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Eurofins scient. : L'alourdissement de la dette d'Eurofins en 2018 fournit des arguments aux vendeurs

mardi 5 mars 2019 à 10h58
Prises de bénéfices sur Eurofins après les comptes 2018

(BFM Bourse) - Malgré l'annonce de résultats annuels supérieurs aux objectifs du groupe, le titre Eurofins -devenu l'un des plus exposés aux ventes à découvert- s'inscrit en forte baisse mardi matin. Face à l'envolée du taux d'endettement, le groupe entend lever le pied sur les investissements pour privilégier la rentabilité.

Après 32% de rebond en trois semaines (soit 13 séances de hausse en l'espace de 15 jours de Bourse), l'action Eurofins retombe lourdement mardi matin après l'annonce des résultats 2018 du spécialiste de l'analyse des produits alimentaires, pharmaceutiques et de l'environnement. Vers 10h00, l'action perd 6,83% à 371 euros.

Si le groupe a globalement atteint ses objectifs de résultats 2018, "d'un point de vue financier, l'intensité exceptionnelle des fusions-acquisitions au cours des deux dernières années et les efforts subséquents d'intégration [des sociétés acquises] ainsi que les lourds investissements pour édifier une plate-forme de laboratoire sans équivalent offrant des avantages d'échelle significatifs pèsent toujours sur les marges et la génération de cash-flow", a souligné le PDG d'Eurofins Gilles Martin.

Bénéfices et dividendes en hausse

L'an dernier, le chiffre d'affaires d'Eurofins s'est ainsi établi à 3,781 milliards d'euros, en croissance de 27,2% par rapport à 2017. L'Ebitda a crû de 26,9% à 651,4 millions d'euros, soit sur base ajustée d'éléments non-récurrent en progression de 29,3% à 719,8 millions d'euros. La direction avait en cours d'année relevé ses objectifs, soit un chiffre d'affaires de 3,8 milliards d'euros et un Ebitda ajusté de 700 millions d'euros.

L'exercice s'est soldé par un bénéfice net de 223,9 millions d'euros, contre 216,8 millions en 2017, soit en base ajustée 355,8 millions d'euros (contre 299 millions un an plus tôt), amenant le groupe à proposer le versement d'un dividende de 2,88 euros par titre, à comparer à 2,40 euros l'année dernière.

Acquisitions à la chaîne

Parallèlement, si le montant des cash-flows opérationnels a progressé de 34,3% à 543,9 millions d'euros, l'augmentation de 70% du montant des investissements (à 361,4 millions d'euros) et la cinquantaine d'acquisitions de l'année (dont Covance Food Solutions et TestAmerica pour 670 millions de dollars et 175 millions de dollars respectivement) ont pesé sur le flux de trésorerie disponible, ressorti à 182,5 millions d'euros, en recul de 5%, tandis que l'endettement net est monté à 2,651 milliards d'euros, ou 3,68 fois le montant de l'Ebitda (3,38 fois l'Ebitda proforma).

Après deux années particulièrement chargées en termes d'investissements et d'acquisitions, Eurofins compte maintenant se concentrer sur l'optimisation de sa performance opérationnelle. Après avoir acquis en moyenne pour 700 millions d'euros de revenus supplémentaires, le groupe veut se limiter à 300 millions d'euros cette année et en 2002 (voire moins en l'absence de cibles intéressantes). Le groupe se fixe pour objectif de réaliser 4,5 milliards d'euros de revenus en 2019 (dont 5% de croissance organique) et un Ebitda ajusté de 850 millions d'euros, et de dégager un flux de trésorerie disponible de 350 millions d'euros. L'an prochain, la barre de 5 milliards d'euros de revenus et de 1 milliard d'euros d'Ebitda devrait être atteinte, sachant que les prévisions seront ajustées au terme de l'exercice 2019.

L'un des titres les plus shortés de la cote parisienne

En 2018, la société avait enregistré sa première performance annuelle négative en Bourse (le cours de l'action avait dévissé de 36%) en dix ans, pénalisée par un cocktail de questions autour de la pérennité de la politique de croissance externe, le potentiel réel de progression organique, le risque de hausse des taux mais également de la gouvernance de l'entreprise, contrôlée par la famille fondatrice. Ces questionnements ont suscité la convoitise des vendeurs à découvert, les positions "short" déclarées à l'AMF représentant désormais l'équivalent de 7,5% du capital, ce qui fait du titre l'un des plus shortés de la cote parisienne.

Le bureau d'études Oddo BHH estime que "ces éléments sont exagérés sans être totalement infondés", et considère que la trajectoire de croissance reste intéressante. "Le build-up se poursuivra et nous ne croyons pas au risque de défaut de remboursement / de financement", indiquent les analystes d'Oddo tandis qu'Eurofins "devrait faire preuve d’une bonne discipline concernant le cash durant 2019 et 2020".

Néanmoins, au vu de la récente remontée du titre, Oddo BHF a dégradé d'achat à neutre sa recommandation, considérant que le potentiel envers son objectif inchangé de 400 euros était désormais plus limité.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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