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Bnp paribas act.a : Moody's pointe la vulnérabilité des banques françaises

mardi 20 novembre 2012 à 13h44
BFM Bourse

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Moody's, qui a privé lundi soir la France de son "triple A" dix mois après une décision similaire de Standard & Poor's (S&P), a une nouvelle fois épinglé la vulnérabilité des banques françaises en cas d'aggravation de la crise au sein de la zone euro.

L'agence de notation relève ainsi dans son rapport que le secteur bancaire français conserve des expositions importantes aux pays les plus fragiles de la zone euro en référence aux difficultés que traversent l'Espagne, la Grèce, le Portugal, l'Irlande ou encore l'Italie.

"Les banques françaises ont des expositions assez importantes à certains pays les plus faibles de la zone euro", souligne Moody's dans sa décision d'abaisser à "Aa1" la note de la France contre "Aaa" précédemment.

"En dépit de leur bonne capacité à absorber les pertes, les banques françaises restent vulnérables en cas de nouvelle aggravation de la crise", poursuit l'agence.

En juin dernier, dans sa décision d'abaisser les notes des trois principales banques françaises, BNP Paribas, le Crédit agricole et Société générale, Moody's avait déjà mis en avant cette vulnérabilité du système bancaire français, soulignant à cette occasion leur forte dépendance aux marchés pour leurs besoins de refinancement.

Comme ses concurrents S&P et Fitch, l'agence intègre dans l'analyse de la note de crédit d'un Etat l'état de santé du système bancaire du pays dans la mesure où toute défaillance bancaire entraînerait une intervention des pouvoirs publics. C'est ce que les agences désignent sous le terme de "soutien implicite de l'Etat".

Pendant la crise, l'Etat français est ainsi intervenu pour sauver la banque franco-belge Dexia, le Crédit immobilier de France ou encore la filiale bancaire de PSA Peugeot Citroën sous la forme de garanties publiques ou d'injection de capital.

En 2008 puis début 2009, il avait aussi aidé les banques françaises à renforcer leur solvabilité financière et leurs fonds propres.

MOSCOVICI DÉFEND LES BANQUES

"Le secteur bancaire français est plus solide qu'il y a un an, il a réduit considérablement sa dépendance au financement de marché, il a amélioré son exposition à certains pays, il a accru ses fonds propres", a réagi mardi matin Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie lors d'une conférence de presse.

"Nos banques, notre secteur financier sont solides, très solides et les réformes que nous entreprendrons renforceront cette solidité", a-t-il ajouté en allusion à la réforme bancaire que le gouvernement doit présenter le 19 décembre pour restreindre leurs activités spéculatives.

Il reste que cette dégradation de la note de la France risque d'entraîner un nouvel abaissement des notes de crédit des établissements bancaires français, ce qui pourrait provoquer un renchérissement de leurs coûts de financement.

Les dettes long terme de ces quatre banques sont notées "A2" par Moody's. Seule la note du Crédit agricole est assortie d'une perspective négative. Elle est stable pour les trois autres.

"La crainte (des investisseurs, NDLR) vient plus des risques de détérioration des perspectives économiques de la France que du risque d'une hausse des coûts de financement des banques sur 2013", estime néanmoins un analyste financier basé à Paris.

Le Crédit agricole, la Société générale et le groupe BPCE, maison-mère de Natixis, n'ont pas souhaité commenter la décision de Moody's tandis que BNP Paribas n'était pas disponible dans l'immédiat pour réagir.

Depuis l'été 2011, au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro, les banques françaises ont entrepris de restructurer leurs activités de marché et de réduire la taille de leur bilan. Elles se sont dans le même temps efforcées de réduire leur exposition aux pays les plus durement frappés par la crise en Europe.

Outre la vente d'obligations souveraines, le Crédit agricole et la SocGen ont aussi vendu leurs filiales en Grèce. ( et )

Les banques françaises doivent désormais faire face au marasme économique qui devrait freiner la progression de leurs revenus dans leurs activités de banque de détail, principalement en France.

A la Bourse de Paris, les valeurs bancaires françaises étaient en repli vers 13h30 mais surperformaient légèrement, à l'exception de Natixis, l'indice bancaire européen en baisse de 1,14% au même moment.

BNP Paribas cédait 0,93% à 40,70 euros, Crédit agricole 0,45% à 5,72 euros et Société générale 0,27% à 25,71 euros. Natixis abandonnait de son côté 1,37% à 2,37 euros.

Avec Lionel Laurent et Christian Plumb

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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