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Un accroissement de 500 milliards d'euros du soutien de la BCE attendu de pied ferme

mercredi 9 décembre 2020 à 08h01
La pression est sur les épaules de Christine Lagarde

(BFM Bourse) - La réunion de politique monétaire de la BCE sera scrutée par les investisseurs jeudi, alors que la vigueur de la deuxième vague épidémique contraint l'autorité monétaire à renforcer son programme de rachat d'actifs. Une augmentation insuffisante de celui-ci pourrait provoquerait un nouveau renchérissement de la monnaie unique, déjà à un sommet depuis 2018.

Les experts sont unanimes: la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer jeudi un renforcement de son soutien à l'économie de la zone euro. Les membres de la puissante institution francfortoise l'ont clairement laissé entendre lors de la dernière réunion du conseil des gouverneurs en octobre dernier, à l'issue de laquelle les responsables ont clairement indiqué qu'une nouvelle augmentation du programme était probable. "La présidente Christine Lagarde a noté qu'il y avait eu une "nette détérioration" des perspectives à court terme à la suite de l'annonce des nouvelles mesures de confinement, et que la banque (centrale, NDLR) réagirait rapidement pour remédier à la situation" souligne Augustin Doittau, analyste et Forex Dealer chez Ebury France.

La force et la vigueur de la deuxième vague de Covid-19 a notamment contraint les deux premières puissances économiques de la zone euro à réimposer des confinements, tandis que de nombreux autres pays du bloc ont mis en place une série de mesures allant de la fermeture des restaurants au couvre-feu. "L'imposition de ces mesures a suscité des inquiétudes quant à un nouveau ralentissement de l'activité économique dans la zone euro et a poussé les investisseurs à doubler leurs paris sur un assouplissement supplémentaire de la politique de la Banque centrale européenne" lors de sa réunion de jeudi, explique l'expert.

Peu de marges sur les taux

Il rappelle en outre que "tout au long de la crise, la BCE a eu peu de marge de manœuvre pour réduire ses taux d'intérêt déjà négatifs, s'engageant plutôt à stimuler l'économie par le biais de programmes d'achat d'actifs. Le nouveau programme de la banque, le Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP), a été élargi en juin, la BCE s'engageant à acheter une enveloppe totale d'actifs d'une valeur de 1.350 milliards d'euros jusqu'à la fin juin 2021 au moins".

Pour faire face aux conséquences économiques de la deuxième vague, le marché table désormais sur un renforcement de ce programme de 500 milliards d'euros supplémentaires, accompagné d'une nouvelle prolongation de six mois du PEPP jusqu'à la fin de l'année 2021. Cette hypothèse -largement partagée au sein des investisseurs- est également celle retenue par Augustin Doittau.

"Nous pensons que le marché a déjà presque entièrement intégré ces mesures, et nous ne nous attendons donc pas à ce qu'une telle annonce entraîne une baisse réelle de l'euro" explique-t-il. En revanche, "une augmentation plus modeste du programme, inférieure à environ 400 milliards d'euros, serait une surprise pour les investisseurs et déclencherait probablement une hausse immédiate de la monnaie unique dès jeudi" avance-t-il. Dans le cas contraire, à savoir "si la BCE annonce une série de nouvelles mesures plus agressives, combinées à d'importantes révisions à la baisse du PIB et à des déclarations de Lagarde qui tempèrent l'optimisme autour des vaccins et/ou suscitent des inquiétudes quant à une monnaie plus forte, cela pèserait selon nous sur l'euro".

La monnaie unique au plus haut depuis deux ans

Au-delà des annonces relatives à l'expansion du PEPP, Augustin Doittau considère que "tout commentaire sur la force de l'euro peut constituer le risque majeur pour la monnaie unique. Compte tenu de l'ampleur de la hausse ininterrompue de l'euro, il pourrait y avoir un retracement significatif si cela s'avérait être le cas" prédit-il encore.

De fait, la monnaie unique a récemment touché un sommet depuis septembre 2018 face au billet vert, ce qui "a clairement énervé plusieurs responsables politiques de la BCE car il rend les exportations européennes plus chères" souligne Fawad Razaqzada, analyste de Thinkmarkets. Si elle a maintes fois répété que l'institution n'avait pas encore grillé toutes ses cartouches -loin de là- Christine Lagarde sera donc particulièrement attendue au tournant ce jeudi.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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