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AIRBUS GROUP

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Airbus group : Le succès commercial d'Airbus éclipsé par les charges liées à l'enquête anti-corruption et à l'A400M

jeudi 13 février 2020 à 17h15
Exercice 2019 contrasté pour Airbus

(BFM Bourse) - En dépit d'excellentes performances sur les plans commercial et opérationnel, le bilan financier de l'exercice 2019 de l'avionneur européen apparaît contrasté. En raison des 5,6 milliards d'euros de charges exceptionnelles, son résultat net comptable est déficitaire. La publication est fraîchement accueillie par le marché parisien.

Exercice 2019 à deux visages pour Airbus. Côté pile, le constructeur aéronautique européen a ravi à son concurrent Boeing la couronne de premier avionneur civil mondial avec un carnet de commandes de 7.725 appareils à fin janvier, correspondant à un montant de 471 milliards d'euros, un record historique. La performance opérationnelle est également particulièrement convaincante, avec des revenus en hausse de 11% à 70,5 milliards d'euros, un résultat opérationnel de près de 7 milliards d'euros (+19%) et des livraisons dépassant nettement le record établi lors de l'exercice précédent (863 appareils livrés en 2019, contre 800 en 2018). Côté face, le groupe basé à Toulouse a annoncé une perte nette de 1,36 milliard d'euros pour 2019, ses comptes annuels étant plombés par 5,6 milliards d'euros de charges exceptionnelles.

Face à cette publication contrastée, le titre Airbus lâche 2,6% -deuxième plus fort repli du CAC 40- à 133,1 euros vers 15h45.

5,6 milliards d'euros de charges exceptionnelles

Un montant de 3,6 milliards d'euros lié au règlement d'un litige aux Etats-Unis, en France et au Royaume-Uni sur des soupçons de corruption a été passé dans les charges de l'exercice. L'affaire dite des "pots de vin" menaçait le groupe depuis 2016 et l'accord trouvé avec le parquet national financier (PNF) en France, son équivalent britannique, le Serious Fraud Office britannique (SFO) et le DoJ aux États-Unis, annoncé il y a deux semaines, avait toutefois été salué par le marché.

Mais l'avionneur évoque a aussi dévoilé une nouvelle charge de 1,2 milliard d'euros sur le programme d'avion de transport militaire A400M. "Les ambitions d'exportation s'avèrent de plus en plus difficiles à atteindre pour la phase contractuelle initiale" de ce programme au développement chaotique, souligne Airbus, notamment "en raison de la prolongation répétée de l'interdiction d'exportation de l'Allemagne vers l'Arabie Saoudite" décrétée après l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à l'automne 2018.

Ce à quoi il faut encore ajouter une charge de 221 millions d'euros, également en raison de la suspension par l'Allemagne des licences d'exportation de matériels militaires vers Riyad, et 200 millions d'euros au titre de l'arrêt du programme A380, dont le dernier des 251 exemplaires commandés doit être livré en 2021.

Interrogé par Hedwige Chevrillon sur BFM Business jeudi matin, le PDG d'Airbus Guillaume Faury a admis que la situation était "un peu contrastée sur le résultat net", mais estime que celle-ci "reflète le fait qu'on a mis beaucoup de sujet derrière nous et qu'on est paré pour le futur". Le dirigeant juge par ailleurs que son groupe a "réalisé un très bon exercice 2019, avec de solides performances financières sous-jacentes essentiellement liées à nos livraisons d'avions commerciaux".

Montée en cadence

L'avionneur, qui indique avoir atteint le seuil de rentabilité pour son gros-porteur A350, a enregistré 768 commandes en 2019, porté par le succès de son A321neo, et notamment de sa nouvelle version à très long rayon d'action lancée en juin, l'A321 XLR. Pour l'exercice en cours, Airbus table sur une croissance de l'économie et du trafic aérien "conforme aux prévisions indépendantes" et "sur l'absence de perturbation majeure, y compris résultant du coronavirus". L'enjeu pour l'avionneur apparaît surtout désormais de poursuivre sa montée en cadence. À cet égard, il prévoit de livrer "environ 880 avions commerciaux" en 2020, contre 863 en 2019.

En sus, dans le cadre de la montée en cadence de la production d'A220, qui nécessite des investissements, notamment pour une nouvelle chaîne d'assemblage final à Mobile (Etats-Unis), Airbus va racheter la participation du constructeur canadien, criblé de dettes, dans ce programme. Airbus détiendra ainsi 75% de la société en commandite Airbus Canada qui gère le programme A220 (le solde restant au gouvernement canadien), tandis que Bombardier recevra 591 millions de dollars en échange de ses parts. Depuis qu'Airbus a pris les commandes du programme en juillet 2018, les commandes d'A220 ont grimpé de 64% et s'élèvent, à fin janvier, à 658 appareils.

Parmi les autres objectifs établis pour 2020, Airbus compte porter son résultat d'exploitation (Ebit) ajusté à 7,5 milliards, contre 6,95 milliards d'euros, ainsi qu'un flux de trésorerie disponible d'environ 4 milliards d'euros.

Guillaume Faury a également donné son avis jeudi matin sur BFM Business sur la passe difficile que traverse son concurrent Boeing, dont les 737 MAX sont toujours cloués au sol, depuis maintenant plus d'un an.

Après avoir affiché pour l’année 2019 des commandes nettes négatives et des livraisons en chute libre, l'avionneur américain démarre aussi mal l'année 2020 qu'il a bouclé 2019. Le groupe basé à Seattle affiche en effet aucun commande -une première depuis 1962- et seulement 13 livraisons, dont trois monocouloirs et six 787, sur le premier mois de son exercice 2020. Le dirigeant d'Airbus a ainsi évoqué une "situation assez inhabituelle". "Boeing a encore des problèmes à traiter de son côté mais cela constitue également un risque pour nous car les problèmes liés au 737 ont potentiellement des impacts sur nos fournisseurs communs (notamment Safran, NDLR)".

Toujours concernant le trou d'air de son concurrent, le PDG d'Airbus a indiqué qu'il ne souhaitait "pas spéculer sur la situation de Boeing" n'ayant pas assez d'informations pour le faire, ajoutant toutefois qu'il s'agit d'une situation "assez longue à résoudre" et qu'on peut "imaginer que les choses commencent à se clarifier dans l'année 2020" avec "potentiellement un retour en service de leur appareil dans la deuxième partie de l'année".

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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