PARIS (Reuters) - L'éviction annoncée de Pierre-Henri Gourgeon d'Air France-KLM et la reprise en main du groupe par son président Jean-Cyril Spinetta, pourrait constituer un électrochoc salvateur pour la compagnie franco-néerlandaise, pénalisée par indicateurs financiers dans le rouge et une gestion controversée de la catastrophe du Rio-Paris.
Dans ce scénario évoqué lundi par la presse, Alexandre de Juniac, ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, prendrait non seulement la direction de la compagnie Air France, une décision qui était déjà largement attendue, mais serait positionné pour prendre à terme la direction générale de l'ensemble du groupe Air France-KLM.
Une porte-parole du groupe s'est refusée à tout commentaire, confirmant seulement la tenue d'un conseil d'administration dans l'après-midi et la probable publication d'un communiqué en fin de journée.
Pierre-Henri Gourgeon était devenu directeur général du groupe en janvier 2009, tandis que Jean-Cyril Spinetta, artisan de la fusion entre Air France et KLM, conservait la présidence.
La mise à l'écart de Pierre-Henri Gourgeon interviendrait à peine plus de trois mois après sa reconduction, début juillet, pour un mandat de quatre ans par les actionnaires du groupe à une écrasante majorité.
"C'est un électrochoc. On est un peu surpris car Air France n'est pas une compagnie qui a l'habitude d'agir comme ça. Cela étant, c'est plutôt une bonne nouvelle car Pierre-Henri Gourgeon n'a pas vraiment bonne presse auprès des analystes", explique un analyste sous couvert d'anonymat.
Vers 12h15, le titre gagnait 4,4% à 5,753 euros. Il a chuté de 62% depuis le début de l'année, ramenant sa capitalisation à seulement 1,7 milliard d'euros, sous-performant largement à la fois l'allemande Lufthansa et IAG, entité issue de la fusion de British Airways et de l'espagnole Iberia.
Pierre-Henri Gourgeon paierait ainsi le prix de sa gestion de la compagnie, dont l'Etat français détient 15,7% du capital, qui est trop endettée, trop lente à réagir et trop peu rentable, avec notamment des coûts salariaux largement supérieurs à ceux de ses concurrentes.
Selon la presse, Pierre-Henri Gourgeon aurait imposé Alexandre de Juniac au poste nouvellement créé de directeur général de la compagnie Air France alors que Jean-Cyril Spinetta soutenait la candidature de Lionel Guérin, patron de Transavia France.
La catastrophe du vol Rio-Paris en juin 2009, troisième accident grave subi par Air France en dix ans, a également suscité des interrogations sur la formation technique de ses pilotes, après la publication du rapport d'étape du Bureau d'enquêtes et analystes (BEA).
Cyril Altmeyer, avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot
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