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CAC 40

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CAC 40 : Regain de tension entre Washington et Pékin

lundi 4 mai 2020 à 08h39

(BFM Bourse) - Jeudi, le CAC 40 achevait sa semaine sur un bilan hebdomadaire largement positif (+4,07%) par une séance de fort repli (-2,12%) qui a métamorphosé la bougie hebdomadaire, en la rendant bien peu avenante. Les volumes sur cette dernière séance de la semaine (la Bourse de Paris était fermé vendredi 1er mai) ont vivement progressé. L'ambiance devrait rester fraîche après la fin de semaine dans le rouge à Wall Street, sur fond de résurgence des menaces douanières américaines à l'encontre de Pékin, et des insinuations de plus en plus fermes des autorités américaines sur la provenance du SARS-Cov2 (du laboratoire P4 à Wuhan), sans apport toutefois des preuves adéquates.

"Ces conflits pourraient appuyer la consolidation sur les marchés alors que de nombreux pays relâchent peu à peu les confinements, comme en Europe mais également aux Etats-Unis. Le mois de mai sera ainsi un test important dans le recul du virus et la vitesse de la reprise économique", juge Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

"Le président américain a également évoqué une autre idée, qui serait dévastatrice pour les marchés financiers et notamment les obligations américaines et le dollar. En effet, il proposait de ne pas rembourser la dette américaine que détient la Chine, alors que cette dernière possède plus de 1,1 trillons de dollars d’obligations du trésor. Cette manœuvre serait extrêmement néfaste pour la confiance dans la dette des Etats-Unis et le dollar américain mais il est peu probable que le président Trump décide d’une telle mesure", a complété l'analyste.

Outre des rendez-vous macroéconomiques majeurs, la semaine passée a été marquée par des rendez-vous monétaires des grandes Banques Centrales de part et d'autre de l'Atlantique.

La Fed achevait mercredi sa réunion de Comité de politique monétaire (FOMC). Sans surprise, l'Institution dirigée par J.Powell n'a pas expérimenté les taux négatifs, et a opéré un statu quo des taux fédéraux à un niveau plancher. Le soutien par injection de liquidités a été réaffirmé. "Si aucune annonce d'importance n'a été faite, le message global que Jerome Powell hier soir a été très positif sur le court terme. Peu importe la dette, pourvu que « le soldat économie » soit sauvé par tous les moyens puisque les membres du FOMC ont décidé d'utiliser tous les outils à leur disposition" a pour sa part synthétisé John Plassard pour MIRABAUD Securities.

Jeudi, c'est la BCE qui, sans toucher aux grandes lignes de sa politique, a fait un geste supplémentaire en annonçant qu'elle allait rémunérer encore plus qu'avant les banques qui lui empruntent des liquidités à long terme afin de favoriser le crédit (la BCE prête à ces établissements à un taux négatif de -1%, c'est-à-dire qu'elles lui remboursent moins qu'elle ne lui ont emprunté).

Au chapitre purement statistique, principal rendez-vous de la semaine dernière: les toutes premières estimations du Produit Intérieur Brut (PIB) aux Etats-Unis, sont ressorties sous les attentes, à -4.8% par rapport à la richesse nationale créée au premier trimestre 2019. En moyenne, les analystes et économistes interrogés tablaient sur une contraction de 4.0%, alors que le processus de sortie de confinement s'amorce à peine aux Etats-Unis, touchés de plein fouet par l'épidémie de coronavirus. Il faut remonter au premier trimestre 2009 pour voir une contraction de cette ampleur.

C'était au tour de l'INSEE de publier ce même indicateur, jeudi matin. Le niveau de création de richesse nationale a plié, en toutes premières estimations, de 5.8% au premier trimestre, en données annualisées, alors qu'en moyenne, les économistes et analystes interrogés s'attendaient à une contraction moins forte, de l'ordre de 4%. Il s'agit de "la baisse la plus forte sur l'historique de la série trimestrielle, depuis 1949", nous précise l'institut statistique. "En particulier, elle est plus forte que celles enregistrées lors du premier trimestre 2009 (–1,6 %) ou au deuxième trimestre 1968 (–5,3 %). L'évolution négative du PIB au premier trimestre 2020 est principalement liée à l'arrêt des activités « non essentielles » dans le contexte de la mise en place du confinement à partir de la mi-mars".

Côté valeurs, les banques ont particulièrement souffert jeudi à Paris, à l'image de Crédit Agricole (-5,99% à 7,282 euros), BNP-Paribas (-6,60% à 28,675 euros), ou Société Générale (-8,62% à 14,26 euros). D'autres dossiers à fort Bêta actuel, sur les secteurs de la construction, du tourisme, des semi-conducteurs ou de la communication étaient à la peine. Citons STMicroelectronics (-5,05% à 23,71 euros), Publicis (-5,40% à 27,13 euros), Bouygues (-5,48% à 28,11 euros), Accor (-5,77% à 25,32 euros) ou encore Saint Gobain (-4,87% à 24,21 euros).

Côté smallcaps, l'action du spécialiste des chariots autonomes BALYO a bondi de 31,50% à 1,052 euro à l'approche de son rapport annuel.

Le bilan du coronavirus SARS Cov-2, responsable de l'épidémie de Covid19 est désormais, à l'échelle mondiale, de plus de 3 500 000 de cas confirmés, et de plus de 247 000 morts, selon les données compilées par l'Université Johns Hopkins, qui fait autorité en la matière. La propagation incontrôlable du virus à l'échelle de la planète rend encore indéchiffrable les conséquences sur l'activité économique. Les quatre principales puissances économiques de la Zone Euro (Allemagne, France, Italie, Espagne) sont particulièrement touchées. En particulier, 28 884 décès sont à déplorer en Italie, 25 264 en Espagne et 24 864 en France.

L'épicentre est toujours centrée actuellement sur les Etats-Unis, où plus d'1 150 000 cas sont confirmés. Plus de 67 000 décès ont été recensés sur le sol américain, dont plus de 18 500 pour la seule ville de New York.

De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont, vendredi, vivement accéléré les pertes de la veille, sur fond de nouvelles menaces de rétorsion douanières de la Maison Blanche à l'encontre de Pékin. Le Dow Jones a perdu 2,55% à 23 723 points et le Nasdaq Composite, à forte "coloration" technologique, 3,20% à 8 604 points. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 2,81% à 2 830 points.

Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traite à un niveau proche des 1.0930$. Le baril de WTI, l'un baromètre de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 21,35$.

À l'agenda statistique ce lundi, à suivre en priorité un batterie d'indicateurs d'activité PMI manufacturier en Europe. Les données finales du mois d'avril pour l'ensemble de la Zone Euro seront dévoilées à 10h00. A suivre également l'indicateur Sentix de confiance des investisseurs (Zone Euro), à 10h30 et outre Atlantique, les commandes industrielles à 16h00.

Tokyo est resté fermé ce lundi (jour férié), et les opérateurs se rabattent donc sur Hong Kong pour prendre la température. L'indice phare Hang Seng a perdu près de 4%.

ELEMENTS GRAPHIQUES CLES

Voici pour rappel et suivi les éléments techniques que nous proposions jeudi avant l'ouverture des marchés:

Les 4 600 points qui se sont progressivement imposés comme un niveau technique de résistance, deviennent désormais un niveau pivot intéressant en deçà duquel une zone de danger existe, et au-dessus duquel une tentation dangereuse d'achat existe, dans les conditions techniques actuelles en tous les cas.

A ce stade, la timidité, voire la faiblesse relative des volumes, ainsi que leur décroissance manifeste, déclenche une alerte et fait passer le feu du vert à l'orange. Autre raison du déclenchement de ce "warning": à chaque fois que le CAC semble se "libérer", seule certains secteurs participent à la hausse: il n'y a pas de fédération sectorielle du marché.

Ce seuil des 4 600 a certes été dépassé hier, mais les bémols évoqués sont les mêmes: les volumes tout d'abord, son beaucoup trop timides pour permettre une validation technique fiable du dépassement de seuil pivot, et la rotation sectorielle reste de rigueur. L'analogie avec une friandise que l'on tend à un animal pour le capturer est ici pertinente...

Avis négatif proposé.

La bougie de jeudi est le quasi symétrique de la bougie de mercredi, mais les volumes sont beaucoup plus nourris, et l'engagement baissier sectoriel bien plus large. La bougie hebdomadaire en a été métamorphosé, avec l'apparition d'une ombre autre hautement significative. Avis de grande prudence.

PREVISION

Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.

Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 4925.00 points.

Le conseilLogo TradingSat

CAC 40
Négatif
Résistance(s) :
4925.00
Support(s) :
4357.00

Graphique en données horaires

CAC 40 : Regain de tension entre Washington et Pékin (©ProRealTime.com)

Graphique en données quotidiennes

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