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Alors que l'OAT10 ans s'installait au-dessus du seuil hautement psychologique des 5%, le marché parisien se contractait vivement jeudi, son indice phare sur actions, le CAC 40, perdant 1,39% à 7 811 points, lourdement pénalisé par les bancaires, le luxe et les valeurs estampillées IA. Outre Atlantique, les doutes sur l'IA, justement, sans changer de nature, prenaient de l'ampleur avec la copie trimestrielle de Meta, les investisseurs se montrant nerveux face aux colossales sommes engagées dans le développement de projets IA. Cette dernière reste aux yeux des marchés une lame de fond incontournable en Bourse certes, mais Mr Market n'est plus prêt à s'engager aveuglément, sans discernement, et à n'importe quel prix, sur tous les dossiers. Le Nasdaq Composite, l'indice phare des valeurs technologiques de la cote américaine, a corrigé de 2,60% jeudi.
Nos 3 principaux dossiers intimement imbriqués dans la chaîne de création de valeur de l'intelligence artificielle sur le CAC40, à savoir Legrand (-5,83%), Schneider Electric (-5,36%) et STMicro (-4,89%), ont particulièrement souffert.
Crédit Agricole (-2,53%), Axa (-2,73%), Société Générale (-4,52%) et BNP-Paribas (-4,88%) subissaient également des dégagements importants, alors que les rendements des obligations souveraines hexagonales étaient hors de contrôle, sur fond de crise budgétaire.
"Pour les marchés, le véritable sujet n’est pas seulement le niveau de la dette française, mais la capacité du pays à reprendre le contrôle de sa trajectoire budgétaire dans un environnement de faible croissance. Le problème est que ces quatre facteurs s’alimentent désormais mutuellement", analyse Grégoire KOUNOWSKI, Investment Advisor chez Norman K.
"Une croissance faible réduit mécaniquement les recettes fiscales et rend plus difficile la réduction du déficit, un déficit élevé impose davantage d’émissions obligataires, des taux plus élevés augmentent progressivement la charge d’intérêt, et cette charge supplémentaire réduit à son tour les marges de manœuvre du gouvernement. La Commission européenne estime déjà que les intérêts de la dette représenteraient 2,6 % du PIB en 2026 et 2,8 % en 2027, devenant l'un des premiers postes budgétaires de la France."
Une méfiance des marchés internationaux que les émeutes et pillages du weekend dernier n'auront évidemment pas fait reculer.
"Les manifestations massives du 17 octobre et les violents débordements qui en ont découlé accentuent la crise en coinçant le gouvernement dans une triple contrainte financière, sociale et politique", a poursuivi le spécialiste.
Cette crise budgétaire s'inscrit dans un environnement inflationniste alimenté par la crise diplomatique entre Washington et Téhéran. La hausse des cours pétroliers reste encore alimentée par la situation au Moyen-Orient, où aucun signe de désescalade ne se dessine.
"Le New York Times a rapporté que les États-Unis et Israël avaient élaboré des plans en vue de nouvelles frappes contre l’Iran après les élections de mi-mandat, précisant que les cibles incluraient probablement les infrastructures énergétiques iraniennes", indique Deutsche Bank.
"Par ailleurs, les frappes contre l’Arabie saoudite se sont poursuivies : deux personnes ont été tuées lors d’une attaque contre le champ pétrolier de Shaybah, tandis qu’une autre a trouvé la mort lors d’une frappe contre l’aéroport international du roi Fahd", ajoute la banque allemande.
De l'autre côté de l'Atlantique, si le Dow Jones a fini la séance sur une note de stabilité, le Nasdaq Composite a fondu de 2,60%. Quant au S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 1,21% à 7 663 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin,
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1240$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 98,90$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 5,08%.
> Quant au VIX, il valait 16,68 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, à suivre en priorité les premières estimations des baromètres d'activité PMI en Zone Euro à 10h00 ainsi que les données révisées de l'indice de confiance du consommateur
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
L'indice phare tricolore a rompu la base, en toute fin du mois de septembre, d'une formation classique en triangle baissier, dans une libération d'énergie importante. Cette libération a connu confirmation dès la séance suivante, dans une volatilité et des volumes importants, donnant du sens au mouvement.
La moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé) constitue un niveau de résistance dynamique majeur. Les consolidations, comme autant de tentatives maladroites de stopper l'hémorragie, sont courtes.
L'indice vient de sortir par le bas d'un biseau (wedge) de consolidation, provoquant une libération d'énergie vendeuse, et mécaniquement un accroissement de la volatilité. Les volumes, tout comme le niveau de fédération sectorielle, sera essentiel à observer lors des prochaines séances.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8000.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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