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MEDINCELL

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Medincell : Malgré une hausse des redevances liées aux ventes d'Uzedy, la biopharma Medincell creuse ses pertes annuelles et chute de 15% en Bourse

Aujourd'hui à 11:40
Medincell chute après ses résultats annuels

(BFM Bourse) - La société de biopharmacie spécialisée dans les médicaments injectables a dévoilé des résultats annuels inférieurs aux attentes. Son action est la lanterne rouge sur le SBF 120.

Medincell souffre en Bourse après la publication de ses résultats annuels. Son action lâche plus de 15% mercredi 17 juin à la Bourse de Paris vers 11h20, pointant à la dernière place du SBF 120, que la société a intégré en décembre 2024.

Sur l'exercice 2025-2026 clos fin mars, la société de biopharmacie spécialisée dans les médicaments injectables a dévoilé des produits d'exploitation et autres produits de 24,27 millions d'euros, en baisse de 12% sur un an.

Ces revenus s'avèrent inférieurs aux attentes. Selon un consensus (prévision moyenne des analystes) cité par Allinvest Securities, les revenus étaient attendus à 31,6 millions d'euros.

L'écart provenant essentiellement par l'absence de paiements d’étapes sur l'exercice écoulé, ce qui a créé un effet de comparaison défavorable pour Medincell. En 2024-2025, Medincell avait enregistré des paiements d'étape de 4,8 millions d'euros, liés à la finalisation de l’étude de phase III d’Olanzapine LAI, souligne TP ICAP Midcap.

Ce traitement est développé avec son partenaire Teva. L'Olanzapine LAI est une injection sous-cutanée mensuelle à action prolongée d'olanzapine, l’antipsychotique le plus prescrit aux Etats-Unis pour le traitement de la schizophrénie.

"L'absence de ces revenus non récurrents explique en grande partie la baisse du revenu total par rapport à l'année précédente", consent Medincell dans un communiqué.

Une perte opérationnelle creusée

Ces revenus inférieurs aux attentes ont, note le bureau d'études, pour effet de porter la perte opérationnelle à -20,7 millions d'euros, contre un déficit de 10,8 millions d'euros en 2024-2025. Là aussi, la perte opérationnelle est plus lourde qu'anticipé par TP ICAP Midcap (-11,8 millions d'euros).

Les dépenses opérationnelles courantes de Medincell ont progressé sur un an s’élevant à 45 millions d'euros. Le groupe explique qu'elles sont le reflet de l’accélération anticipée des investissements de recherche et développement, et dans la plateforme, ainsi que la montée en puissance des fonctions commerciales, de business développement et de support.

"Dans l'attente de la montée en puissance de l'Olanzapine LAI, Medincell a fait des investissements, qui ont eu pour effet de creuser la perte cette année. Ce qui explique aussi la réaction du titre ce matin", avance Alain Du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business, ce mercredi 17 juin.

Jefferies pointe que ces charges opérationnelles plus élevées vont décaler l'atteinte de la rentabilité opérationnelle au cours de l'exercice 2027-2028, que le bureau d'études attendait plus tôt, à l'exercice 2026-2027.

La perte nette s'est aussi creusée, à -31,3 millions d'euros en 205-2026 contre un déficit de 18,4 millions d'euros en 2024-2025. Elle intègre un résultat financier négatif à -10,6 millions d'euros dont -5,4 millions d'euros qui sont liés à la revalorisation de la juste valeur liée aux bons de souscription d'actions (BSA) accordés à la Banque européenne d'investissement (BEI), conséquence de la hausse du cours de l'action Medincell.

TP ICAP Midcap signale que ce mécanisme est appelé à disparaître à l’issue de l’assemblée générale de septembre 2026 qui doit approuver le changement de cadre contractuel qui fait suite au renoncement de la BEI à l’option de vente attachée à ses BSA.

Une montée en puissance des redevances liées à Uzedy

La publication de Medincell recèle cependant des éléments positifs. D'une part, le groupe fait part d'une montée en puissance des redevances (royalties) liées aux ventes d'Uzedy, un traitement contre la schizophrénie que le groupe français a développé avec le laboratoire israélien Teva Pharmaceuticals.

Depuis mai 2023, ce traitement est déjà approuvé aux États-Unis pour la schizophrénie chez l’adulte par injection sous-cutanée mensuelle ou bimestrielle. Et depuis octobre 2025, il est aussi prescrit toujours aux États-Unis pour les troubles bipolaires de type I (troubles caractérisés par des épisodes maniaques sévères qui durent au moins une semaine, souvent suivis de dépressions profondes, NDLR).

Ces royalties ont atteint 9,3 millions d'euros en 2025-2026 contre 6,5 millions d'euros en 2024-2025 et 1,7 million d'euros en 2023-2024.

Ces royalties représentant désormais près de 50% du chiffre d'affaires annuel de Medincell, contre 26% en 2024-2025 et 19% en 2023-2024, note TP ICAP Midcap. "Cette trajectoire conforte la stratégie de Medincell de construire un modèle économique fondé sur des flux diversifiés de revenus récurrents de royalties.

Aussi, Medincell "dispose d'une trésorerie confortable" apprécie le bureau d'études, atteignant 84,8 millions d'euros, après une levée de fonds réalisée en mars 2026 d'un montant de 48,2 millions d'euros.

"Une solide situation de trésorerie, à hauteur de 84,8 millions d’euros, soutient le financement jusqu’à l’atteinte de la rentabilité", indique Stifel.

Un programme riche

La société a profité de cette publication annuelle pour faire le point sur ses programmes cliniques en cours de développement. Ces jalons soutiennent la lecture du dossier, ajoute Allinvest Securities.

Le prochain catalyseur majeur pour Medincell est l’autorisation aux États-Unis et le lancement commercial dans la foulée de l’olanzapine LAI, prévu au quatrième trimestre 2026, rappelle Stifel.

En Europe, le dossier pour ce traitement de la schizophrénie chez l'adulte à libération prolongée d'Olanzapine a été accepté par l’agence européenne du médicament en mai 2026.

Medincell ajoute que le premier programme avec le laboratoire américain Abbvie devrait achever ses activités CMC (Chemistry, Manufacturing, and Controls) en 2026 pour une entrée en développement clinique en 2027. Les deux entreprises avaient signé un accord en 2024 de co-développement et de licence pour développer une nouvelle génération de traitements injectables à action prolongée.

Stifel attendait un lancement beaucoup plus tôt de ce programme, en 2026.

En parallèle, le partenaire de Medincell, Arthritis Innovation Corporation (AIC), qui finance et conduit les activités de développement clinique de mdc-CWM dans la douleur postopératoire, finalise la préparation du deuxième essai de Phase III pour un démarrage prévu 2026.

En revanche, Medincell évoque des modifications apportées à la procédure réglementaire qui vont entraîner un retard du lancement de l'essai clinique de mdc-WWM (contraception – 6 mois) dont l’impact est en cours d’évaluation.

Enfin, Medincell indique développer 15 programmes actifs présentant un potentiel commercial significatif pour plusieurs candidats dont huit sont des programmes financés par des partenaires et susceptibles de se concrétiser par des accords de licence.

"Les fondamentaux restent en ligne, il faut appréhender cette société à l'horizon 2030. A cette échéance, les analystes estiment que la société pourrait générer 300 millions d'euros de chiffre d'affaires et 200 millions de résultat brut d'exploitation, rien qu'avec ces deux médicaments (Uzedy et Olanzapine LAI, NDLR)", fait aussi valoir Alain Du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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