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La configuration graphique du CAC 40 s'est dégradé davantage vendredi, alors que la tension restait forte sur l'obligataire, les matières premières et l'Euro, sur fond de guerre au Moyen Orient dont tout le monde ignore la date de fin. Par ailleurs, la pluie de publications macroéconomiques au menu de la dernière séance de la semaine n'aura pas apporté d'enseignements particuliers.
Assurant que la guerre au Moyen-Orient s'achèverait "certainement dans les prochaines semaines", le secrétaire américain à l'Énergie a assuré que le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran n'était qu'une "souffrance passagère pour parvenir à une bien meilleure situation". "C'est vrai que nous traversons cette période de perturbations de court terme, mais mieux vaut le faire maintenant que d'avoir un Iran nucléarisé", a déclaré le ministre américain dans une interview à l'émission "This Week" sur ABC News, justifiant le lancement de la guerre contre l'Iran le 28 février.
Le baril de Brent, l'une des deux grandes références mondiales, restait campé au-dessus de la barre symbolique des 100$, à proximité immédiate de 105$.
"L’incertitude accrue et les inquiétudes quant aux effets négatifs sur l’économie mondiale exercent une pression à la baisse sur les marchés actions, les marchés développés s’en sortant quelque peu mieux que les marchés émergents. Même l’or n’est pas parvenu à échapper aux dernières turbulences, laissant le dollar américain parmi les rares bénéficiaires", analysent les économistes de Safra Sarazin, qui se montrent de plus en plus prudents.
"Les évolutions de la semaine passée suggèrent qu’il est devenu plus difficile pour les États-Unis de se désengager rapidement du conflit et de déclarer une forme de victoire. Deux semaines d’attaques ont déjà entraîné d’importantes perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial. Nous avons donc relevé la probabilité de notre scénario le plus défavorable — un conflit prolongé en escalade avec un prix du pétrole supérieur à 100 dollars pendant plusieurs mois — à 35 %."
Au chapitre statistique, le menu très riche de vendredi (les prix PCE, les commandes de biens durables, les revenus et dépenses des ménages, les nouvelles offres d'emploi JOLTS et les données "U-Mich" de confiance du consommateur américain), n'ont pas réservé de surprise majeur. La confiance du consommateur s'est montrée toujours aussi ferme, sans qu'à ce stade les signaux inflationnistes ne se manifestent. A noter que ces données (sauf l'U-Mich) étaient publiés avec un retard de 15 jours environ en raison du shutdown, et qu'il concernaient janvier ou février, avant donc l'entrée en guerre des Etats-Unis contre Téhéran.
Côté valeurs, Worldline recule de 4,5% alors que son cours de Bourse est perturbé par des éléments techniques liés à la mise en œuvre d'une augmentation de capital extrêmement dilutive pour ses actionnaires. Air France-KLM a cédé 3,1%, les groupes aériens européens étant secoués en Bourse depuis l'éclatement du conflit en Iran, à cause notamment de l'envolée des cours du pétrole.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la dernière séance de la semaine dans le rouge, à l'image du Dow Jones (-0,26%) et du Nasdaq Composite (-0,93%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 0,61% à 6 632 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1430$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 99,32$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,27%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 27,19 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce lundi, à suivre en priorité l'indice baromètre industriel Empire State à 13h30.
A noter que la côte Est des Etats-Unis étant passée en horaires d'été, Wall Street ouvre, jusqu'à ce que Paris y passe à son tour, à 14h30 heure française.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Après un deuxième gap très ample en autant de séances, l'indice phare français a tracé une bougie en marubozu noir d'école mardi 03 mars. Les dégagements se sont construits tout au long de la séance, marquant une mobilisation continue du camp vendeur. Au point de retracer en deux séances seulement les gains engrangés en deux mois. De qui corroborer l'adage boursier qui stipule que "la Bourse monte en prenant l'escalier et descend par l'ascenseur".
Naturellement, la dynamique des volumes d'échanges sera scrutée tout au long de la réaction technique amorcée le 04 mars, sans conviction. La prochaine zone d'achat franc se situe sur les 7 680 points.
Les 8 000 points symboliques ont cédé vendredi 06 mars, et cette rupture est pleinement validée sur gap le lundi 09 mars. Le pullback consécutif a valeur de confirmation.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8300.00 points.
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