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LVMH

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Lvmh : L'activité de la mode et maroquinerie de LVMH laisse la Bourse sur sa faim, l'action chute de 7%

Aujourd'hui à 08:38
LVMH a livré des résultats mi-figue mi-raisin

(BFM Bourse) - Le numéro un du luxe a accusé un repli de 3% au quatrième trimestre dans sa division phare, la mode et maroquinerie, en ligne avec les attentes mais pas suffisamment pour satisfaire le marché, selon Barclays. Toutefois, la défense des marges du groupe impressionne les analystes.

Dans le jargon boursier, on appelle cela "un mixed bag" (un bilan mi-figue mi-raisin) comme l'écrit d'ailleurs Barclays.

LVMH a publié mardi soir ses résultats annuels,rendant, donc, une copie mitigée.

À la Bourse de Paris, les investisseurs voient clairement le verre à moitié vide. L'action chute de 6,97% en début de séance, ce mercredi 28 janvier.

La société aux 75 maisons a, au quatrième trimestre, affiché une progression de ses revenus de 1% en données comparables, dépassant légèrement le consensus (la prévision moyenne des analystes) qui tablait sur un léger repli (-0,3% en données comparables).

Cette performance supérieure aux attentes s'explique surtout par la bonne dynamique de la division montre et joaillerie (+8% en données comparables contre 0% pour le consensus) et de la distribution sélective, qui englobe Sephora (+7% contre 3,9%).

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La performance de la mode et maroquinerie en débat

Toutefois, la "mode et maroquinerie", division de loin la plus surveillée du groupe (et qui représente près de la moitié du chiffre d'affaires), a, elle, accusé un repli de 3%, pile en ligne avec les prévisions des analystes. Bernstein pointe néanmoins une activité "terne" dans cette division.

Barclays, pour sa part, estime que les investisseurs attendaient probablement mieux qu'un chiffre simplement en ligne avec les attentes dans la "mode et maroquinerie".

"Après les publications des chiffres d'affaires de Richemont et Burberry qui ont surpris à la hausse, notamment en ce qui concerne les performances des consommateurs chinois, nous pensons que les résultats de LVMH pourraient conduire à un peu plus de prudence sur le secteur", tranche la banque britannique.

"Les investisseurs débattront pour savoir si une baisse de 3% hors changes dans la mode et maroquinerie est suffisante pour 'dépasser la barre', mais il s'agit d'une erreur d'arrondi dans le contexte global d'un trimestre", relativise Deutsche Bank.

Concernant l'évolution de la demande par catégorie de clientèle, la directrice financière, Cécile Cabanis, a indiqué lors de la conférence de présentation des résultats, qu'elle s'était globalement comportée de la même façon qu'au troisième trimestre.

La clientèle chinoise se maintient

En Chine, l'activité a été positive pour la clientèle locale et en amélioration pour "l'offshore" (les dépenses des consommateurs chinois à l'étranger, au Japon par exemple), a-t-elle précisé.

Deutsche Bank apprécie. "La crainte d'un affaiblissement de la Chine après les commentaires de Richemont ne s'est pas concrétisée, la demande locale chinoise restant à un niveau similaire à celui du troisième trimestre", considère l'établissement allemand.

Un fléchissement s'est observé sur la clientèle américaine. Aux États-Unis, la croissance s'est inscrite à 1% en données comparables au quatrième trimestre après 3% au troisième. Mais cette inflexion s'explique par une base de comparaison beaucoup plus exigeante, comme l'a rappelé Cécile Cabanis.

En 2024, la société avait fait face à un troisième trimestre marqué par un certain attentisme des consommateurs à l'approche de l'élection présidentielle américaine. Un effet de rattrapage s'était ensuite observé au quatrième trimestre, une fois cette élection passée.

Contrôle des coûts

L'autre point qui a retenu l'attention des analystes reste la défense des marges. LVMH a publié un résultat opérationnel courant de 17,76 milliards d'euros au titre de 2025, traduisant une marge de 22%. Ce qui s'avère nettement au-dessus du consensus, logé à 17,152 milliards d'euros, pour un taux de 21,3%.

Surtout, note la banque Citi, la rentabilité a grimpé au second semestre, déjouant les pronostics. La marge opérationnelle courante a progressé de 0,6 point de pourcentage hors effets de changes pour s'inscrire à 21,3% contre un taux de 20% attendu remarque la banque américaine.

La "mode et maroquinerie" a, elle, vu sa marge opérationnelle courante s'inscrire à 35% en 2025 contre 37% en 2024. Jefferies note qu'elle s'est améliorée au second semestre par rapport au premier (35,2% contre 34,7%). Sur la deuxième partie d'année, la rentabilité a excédé de 1,2 point de pourcentage le consensus.

La société a contrôlé les coûts et fait preuve de "sélectivité" sur ses investissements, a expliqué Cécile Cabanis. Ce qui, couplé à une bonne gestion du besoin en fonds de roulement, a permis au flux de trésorerie d'exploitation de progresser de 8% en 2025, à 11,33 milliards d'euros et ce malgré la baisse générale des résultats.

"LVMH semble tirer parti de la conjoncture difficile pour mettre de l'ordre dans ses affaires", souligne Bernstein qui apprécie la maîtrise de la société sur l'exécution, les coûts et le cash.

Des tendances encourageantes chez Dior

Concernant les perspectives de la société, le PDG de la société, Bernard Arnault, s'est dit optimiste à long terme mais plus prudent à court terme.

"Cette année, c'est sûr qu'avec la poursuite des crises géopolitiques, avec l'incertitude économique, avec les politiques de certains États dont le nôtre qui sont plutôt contre les entreprises pour les taxer un maximum, et donc créer du chômage, je pense qu'il y a de quoi être un peu réservé", a-t-il développé.

Dans ce contexte, "on va appliquer la même technique qu'en 2025. On va créer de très beaux produits et essayer de les vendre dans le monde entier. On va ouvrir de nouvelles boutiques", a poursuivi le dirigeant.

"Et on va gérer au plus près, on va limiter les frais et les dépenses, faire ce que l'on a fait cette année, de façon qu'en 2026, le cash-flow soit aussi en progression", a conclu Bernard Arnault.

Bernstein, qui n'a pas la mémoire courte, remarque que Bernard Arnault s'est abstenu de livrer les tendances d'activité du début d'année, comme il l'avait fait l'an passé.

Ce "même si l'impression générale est que l'année a bien démarré jusqu'à présent", note l'intermédiaire financier.

"LVMH reste sur ses gardes. Les investisseurs le seront probablement aussi. La situation devrait s'éclaircir à mesure que le secteur se prépare pour le Nouvel An lunaire mi-février et que LVMH poursuit ses opérations de redressement (chez Dior, dans les vins et spiritueux et Tiffany)", conclut Bernstein.

Bernard Arnault a toutefois indiqué que les produits de Dior étaient "très demandés" en ce début d'année. La griffe, deuxième plus importante marque du groupe derrière Louis Vuitton, a désormais Jonathan Anderson à la tête de sa création. Nombre d'analystes ont été convaincus par sa capacité à insuffler un nouvel élan créatif à la maison, en perte de vitesse ces dernières années.

Pas de "moment 'eurêka'" pour le luxe

In fine, Deutsche Bank ressort convaincue des annonces de LVMH, confirmant son conseil à l'achat. Les résultats soutiennent l'idée que LVMH se trouve à "un point d'inflexion", écrit la banque, alors que "le contrôle des coûts serré devrait se maintenir" en 2026.

Même constat du côté de Citi. Pour la banque américaine, les résultats 2025 de LVMH devraient "apaiser" les craintes autour de la croissance de la société.

Citi voit "une voie plus claire vers un retour à la croissance et une augmentation des marges dans la division mode & maroquinerie au premier semestre 2026".

"Nous pensons que LVMH reste bien placé pour tirer parti de la reprise de la demande mondiale de produits de luxe, tandis que la direction s'attaque de manière proactive aux défis spécifiques rencontrés par ses principales maisons de mode et Moët Hennessy", développe l'établissement.

Jefferies se montre beaucoup plus réservée, jugeant que les résultats de LVMH ne sont pas "un moment 'eurêka' pour le luxe'".

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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