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At&t : At&t se prépare à un échec du rachat de t-mobile

At&t se prépare à un échec du rachat de t-mobileAt&t se prépare à un échec du rachat de t-mobile

par Georgina Prodhan et Harro Ten Wolde

LONDRES/FRANCFORT (Reuters) - AT&T a annoncé jeudi qu'il inscrirait dans ses comptes une charge exceptionnelle de quatre milliards de dollars (3,0 milliards d'euros) pour couvrir le coût d'un éventuel échec de son projet de reprise de T-Mobile USA, une opération dont l'issue semble de plus en plus compromise.

L'opérateur américain et Deutsche Telekom, maison mère de T-Mobile USA, ont assuré poursuivre les démarches en vue d'obtenir le feu vert des autorités antitrust américaines à ce rachat de 39 milliards de dollars, qui pourrait menacer des milliers d'emploi, mais ils ont retiré le dossier déposé auprès de la Federal Communications Commission (FCC), l'autorité de régulation du secteur aux Etats-Unis.

"Cette démarche formelle est entreprise aujourd'hui par les deux sociétés afin de consolider leurs forces et de focaliser leurs efforts vers l'obtention d'une autorisation antitrust du Département de la Justice", ont déclaré les sociétés.

"AT&T et Deutsche Telekom gardent comme objectif la vente à AT&T des activités mobiles de Deutsche Telekom aux Etats-Unis", ajoute le communiqué, publié le jour de Thanksgiving, férié aux Etats-Unis.

Le département de la Justice (DOJ) et la FCC s'opposent à l'opération, qui pourrait ramener à trois seulement le nombre d'opérateurs mobiles nationaux.

Un feu vert de la FCC serait inutile sans celui du DOJ. A l'inverse, AT&T et Deutsche Telekom expliquent qu'ils déposeraient de nouveau leur dossier devant la FCC si le DOJ donnait son accord.

EVERYTHING EVERYWHERE COMME PLAN B ?

Pour les analystes, le projet de fusion semble désormais plus compromis que jamais, même si T-Mobile USA, le plus petit des quatre opérateurs mobiles nationaux américains, a besoin de s'adosser à un grand groupe.

Ceux d'Esperito Santo estiment ainsi que la décision d'AT&T de passer une charge de quatre milliards de dollars montre que le groupe lui-même ne croit plus guère à ses chances.

Si la cession de T-Mobile USA ne devait pas se faire, Deutsche Telekom pourrait être contraint de céder d'autres actifs et de sabrer ses coûts.

Des banquiers d'investissement du secteur des télécoms estiment que l'opérateur allemand a pour priorité immédiate de protéger son dividende.

Cela pourrait le conduire à céder sa participation dans le premier opérateur mobile britannique Everything Everywhere, qu'il détient à parts égales avec France Télécom.

"Il n'ya pas encore de plan B, mais ils ont commencé à se pencher là-dessus", souligne une source bancaire proche du dossier.

La coentreprise britannique est l'un des seuls actifs non-essentiels de Deutsche Telekom qui soit d'une valeur suffisante pour que sa vente permette d'investir pour développer T-Mobile USA.

L'EMPLOI, ENJEU CLÉ

A la Bourse de Francfort, l'action Deutsche Telekom a perdu 0,56% jeudi, clôturant à 8,69 euros, alors que l'indice sectoriel Stoxx Europe 600 des télécommunications abandonnait 0,45%.

La FCC avait annoncé il y a quelques jours son intention de transmettre le dossier à un juge administratif, en soulignant que la fusion se traduirait aux Etats-Unis par des suppressions d'emplois massives et par des pertes d'investissements tout en réduisant la concurrence.

Le DOJ, lui, estime que l'opération ferait monter les tarifs du mobile pour les particuliers et les entreprises.

T-Mobile USA emploie 36.000 personnes, AT&T 260.000.

Le groupe américain assure que le rachat pourrait favoriser la création de dizaines de milliers d'emplois pendant la période d'intégration et de modernisation des réseaux et il s'est en outre engagé à rapatrier 5.000 emplois délocalisés ces dernières années. Sans toutefois convaincre les observateurs.

"Je ne pense pas qu'il y ait un seul homme politique aux Etats-Unis prêt à être associé à une opération qui a un impact négatif sur la situation de l'emploi en Amérique", a déclaré à Reuters John Strand, de Strand Consult.

Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat et Jean Décotte

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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