(BFM Bourse) - Le numéro 1 mondial du secteur, considéré comme le grand baromètre du luxe, a déçu avec ses chiffres, ce qui crée un sentiment général d'aversion au risque pour la totalité du compartiment.
De par la grande diversité de ses métiers et de ses 75 maisons, LVMH demeure le grand baromètre général du luxe.
Jefferies l'écrivait encore en début de semaine: "étant donné l'ampleur et l'omniprésence de LVMH, nous continuons à considérer le groupe comme un indicateur de (la bonne santé du) secteur."
On ne s'étonnera donc pas que la copie rendue par le numéro 1 du luxe, mardi soir, provoque des remous sur l'ensemble des groupes de luxe et non pas seulement sur son propre cours.
Ce mercredi 28 janvier, l'action LVMH chute de 7,8% en milieu d'après-midi, accusant de loin la plus forte baisse de l'indice parisien.
Kering souffre, reculant de 3,3%, Hermès tangue (-1,7%), Richemont plie à Zurich (-1,3%), Burberry grimace à Londres (-3,2%) et Moncler recule à Milan (-2,7%).
>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
Activité "terne" dans la mode et maroquinerie
Le marché sanctionne une activité pas assez rassurante à son goût au niveau de la "mode et maroquinerie". La division amirale de LVMH a accusé un repli de 3% en données comparables au quatrième trimestre, un chiffre pile poil en ligne avec le consensus (la prévision moyenne) des analystes.
Bernstein pointe toutefois une activité "terne" dans cette division. Barclays, pour sa part, estime que les investisseurs attendaient probablement mieux qu'un chiffre simplement en ligne avec les attentes dans la "mode et maroquinerie".
"Après les publications des chiffres d'affaires de Richemont et Burberry qui ont surpris à la hausse, notamment en ce qui concerne les performances des consommateurs chinois, nous pensons que les résultats de LVMH pourraient conduire à un peu plus de prudence sur le secteur", tranche la banque britannique.
Jefferies, de son côté, estime que le repli de LVMH traduit plusieurs éléments. La banque évoque "une probabilité accrue de circonspection quant à la mesure dans laquelle l'amélioration de la demande dans le 'cluster' (la clientèle, NDLR) chinois peut permettre au secteur d'enregistrer un important gain de croissance en 2026, ceci alors que le leader mondial du luxe a vu un élan inchangé au quatrième trimestre après l'inflexion forte au troisième".
La directrice financière, Cécile Cabanis, a indiqué, lors de la conférence de présentation des résultats, que les clientèles du groupe s'étaient globalement comportée de la même façon au quatrième trimestre qu'au troisième.
En Chine, l'activité a été positive pour la clientèle locale et en amélioration pour "l'offshore" (les dépenses des consommateurs chinois à l'étranger, au Japon par exemple), a-t-elle précisé.
Pas de moment "eurêka"
Jefferies cite aussi "la confirmation que le consensus sous-estime l'impact des vents contraires croissants des devises en 2026 pour le leader du marché et plus largement pour le secteur dans son ensemble".
Conclusion de la banque: les résultat de LVMH ne constituent pas "un moment eurêka" pour le luxe.
"Après les publications des chiffres d'affaires de Richemont et Burberry qui ont surpris à la hausse, notamment en ce qui concerne les performances des consommateurs chinois, nous pensons que les résultats de LVMH pourraient conduire à un peu plus de prudence sur le secteur", tranche de son côté Barclays.
Bank of America constate, dans une note publiée ce mercredi, qu'à l'heure actuelle cinq groupes de luxe ont rendu leurs copies en Europe (LVMH, Richemont, Burberry, Brunello Cucinelli et Salvatore Ferragamo).
"Jusque-là tout va bien? Pas vraiment c'est plutôt mitigé", écrit la banque.
Cette dernière calcule que la croissance moyenne pondérée des cinq sociétés s'est établie à 2% au quatrième trimestre 2025 soit deux points de pourcentage de moins qu'au troisième. "Toutes les régions ont affiché un ralentissement à l'exception du Japon'", note la banque américaine.
Bank of America s'attend toutefois à ce que les publications du premier trimestre constituent davantage des catalyseurs pour les actions du secteur que celles du quatrième trimestre 2025.
Car elles "permettront de mieux appréhender la forme que prendra la reprise cyclique grâce à une base de comparaison plus favorable, certains facteurs structurels commençant déjà à jouer en sa faveur (nouveaux produits, certaines marques proposant des prix plus bas, etc.)", écrit l'établissement.
Depuis le début de l'année le secteur du luxe vacille, plombé par des publications ternes et par les nouvelles menaces sur les droits de douane brandies par l'administration américaine.
L'indice paneuropéen "Stoxx Europe Luxury 10" chute de 10,12% depuis le 1er janvier.
Recevez toutes les infos sur KERING en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email
