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Alstom : Pour alstom le marché nucléaire promet, surtout allié avec areva

mercredi 18 juin 2008 à 15h54
BFM Bourse

par Benjamin Mallet

BELFORT (Reuters) - Alstom a dévoilé ses prévisions de croissance du nucléaire dans le monde en insistant sur l'idée que son projet de fusion avec Areva lui permettrait de mener une stratégie "plus ambitieuse" dans ce domaine.

Lors d'une visite sur le site d'Alstom à Belfort, le spécialiste des infrastructures d'énergie et de transport a également indiqué que l'Etat pourrait détenir une action spécifique ("golden share") dans le futur ensemble qu'il envisage de former avec le groupe nucléaire tout en soulignant qu'il souhaitait la mise en place d'une "unité managériale" globale.

"On prévoit un marché du nucléaire d'au moins 200 gigaWatts et peut-être même 240-250 GW par an de nouvelles installations", a déclaré lors d'une conférence de presse Philippe Joubert, président de la branche Power Systems.

Le nucléaire représente aujourd'hui 9% à 10% de la capacité mondiale de production d'électricité installée et 16% de la production.

La puissance nucléaire installée est de 380 GW environ, dont les deux tiers dans cinq pays (Etats-Unis, France, Japon, Russie et Allemagne), pour une capacité installée attendue à plus de 590 GW d'ici à 2030, a souligné Philippe Joubert.

La plus forte croissance du nucléaire est attendue en Asie tandis que l'Europe, la Russie et l'Amérique du Nord devraient entamer des programmes de remplacement en plus d'installer de nouvelles capacités.

Alstom est le premier fournisseur mondial d'îlots conventionnels de centrales nucléaires et dit avoir vendu 30% des ensembles turbines-alternateurs installés dans le monde.

Le groupe fournit notamment la turbine à vapeur "Arabelle", d'une puissance de 1.000 MW à 1.800 MW, qu'il revendique comme étant la plus puissante et la plus efficace au monde. Celle-ci sera notamment présente dans la centrale nucléaire EPR de Flamanville (Manche), en cours de construction.

"MOUTON A CINQ PATTES"

Les turbines permettent de détendre la vapeur d'eau dégagée par la chaleur créée dans les centrales nucléaires après la fission d'atomes d'uranium ou de plutonium et entraînent des alternateurs qui génèrent l'énergie électrique.

Patrick Kron, le P-DG d'Alstom, a une nouvelle fois défendu avec force le projet de rapprochement avec Areva, répétant que l'opération n'entraînerait à ses yeux aucune synergie négative mais aurait au contraire des effets positifs pour les deux groupes en termes de taille, de capacité à proposer une offre globale et intégrée et de synergies industrielles et financières.

"Chacun (des deux groupes) peut se prévaloir d'une stratégie autonome de développement, je pense simplement qu'une stratégie de rapprochement est beaucoup plus ambitieuse", a-t-il déclaré, estimant qu'Alstom pourrait notamment aider Areva à financer son développement dans l'amont.

"Nous avons une opportunité majeure de créer le leader mondial dans la génération d'électricité", a ajouté Patrick Kron, estimant toutefois que le nouvel ensemble envisagé - qui présenterait selon lui l'offre la plus large du marché - devrait afficher une "unité managériale" et non se transformer en "mouton à cinq pattes qui ne serait pas gérable".

Le P-DG d'Alstom a souligné qu'un rapprochement avec Areva impliquait de réfléchir au maintien du contrôle de l'Etat sur les activités sensibles du cycle du combustible du nucléaire et à la valorisation des deux sociétés.

"Dans la mesure où le rapprochement entre Alstom et Areva ne devrait pas entraîner un démantèlement d'Areva, l'Etat pourrait non seulement garder une participation dans le nouvel ensemble, mais aussi mettre en place un mécanisme de contrôle des activités sensibles, par exemple via une 'golden share', des règles de gouvernance ou tout autre système qui ne mettrait pas en cause l'unité de management et l'intégrité opérationnelle", a ensuite insisté Alstom dans un communiqué.

PAS D'ACCORD GLOBAL AVEC SIEMENS

Patrick Kron a également répété que des acteurs de taille beaucoup plus importante qu'Alstom et Areva - General Electric, Siemens et Toshiba - étaient présents sur le marché du nucléaire et que les deux groupes français s'adressaient aux mêmes clients.

Le gouvernement a lancé une réflexion sur l'avenir d'Areva, détenu à 78,96% par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), 5,19% par l'Etat, 3,59% par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), 3,21% par la holding publique Erap et 2,42% par EDF.

La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, explique depuis plusieurs mois que le groupe a besoin d'argent pour son développement alors que le nucléaire revient en force à travers le monde dans un contexte de prix élevé du pétrole. Elle a toutefois fait état de son opposition à un rapprochement avec Alstom en évoquant le risque d'"éviction" de Siemens.

Le P-DG d'Alstom a pour sa part déclaré mercredi qu'il excluait tout accord actionnarial global avec le groupe allemand en cas de rapprochement avec Areva mais a estimé que Siemens pourrait rester actionnaire minoritaire d'Areva NP (à 34%), la filiale du groupe spécialisée dans les turbines.

Une introduction en Bourse d'Areva avait été étudiée ces dernières années mais le groupe suscite des convoitises. Bouygues - qui détient un tiers d'Alstom - affiche depuis plusieurs mois son intérêt pour une entrée dans le nucléaire.

Edité par Jacques Poznanski

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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