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AIRBUS GROUP

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Airbus group : Un premier trimestre "pas beau à voir" et pourtant le titre monte… Pourquoi Airbus grimpe en Bourse alors que ses résultats ont manqué les attentes

Aujourd'hui à 11:54
Airbus monte en Bourse

(BFM Bourse) - Le groupe d'aéronautique et de défense a publié un résultat opérationnel ajusté et un décaissement de trésorerie en dessous des attentes sur les trois premiers mois de 2026. Mais la société a confirmé ses objectifs annuels et sa direction a donné des éléments rassurants sur sa production et ses livraisons.

Non, des résultats inférieurs aux attentes ne sont pas systématiquement sanctionnés en Bourse. Airbus le démontre, ce mercredi 29 avril.

Le groupe d'aéronautique et de défense s'adjuge 1,6% en fin de matinée, signant la deuxième plus forte hausse du CAC 40 (derrière STMicroelectronics,+3,6%) alors que ses comptes du premier trimestre ont manqué le coche.

Sur les trois premiers mois de 2026, Airbus a dégagé des revenus de 12,7 milliards d'euros en baisse de 7%. Le résultat opérationnel ajusté s'est inscrit à 300 millions d'euros, soit 52% de moins que sur la même période de 2025, et nettement moins que les 348 millions d'euros attendus par les analystes, selon un consensus mis en ligne par la société.

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Une sortie de cash supérieure aux attentes

Ces résultats ont notamment été pénalisés par des livraisons d'avions en net repli, le groupe ayant expédié 114 appareils contre 136 unités sur les trois premiers mois de 2025.

En conséquence, le résultat opérationnel ajusté de la division d'aéronautique civil de la société a déçu, avec 81 millions d'euros générés contre 158 millions d'euros attendus. A contrario, les activités de défense et spatiales ont affiché un résultat opérationnel ajusté de 130 millions d'euros, nettement au-dessus du consensus (111 millions d'euros).

Airbus a par ailleurs accusé un décaissement de trésorerie plus fort que redouté par les bureaux d'études. La société a brûlé pour 2,5 milliards d'euros de cash, avant financement des clients, quand les analystes tablaient sur un flux de trésorerie négatif de 1,73 milliard d'euros.

In fine, "le premier trimestre n’est certes pas beau à voir", convient Oddo BHF. Mais cette publication "reflète surtout une saisonnalité exacerbée et des éléments exceptionnels", ajoute le courtier.

La direction du groupe a donné sur ce point des éléments d'explications cruciaux lors de la conférence téléphonique avec les analystes, organisée mardi soir.

Une vingtaine d'avions non livrée en Chine

Le groupe a certes brûlé plus de cash qu'attendu. Mais ce décaissement de trésorerie s'explique par une "désynchronisation" entre la production et les livraisons. Ce décalage a conduit la société a accumulé beaucoup plus de stocks ce qui a gonflé le besoin en fonds de roulement et pesé sur la trésorerie, a indiqué le directeur financier, Thomas Toepfert.

L'inadéquation entre la production et les livraisons a pour source deux éléments exceptionnels. Premièrement, Airbus a pâti de difficultés d'approvisionnement sur les panneaux de fuselage chez son fournisseur américain Pratt&Whitney (propriété de RTX) qui a rencontré des soucis de qualité l'an passé sur ces pièces.

Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, a toutefois assuré que l'impact restait "limité" et qu'il serait confiné au premier semestre 2026, sur les livraisons du groupe.

Surtout, le dirigeant a révélé que l'avionneur avait rencontré des problèmes administratifs sur la livraison de près de 20 appareils à des clients chinois. Ces avions ont donc été produits mais le groupe n'a pas pu les expédier à ses propriétaires au premier trimestre, créant de fait une immobilisation de cash.

Guillaume Faury a assuré que "l'origine du problème" était dans le rétroviseur et que les livraisons avaient repris. Autrement dit, Airbus rattrapera son retard au deuxième trimestre sur ce point.

Par ailleurs, la société continue d'être pénalisée par les difficultés sur l'approvisionnement de moteurs chez Pratt Whitney, qui fournit environ 40% des moteurs des A320 neo, le monocouloir phare d'Airbus, les quelque 60% restant étant équipés des moteurs Leap de CFM International, une coentreprise entre Safran et General Electric.

Guillaume Faury a expliqué que les soucis de montée en cadence chez Pratt&Whitney portaient sur les exercices 2026 et 2027.

Le dialogue est tendu entre Airbus et son fournisseur. Mais le président exécutif a bien précisé que le nombre de moteurs "Pratt&Whitney" livré à Airbus cette année était "gelé et stable"et intégré dans les prévisions de la société. Ce nombre de moteurs ne constitue pas un point d'achoppement entre les deux sociétés, a-t-il ajouté.

"Le nombre de moteurs Pratt&Whitney prévus pour cette année est fixé, ce qui ne devrait donc pas constituer un risque pour les livraisons de l'exercice 2026", écrit Bank of America.

Par ailleurs, Guilllaume Faury a assuré que la montée en cadence de la production d'Airbus se déroulait conformément à son plan pour 2026.

Jefferies qualifie les indications des dirigeants d'"utiles", et de nature à soutenir le cours de l'action, ce mercredi.

Airbus devra encore cravacher

Les commentaires de la direction d'Airbus ont donc, en partie, "dérisqué" les perspectives annuelles de la société, qui ont été reconduites.

La société compte toujours générer livrer environ 870 appareils en 2026, une résultat opérationnel ajusté d'environ 7,5 milliards d'euros et un flux de trésorerie libre avant financement clients d'environ 4,5 milliards d'euros.

"Si certains investisseurs craignaient un abaissement de la guidance (les perspectives 2026, NDLR) dès cette publication, ce n’est pas le cas", constate Oddo BHF.

"Airbus réitère l’ensemble de ses objectifs soulignant qu’ils intègrent d’ores et déjà une position prudente à la suite des récents problèmes d'exécution ainsi que vision inchangée sur la situation de Pratt&Whitney, le nombre de livraisons de moteurs attendues pour 2026 étant qualifié de stable et gelé", poursuit le courtier.

In fine, Royal Bank of Canada estime que l'action Airbus se trouve à un point d'inflexion, le pessimisme du marché à l'égard du titre ayant probablement atteint son point bas. À compter du deuxième trimestre 2026, la génération de trésorerie de la société s'améliorera, anticipe la banque canadienne qui a confirmé son avis à "surperformance".

Deutsche Bank évoque "un premier trimestre décevant mais des perspectives de livraisons améliorées".

"La société a fourni des explications utiles concernant le retard pris au premier trimestre en matière de livraisons et le rattrapage prévu au deuxième et au troisième trimestre, rassurant ainsi sur sa capacité à respecter ses prévisions pour l'exercice 2026", apprécie l'établissement d'outre-Rhin.

"S'il est encourageant de voir que l'entreprise maintient son objectif de livraison, nous constatons toutefois que le rythme des livraisons devra s'accélérer considérablement à partir de maintenant pour que cet objectif soit réalisable", nuance de son côté Citi.

"D'une manière générale, nous estimons que le chiffre du mois de mai devra dépasser les 70 pour que l'objectif de 870 soit réalisable", poursuit la banque américaine.

"À partir de là, l'accent reste mis sur l'exécution, l'accélération des livraisons étant essentielle pour rétablir la confiance", abonde Barclays.

Oddo BHF souligne quelques données encourageantes. "Les données de premiers vols et de Beluga montrent une amélioration claire depuis mars, compatible avec une normalisation graduelle de la dynamique industrielle. Le cas d’investissement reste donc pleinement valide", note le courtier.

Le Beluga, est un avion de transport de matériel dont la forme évoque un sympathique cétacé. Airbus l'utilise pour véhiculer des sections d'avions entre ses différents sites de production. Surveiller les vols de cet appareil à usage interne chez Airbus permet donc d'avoir des indicateurs avancés des livraisons.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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