(BFM Bourse) - La structure cotée de la banque mutualiste a dévoilé des résultats supérieurs aux attentes ce vendredi 31 juillet.
Les analystes n'attendaient guère monts et merveilles de la publication des résultats du deuxième trimestre de Crédit Agricole SA.
La structure cotée de la banque mutualiste s'est positionnée en acteur clef de la consolidation bancaire en Italie. Le groupe est ainsi récemment monté à 29,3% de la banque Banco BPM, un mouvement qui a fait naître des inquiétudes du marché autour de son capital et de son ratio de solvabilité CET 1, qui rapporte les fonds propres à l'encours pondéré des risques.
Les analystes pensaient que ces craintes éclipseraient les comptes livrés par l'établissement. Deutsche Bank anticipait d'ailleurs une performance encore "faible" de la part de Crédit Agricole SA sur le deuxième trimestre.
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Un bénéfice meilleur qu'attendu
Toutefois, les résultats du groupe sont, pour l'heure, bien accueillis par le marché.
L'action Crédit Agricole SA s'adjuge 3,2% ce vendredi 31 juillet, signant l'une des plus fortes hausses du CAC 40.
"Crédit Agricole SA a annoncé d'excellents résultats, avec un chiffre d'affaires en hausse dans la plupart de ses divisions", résume Royal Bank of Canada.
La banque "a publié des résultats que nous jugeons solides, tant sur le plan opérationnel que sur celui des capitaux", abonde KBW.
L'établissement a publié un bénéfice net de 2,05 milliards d'euros en hausse de 1,4% et supérieur de 6% au consensus (la prévision moyenne des analystes), calé à 1,94 milliard d'euros.
Le produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires chez les banques, s'est établi à 7,36 milliards d'euros, dépassant de 4% les attentes, quand les frais de gestion, c'est-à-dire les coûts, ont déçu (1% au-dessus du consensus).
Le coût du risque, c'est-à-dire les provisions passées par une banque pour faire face aux impayés sur les crédits, s'est inscrit à 466 millions d'euros, soit moins que les 541 millions d'euros attendus par les analystes.
Le bénéfice avant impôt a en conséquence dépassé les attentes de 10% à 3,17 milliards d'euros.
LCL voit ses revenus grimper
Par division, la surperformance par rapport aux prévisions a été portée par la banque d'investissement, LCL et Amundi, souligne Jefferies.
LCL a dégagé un produit net bancaire de 1,1 milliard d'euros, battant le consensus de 5%, avec également des coûts moins importants qu'attendu. Comme chez Société Générale et BNP Paribas, la banque de détail de Crédit Agricole SA a été portée par des revenus nets d'intérêt en forte hausse (+17%).
Les revenus nets d'intérêt correspondent à l'argent que dégagent les banques sur les crédits, diminué par la rémunération qu'elles versent sur les comptes rémunérés comme le livret A.
Crédit Agricole SA explique que ces revenus nets d'intérêts ont été tirés "par la baisse du coût des ressources (un coût des livrets défiscalisés moindre sur un an, NDLR) et un repricing progressif des crédits", c'est-à-dire des encours de prêts avec des taux progressivement plus hauts.
Le pôle "Grande clientèles" qui comprend les activités de marché et de banque d'investissement de la société, a dégagé un bénéfice avant impôts de 769 millions d'euros, soit 11% de plus que les attentes.
La gestion d'actifs, c'est-à-dire Amundi, a généré un bénéfice avant impôts de 280 millions d'euros, soit 6% de plus que le consensus, porté notamment par une collecte dynamique, due à la demande des investisseurs pour les ETF, les fonds indiciels.
Le ratio CET 1 s'est par ailleurs inscrit à fin juin à 11,3% contre 11,2% attendu.
Alors que le journal italien la Stampa indiquait cette semaine que le Crédit Agricole "aurait fait part de sa disposition à négocier son feu vert à l'opération" de fusion entre MPS (Banca Monte dei Paschi di Siena) et Banco BPM en Italie "en échange de concessions spécifiques", le directeur général du groupe, Olivier Gavalda, cité par l'AFP, a été catégorique : "ce qui est écrit dans la presse est complètement faux à ce jour".
"Nous n'avons reçu aucun projet, aucune information sur un rapprochement potentiel entre MPS et BPM", "nous sommes donc incapables de vous dire si ce projet pourrait créer de la valeur pour les actionnaires de BPM", a-t-il ajouté.
"Nous n'avons pas connaissance de la moindre concrétisation de cette proposition de discussion", a complété le directeur général délégué Jérome Grivet, également cité par 'l'agence.
"Avec 29,3% du capital de BPM, nous sommes incontournables. Ça veut dire que rien ne peut se faire contre nous ou sans nous. Mais on n'est évidemment pas les seuls décideurs", a-t-il ajouté.
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