chute en Bourse après la publication de ses informations financières

(BFM Bourse) - Le chiffre d’affaires du pneumaticien est ressorti légèrement inférieur aux attentes au troisième trimestre, principalement en raison de volumes plus faibles que prévu. Michelin a cependant confirmé ses objectifs annuels.

Sans surprise, Michelin a publié mardi soir, après la clôture du marché, des chiffres du troisième trimestre en demi-teinte.

Le pneumaticien clermontois a réalisé un chiffre d’affaires de 6,49 milliards d’euros au troisième trimestre 2026, en hausse de 3,9% sur un an. Ce montant ressort légèrement inférieur au consensus de 6,55 milliards d’euros et à la prévision de Barclays de 6,72 milliards d’euros.

L’écart provient essentiellement des volumes. Les ventes aux distributeurs (sell-in) ont reculé de 0,6%, alors que le consensus tablait sur une hausse de 0,6% et Barclays sur une progression de 2,3%. L’effet "prix-mix" s’est également révélé légèrement moins favorable que prévu, à +1,5%, contre +1,7% attendu par le marché.

L'effet "prix-mix" désigne la capacité de Michelin à tirer les prix vers le haut et à orienter ses ventes vers des produits et des régions avec des tarifs plus élevés.

"Après le discours prudent de Michelin début octobre et les signaux peu encourageants envoyés par ses concurrents européens haut de gamme, les inquiétudes des investisseurs concernant les volumes s’étaient clairement renforcées à l’approche de la publication du troisième trimestre, malgré une base de comparaison favorable propre au groupe. Elles se sont révélées fondées", avance Barclays.

Le rebond des volumes n’est plus attendu au quatrième trimestre

La faiblesse des volumes constituait le principal enjeu de la publication. Selon Barclays, les ventes auraient été globalement stables en première monte (équipements et composants pour équiper les véhicules neufs en usines, NDLR) et auraient reculé de 0,6% sur le marché du remplacement.

"Alors que le groupe avait indiqué viser une croissance des volumes supérieure à 1% au second semestre, la déception annoncée aujourd’hui, principalement liée à des ventes plus faibles en première monte, explique l’essentiel de l’écart entre le chiffre d’affaires publié et le consensus", avance Citi.

La marque Michelin continue de surperformer, avec une croissance estimée à 2% au troisième trimestre, mais ralentit nettement par rapport aux 5% enregistrés au premier semestre. Cette progression ne suffit pas à compenser une nouvelle baisse, que le bureau d'études estime à deux chiffres, des marques Tier 2 (milieu de gamme cille Kleber, BFGoodrich) et Tier 3 (entrée de gamme), pénalisées par les importations à bas prix, notamment en Europe.

L’Amérique du Nord, qui représente environ 40% du chiffre d’affaires, "demeure difficile", pointe Jefferies. Michelin continue néanmoins de surperformer dans les pneus de remplacement pour véhicules de tourisme et dans l’activité minière.

Dans les poids lourds, la première monte nord-américaine s’est redressée au troisième trimestre et devrait poursuivre sa reprise jusqu’au moins au premier semestre 2027. À l’inverse, le marché du remplacement a basculé d’une légère croissance au premier semestre à une baisse d’environ 5 % au troisième trimestre.

L’effet prix redevient positif

La principale satisfaction vient des prix, remarque Barclays. L’effet prix est redevenu positif, à 0,4%, après -1,1% au deuxième trimestre. Les hausses tarifaires mises en œuvre devraient permettre de couvrir environ 80% de l’inflation en 2026, le solde devant être récupéré au premier semestre 2027 grâce aux clauses d’indexation dans la première monte, ajoute l'intermédiaire financier.

Le mix s’est toutefois révélé moins favorable qu’attendu. Barclays souligne le ralentissement plus marqué de la marque Michelin ainsi qu’une répartition moins favorable entre la première monte et le remplacement, notamment dans les pneus pour véhicules de tourisme.

Citi attend aussi davantage de précisions sur les pressions liées aux coûts logistiques et à l’électricité, ainsi que sur la capacité du groupe à les répercuter dans ses prix sans affaiblir davantage la demande.

"En Europe, les stocks constitués avant l’entrée en vigueur des mesures antidumping de juillet retardent leurs effets positifs. Ils continuent de peser sur les marques Tier 2 et Tier 3, tandis que les capacités industrielles dans les activités Tourisme et Poids lourd restent utilisées à seulement 77-78%", détaille Jefferies.

Des objectifs annuels confirmés

Michelin a maintenu ses perspectives pour 2026. Le groupe vise toujours un résultat opérationnel à changes et périmètre constants, supérieur aux 2,7 milliards d’euros réalisés en 2025, ainsi qu’un free cash-flow supérieur à 1,6 milliard d’euros.

"Les prévisions sont confirmées, mais la marge de manœuvre se réduit", résume Barclays ce mercredi matin.

Pour Citi, cette confirmation des objectifs annuels était déjà anticipée et ne compense pas la déception sur les volumes. La banque s’attend donc à une sous-performance modérée du titre et attend davantage de visibilité sur la trajectoire de la demande et des coûts en 2027.

"Nous nous attendons à ce que l’action sous-performe demain, avec une baisse de quelques pourcents, et espérons obtenir des indications plus précises sur les raisons et les modalités d’un éventuel redressement des volumes au quatrième trimestre, nécessaire pour terminer 2026 sur une évolution positive", avance le bureau d'études.

"Nous attendons également davantage de précisions sur les nouvelles pressions liées aux coûts logistiques et à l’électricité, sur leur incidence au second semestre et en 2027, ainsi que sur les politiques de couverture mises en place. Enfin, la question sera de savoir dans quelle mesure Michelin pourra répercuter ces surcoûts dans ses prix sans pénaliser davantage la demande et les volumes", détaille Citi.

Jefferies adopte une lecture plus constructive. Le consensus table sur un résultat opérationnel publié de 2,8 milliards d’euros, incluant environ 50 millions d’euros d’effet périmètre et un soutien des changes au second semestre. Le bureau d’études estime donc que les attentes actuelles du marché pourraient être trop faibles.

À la Bourse de Paris, Michelin chute de 6% vers 12h20 au lendemain de la publication de ses informations financières. Le titre signe ainsi la deuxième plus forte baisse du CAC 40, derrière Carrefour, qui connaît une séance cauchemardesque après avoir abaissé ses objectifs en raison des tensions sociales en France.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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