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Carrefour : Carrefour aborde affaibli la présentation de dia

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par Pascale Denis et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Carrefour va devoir défendre le 17 mai devant les investisseurs un plan de scission de ses activités de hard discount dans un climat de défiance vis-à-vis d'un groupe dont le difficile redressement opérationnel est entravé par des dysfonctionnements internes.

Carrefour vient d'évincer deux de ses hauts dirigeants en l'espace de deux mois et a reporté un projet très controversé d'introduction en Bourse de sa filiale immobilière qui ne faisait pas l'unanimité au sein du conseil d'administration.

Deux mois après avoir remercié son directeur pour l'Europe, le numéro un européen de la distribution a limogé celui qui avait été nommé il y a à peine plus d'un an pour redresser ses activités françaises et a différé l'introduction en Bourse de sa filiale Carrefour Property qui risquait d'être rejetée par l'assemblée des actionnaires du groupe.

"Le management va devoir restaurer une confiance mise à mal par ses trop nombreuses volte-face", observe Laurence Hofmann, analyste chez Oddo Securities.

"Le manque de lisibilité va croissant sur ce qui se passe au sein de l'entreprise", renchérit un autre analyste, qui a requis l'anonymat.

Ces départs, doublés de celui de Jean-Martin Folz qui a quitté le conseil d'administration pour divergences de vues sur la stratégie de scission poussée par les deux principaux actionnaires de Carrefour - le fonds Colony Capital et Groupe Arnault, la holding d'investissement de Bernard Arnault, PDG de LVMH - témoignent d'un profond malaise.

"Les désaccords évidents entre la direction du groupe et ses principaux actionnaires sont inquiétants pour la conduite des opérations" déplore un autre analyste qui a souhaité garder l'anonymat.

NOUVEAU PROFIT WARNING?

Entrés en 2007 chez Carrefour (ils détiennent 14% du capital et 20% des droits de vote) pour un prix moyen d'acquisition évalué à environ 50 euros, Colony et Groupe Arnault accusent, à ce jour, une moins value estimée à environ 2,2 milliards d'euros, le cours de Carrefour se traînant actuellement juste au-dessus de 30 euros.

Depuis la dernière réunion investisseurs le 16 septembre 2010, le titre a perdu près de 20%, preuve que la stratégie du groupe n'a toujours pas convaincu le marché. Carrefour, qui n'a toujours pas digéré sa fusion avec le distributeur Promodès il y a plus de dix ans, est en panne de croissance sur son principal marché, la France. Il a lancé deux avertissements sur ses résultats en 2010 et doit répondre aux exigences financières de ses deux grands actionnaires.

En invoquant des résultats inférieurs aux attentes pour expliquer l'éviction du directeur exécutif de Carrefour France, James McCann, le distributeur a alerté certains analystes qui ont, dans la foulée, révisé à la baisse leurs prévisions de résultats 2011. "J'aimerais savoir s'il n'y a pas un nouveau profit warning dans les tuyaux", a indiqué l'un d'entre eux, ayant requis l'anonymat.

Carrefour a confirmé jeudi dernier prévoir "une hausse" de son résultat opérationnel, mais sans en préciser l'ampleur.

Le consensus Thomson Reuters I/B/E/S table actuellement sur un résultat opérationnel de l'ordre de 3,15 milliards pour 2011, soit en hausse limitée à 5% par rapport à 2010 (3,0 milliards).

NOUVELLES CESSIONS D'ACTIFS

Pour l'heure, Carrefour assure vouloir mener à bien la scission de Dia, sa filiale de hard discount, en présentant aux investisseurs son business plan détaillé le 17 mai, avant de soumettre le projet au vote de ses actionnaires réunis en assemblée générale le 21 juin.

Si le projet a cristallisé moins de critiques que celui de Carrefour Property, certains analystes restent réservés sur l'intérêt stratégique d'une scission à 100%, alors que Dia, troisième acteur mondial du secteur, génère un chiffre d'affaires 9,6 milliards d'euros et un Ebitda de 504 millions.

"Quel est l'intérêt pour Carrefour de perdre le contrôle d'un concept qui a du potentiel dans les pays émergents?", s'interroge l'analyste d'Oddo.

D'autres, comme ceux d'UnitCredit, estiment que le projet de cotation de Carrefour Property, officiellement reporté, pourrait bien être purement et simplement annulé, "compte tenu de la destruction de valeur qu'il implique" et de "l'hostilité de nombreux actionnaires".

Si cette cotation devait être définitivement enterrée, Colony et Groupe Arnault pourraient alors réclamer de nouvelles cessions d'actifs.

Les analystes d'Aurel BCG évoquent une possible cession des activités de crédit à la consommation du groupe, déjà cédées au Brésil il y a quelques semaines, et qu'ils valorisent à environ 3,7 milliards d'euros.

Pour Vincent Verdier, directeur de recherche de l'institut Kantar, ils pourraient pousser à la vente d'actifs dans des marchés où Carrefour n'est pas leader. "Je pense à des cessions tactiques plutôt qu'à une sortie d'un très grand marché", a-t-il dit, évoquant l'Argentine, la Colombie ou la Pologne.

LARS OLOFSSON EN PREMIERE LIGNE

Lars Olofsson, nommé en 2009 avec pour mission de redresser rapidement le groupe, a pris directement en charge les activités françaises de Carrefour.

En première ligne, le directeur général joue gros, d'autant plus qu'il a fait de "Carrefour Planet", le nouveau concept d'hypermarchés, la pierre angulaire du redressement des performances en France, où Carrefour voit sa part de marché régulièrement reculer, et en Europe.

Or certains observateurs estiment que Planet ne sera pas la solution miracle capable de résoudre l'ensemble des questions posées sur les achats, les approvisionnements, le développement des marques propres ou la mobilisation des équipes.

"Tous les espoirs de redressement sont placés dans le succès de Planet. Si le projet échoue, le risque serait alors de voir Carrefour vendu par morceaux", selon les analystes de Santander.

Lars Olofsson a averti, dans une interview à la presse, qu'il ne fallait pas s'attendre à voir les pleins effets de Planet avant la mi-2012, quand le groupe en comptera environ 90 en France, un horizon qui pourrait s'avérer un peu lointain pour Colony et groupe Arnault.

"Carrefour n'a pas le luxe du temps et il continue de perdre du terrain face à ses concurrents comme Casino", relève Natalie Berg, analyste de PlanetRetail.

Avec la contribution de Mark Potter, à Londres, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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