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Alstom : Après le rejet de leur fusion, Siemens toujours à la peine et Alstom toujours en forme

mercredi 6 février 2019 à 13h05
Alstom ne souffre en rien de l'interdiction de la fusion, au contraire de Siemens

(BFM Bourse) - Largement anticipée, l'annonce mercredi par Margrethe Vestager de l'interdiction de la fusion entre Alstom et les activités de transport de Siemens n'altère pas le parcours boursier du français, qui accentue ses gains depuis le début de l'année, étant donné des perspectives suffisamment attrayantes même en solo. Inversement, le titre Siemens demeure mal orienté.

L'officialisation par la commissaire européenne à la concurrence de son refus d'autoriser Alstom et Siemens Mobility à fusionner ne change pas la donne pour chacun des deux groupes en Bourse: le français reste bien orienté tandis que l'allemand évolue à un plus bas depuis l'été 2016.

Rien ne sera venu à bout de l'inflexible commissaire - et surtout pas les épithètes lancés par un Joe Kaeser excédé, le PDG de Siemens ayant déploré que l'avenir de la mobilité ferroviaire en Europe soit décidé par des "technocrates rétrogrades". Malgré la menace constituée par l'émergence au niveau mondial du géant chinois CRRC, la patronne de l'antitrust européen a jugé qu'un tel rapprochement aurait porté atteinte à la concurrence sur les marchés des systèmes de signalisation ferroviaire et des trains à très grande vitesse.

"Importants problèmes de concurrence"

"Des millions de passagers en Europe comptent tous les jours sur des trains modernes et sûrs. Siemens et Alstom sont toutes deux des fers de lance de l'industrie ferroviaire. En l'absence de mesures correctives suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse. La Commission a interdit la concentration parce que les parties n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés", a déclaré Margrethe Vestager.

La décision fait suite à une enquête approfondie des services de la Commission sur l'opération de rachat, laquelle aurait permis à Siemens et à Alstom de mettre en commun leurs activités en matière de matériel et de services de transport dans une nouvelle société contrôlée par Siemens. Cette opération aurait réuni les deux plus grands fournisseurs de divers types de systèmes de signalisation pour lignes ferroviaires et de métros, ainsi que de matériel roulant en Europe, tandis que les deux entreprises sont en outre des leaders au niveau mondial, a souligné la Commission.

Le groupe chinois CRRC largement subventionné

Leur fusion aurait donc créé un leader incontesté du marché sur certains segments de la signalisation et un acteur dominant dans le secteur des trains à très grande vitesse, réduisant significativement la concurrence dans ces deux domaines, restreignant ainsi le choix des clients, notamment les opérateurs ferroviaires et les gestionnaires d'infrastructure ferroviaire, en matière de fournisseurs et de produits, et ne finisse par réduire l'innovation en matière de systèmes de signalisation et de matériel roulant à très grande vitesse, par évincer des concurrents plus modestes et se traduire par des prix plus élevés au final pour les clients.

Margrethe Vestager a également répondu aux nombreuses critiques politiques stigmatisant un affaiblissement consenti de l'Europe face à la montée en puissance du groupe chinois CRRC, largement subventionné par la Chine. La Commission estime "qu'il est hautement improbable que l'entrée de la Chine sur le marché ne constitue une contrainte concurrentielle pour les parties à la concentration dans un avenir prévisible". A ce jour, CRRC construit certes un nombre de matériels roulant beaucoup plus important, mais n'a encore commercialisé aucun train à grande vitesse à l'étranger, et ses capacités notamment dans le domaine de la signalisation (essentiel parce qu'il conditionne la sécurité) n'apparaissent pas à la hauteur de ses concurrents européens. "Construire des trains à grande vitesse ne s'improvise pas si facilement", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse mercredi.

D'une part, "une entreprise ne sera pas concurrentielle à l'étranger si elle n'a pas de concurrence à la maison", a assuré la Commissaire.

Alstom en hausse, Siemens à la peine

Au plan boursier, Siemens a perdu 16% l'an dernier et s'affiche en repli depuis le 1er janvier, au contraire d'Alstom qui a démarré 2019 en hausse, après avoir déjà progressé au cours des deux dernières années. Leur tendance respective demeure la même mercredi : Alstom s'adjuge 4% vers 13h00 quand l'allemand perd 0,3%.

Les problèmes de l'ancien géant allemand sont en effet multiples. Sa division énergie est à la peine, aussi bien dans la partie dédiée aux centrales conventionnelles que dans les énergies nouvelles, avec une chute de sa rentabilité en 2018 à seulement 3%. La division des technologies pour le bâtiment a vu ses revenus stagner. La branche de processus industriels s'améliore mais demeure en deçà des objectifs. Quant à la branche Healthineers, dont Siemens a introduit 15% du capital à la Bourse de Francfort en mars 2018, son parcours initialement encourageant (+36% en moins de six mois) s'est depuis nettement affaibli.

A contrario, les fondamentaux d'Alstom apparaissent toujours bien orientés. Focalisé sur le transport, le groupe bénéficie d'une demande mondiale qui demeure croissante et son carnet de commande atteint le niveau record de 39,7 milliards d'euros. La part croissante des services dans ses revenus lui permet d'améliorer ses marges. Le groupe a en outre fortement amélioré sa situation de trésorerie grâce au paiement reçu de General Electric.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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