(BFM Bourse) - La banque suisse a relevé son conseil à l'achat sur le groupe de distribution, contre "neutre" auparavant. L'établissement helvétique estime que la valorisation implique que le groupe n'atteigne pas ses objectifs 2026 et de moyen terme.
Carrefour se retrouve en tête de gondole du CAC 40. Le grand distributeur s'adjuge 3,4% vers 17h30, signant l'une des plus fortes hausses de l'indice.
La société présidée et dirigée par Alexandre Bompard est portée par UBS, qui a relevé son conseil à l'achat sur le titre, contre '"neutre" auparavant. La banque suisse a également rehaussé son objectif de cours à 19 euros contre 13,20 euros précédemment, ce qui accorde un potentiel de 20,5% à l'action, au cours de clôture de mercredi.
Le gros de la thèse d'UBS repose sur le fait que Carrefour évolue à une valorisation faible qui implique que le groupe ne tienne pas ses objectifs.
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Pour la banque suisse Carrefour constitue une "value play" (un pari sur une action très décotée) négligé. Sa valorisation est ainsi "trop bon marché pour être ignorée", considère l'établissement.
L'action s'échange actuellement à 9,6 fois les bénéfices attendus pour 2026, contre 12,7 fois pour l'ensemble du secteur de la distribution en Bourse, un écart au plus haut depuis cinq ans.
Si le premier semestre de la société devrait marquer une tendance "molle", les abaissements de prévisions de résultats de la part des analystes liés à cette publication se sont déjà produits et sont désormais "en dehors de la route". En parallèle, la banque voit des premiers signaux montrant un meilleur environnement de prix en France.
UBS déduit qu'il existe un couple risque/rendement attractif sur l'action.
Du mieux en France
La faible valorisation implique des "risques d'exécution", ce qui signifie que si Carrefour tient ses objectifs 2026 et 2030 "un 'rerating' (une appréciation des multiples boursiers, NDLR)" pourrait s'enclencher, anticipe UBS.
L'établissement helvétique estime que Carrefour respectera aussi bien ses promesses pour cette année qu'à moyen terme.
Pour 2026, Carrefour compte augmenter sa marge opérationnelle courante de 0,25 point de pourcentage, ainsi qu'une progression de son flux de trésorerie et de son résultat net ajusté par action.
À l'horizon, 2030 Carrefour cible une marge opérationnelle courante de 3,5%, et une croissance chaque année de cet indicateur entre 2026 et 2030 (avec 5 milliards d'euros cumulés entre 2026 et 2028).
La banque suisse note que la France "montre des premiers signes d’amélioration, avec une meilleure compétitivité prix par rapport au marché".
"Même si les parts de marché devraient, à court terme, être affectées par la cession des magasins Cora/Casino (environ 0,1 point de pourcentage) et par les investissements en termes de prix (comme des promotions, NDLR) chez Cora/Match, nous prévoyons une amélioration progressive des volumes, qui se traduira à terme par des gains de parts de marché en valeur", développe UBS.
Sur la base de ses propres données, la banque suisse voit une amélioration de la trajectoire du NPS, une mesure de la satisfaction client, qui, selon UBS "constitue un bon indicateur avancé des gains de parts de marché".
Un débat sur le potentiel boursier
"Si les investissements chez Cora/Match continuent de peser sur les marges à court terme, les pertes devraient se réduire sensiblement au cours de l’exercice 2026, contribuant ainsi à soutenir la progression des marges du groupe", anticipe encore l'établissement.
Pour ces raisons, UBS considère que Carrefour parviendra à générer davantage de bénéfices au second semestre 2026. L'établissement considère que 66% du résultat opérationnel courant sera généré sur la deuxième partie de l'année, grâce à une amélioration de l'activité en France et l'exécution de la stratégie au Brésil.
Dans ce dernier pays, la banque estime que "le pire est passé" avec des tendances d'inflation alimentaire et de ventes qui s'améliorent par rapport au second semestre 2025.
La banque met également en avant la forte génération de cash du groupe ainsi que les cessions d'actifs en train d'être réalisées.
Le potentiel boursier de Carrefour fait actuellement débat du côté des analystes. Le 22 juin dernier, Morgan Stanley était passée à "surpondérer", équivalent d'acheter, sur le titre La banque américaine louait les actions de la direction qui a fait preuve de vitesse d'exécution.
L'établissement jugeait également que le marché dévalorisait le plan stratégique de la direction, de même que la génération de cash robuste du groupe.
Quelques jours auparavant, JPMorgan, à "sous-pondérer" sur la valeur (équivalent de vendre), avait placé l'action "sous surveillance négative". La banque estime que les résultats du premier semestre, qui seront publiés le 23 juillet, refroidiront le marché.
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