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Face à la montée des tensions mondiales, ces trois émergents pourraient tirer profit de leur stabilité

dimanche 2 juin 2019 à 08h00
L'Inde a reconduit un chef d'Etat réformiste

(BFM Bourse) - Au cours des dernières semaines, les citoyens d'Indonésie, d'Afrique du Sud et d'Inde ont reconduit leurs dirigeants sortants, permettant la poursuite de politiques réformistes.

Plusieurs élections récentes ont été marquées par une certaine continuité du côté des économies émergentes. L’Indonésie, l’Afrique du Sud et l’Inde ont ainsi tous trois confirmé leurs dirigeants actuels, en leur accordant des majorités suffisamment larges pour pouvoir poursuivre leurs réformes économiques. Aux yeux de Stéphane Monier, responsable des investissements pour le groupe genevois Lombard Odier chacune de ces trois démocraties a créé les conditions du changement, les dirigeants réélus promettant la poursuite de réformes structurelles qui devraient stimuler la croissance - en net contraste avec l'Union européenne où une vision politique commune fait toujours défaut. À terme, le potentiel des marchés émergents devrait ainsi susciter un réel enthousiasme, estime le spécialiste - sous réserve d'une résolution du conflit commercial sino-américain qui tend à occulter tout autre facteur pour les marchés.

L’Indonésie, un archipel de 17.000 îles

Le président indonésien Joko Widodo a été réélu avec 55,5% des suffrages, soit 154 millions de votes, pour un deuxième mandat de cinq années. Comme en 2014, le leader de l’opposition a contesté cette victoire et de violentes émeutes ont éclaté à Jakarta. Toutefois, la commission électorale a estimé qu’il n’existait aucune preuve de fraude électorale. "Jokowi", plutôt conservateur sur le plan budgétaire, prévoit de poursuivre les réformes engagées, notamment la création d’un registre foncier national qui permettrait de résoudre les conflits de propriété et de redistribuer la terre aux tribus autochtones. En somme, estime Stéphane Monier, sa réélection permettra la poursuite d’efforts en faveur de la croissance du PIB, à condition toutefois que la population jeune du pays puisse bénéficier de dépenses en infrastructures et d’améliorations du droit du travail.

Un créneau pour les réformes en Afrique du Sud

Cyril Ramaphosa, le président sortant du Congrès national africain (ANC), a été réélu par son parti la semaine dernière après la victoire remportée lors des élections législatives du 8 mai. Ayant recueilli 57% des voix (néanmoins le plus faible score depuis la fin de l’apartheid), l’ANC donne mandat au président Ramaphosa pour modifier la constitution, afin de permettre l’expropriation des terres sans compensation en retour et de lutter contre la corruption qui a contraint son prédécesseur, Jacob Zuma, à quitter ses fonctions. Aux prises avec un déficit courant qui s’aggrave, une productivité en baisse et un taux de chômage de à 27,1%, l’Afrique du Sud souffre de faiblesses structurelles qui nécessitent d’importantes réformes. Toutefois, avec une prévision de croissance de 1,5% cette année, pas loin du double de 2018, et des taux d’intérêt pour le moment maintenus à 6,75%, le dirigeant dispose aujourd'hui du temps nécessaire pour s’attaquer aux inégalités du pays et à la corruption. En 2017, selon Ebrahim Patel, le ministre du Développement économique sud-africain, ce fléau aurait coûté à l’économie nationale au moins 27 milliards de rands (1,9 milliard de dollars) par an.

Raz-de-marée électoral pour Narendra Modi

Le Premier ministre indien a remporté une victoire écrasante lors du plus grand scrutin électoral jamais organisé dans le monde, après avoir fait campagne sur une politique à la fois plus dure en matière de sécurité nationale et plus favorable aux entreprises. Jamais depuis 1957 un président n'avait été réélu avec un aussi large suffrage, qui plus est dans le cadre de la plus forte participation électorale qu’ait jamais connue le pays (67,1% des inscrits). Ceci étant, le taux de chômage en Inde est à son plus haut niveau depuis vingt ans. Par ailleurs, la stratégie électorale de Narendra Modi a surtout consisté à attaquer ses opposants politiques, à souligner les différences religieuses et à mettre l’accent sur la sécurité nationale, vis-à-vis du Pakistan en particulier, a rappelé le gérant. Des interrogations demeurent également quant au maintien de l’indépendance de la banque centrale. Depuis que le nouveau gouverneur a pris ses fonctions en décembre, la South African Reserve Bank a réduit ses taux directeurs à deux reprises, à la suite de critiques du gouvernement selon lesquelles le coût élevé du crédit freinait la croissance.

Les réformes pro-entreprises du président Modi ont permis de réviser les taxes sur les ventes, d’améliorer la circulation de la monnaie, ainsi que d’accélérer les procédures de faillite et d’arbitrage des sociétés. Une productivité accrue, conjuguée à une hausse de l'investissement étranger direct, a permis à l’Inde d’enregistrer une croissance à deux chiffres pendant cinq trimestres consécutifs. Le scrutin devrait renforcer cette action réformiste. Cependant, avec le poids démographique grandissant de la nouvelle classe moyenne et d’un électorat jeune, le pays doit tirer parti de la stabilité offerte par le maintien de Modi au pouvoir pour stimuler la croissance des revenus dans les années à venir.

À l'heure actuelle, le risque découlant du conflit commercial opposant les États-Unis à la Chine neutralise l’effet des fondamentaux positifs au sein des économies émergentes. Cependant, une fois le différend résolu, il pourrait être intéressant de rebâtir des positions sur les actifs émergents, juge le responsable des investissements de Lombard Odier.

G. B. - ©2020 BFM Bourse
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