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Wall Street : Wall Street grimace sous une pluie de résultats

jeudi 29 octobre 2026 à 15h25
BFM Bourse

(Zonebourse.com) - Les indices américains débutent la séance en marche arrière : une heure après la cloche, le Nasdaq cède 1,2% derrière le S&P et le Dow Jones (-0,3%). Hier soir, les résultats contrastés d'Alphabet ont relancé les inquiétudes autour des valeurs technologiques. Le marché a immédiatement réagi avec de nouveaux dégagements dans le secteur des semis.

Après quelques jours d'accalmie, le secteur des puces replonge, dans le sillage des résultats mitigés d'Alphabet, qui s'enfonce de 12% aujourd'hui, soit la plus forte contraction de son histoire. Micron cède ainsi 2,9%, derrière Intel (-2,5%), Broadcom (-2,4%), AMD (-1,5%) ou encore Qualcomm (-0,9%). Les interrogations sur la rentabilité des investissements massifs dans l'intelligence artificielle continuent aussi de peser sur les valeurs technologiques.

Oracle (-3%) a pourtant fait savoir qu'il prévoyait de dégager un flux de trésorerie disponible (FCF) positif d'ici 2029, soit un an plus tôt qu'anticipé par le marché. Le FCF attendu pour 2029 s'élèverait à 30 milliards de dollars, un montant jugé "très honorable" par Pierre-Yves Gauthier, analyste chez AlphaValue. Cette perspective est encourageante alors que les investisseurs s'interrogent sur la capacité des géants technologiques à rentabiliser leurs dépenses dans l'IA.

"Il s'agit d'une nouvelle lueur d'espoir dans le paysage économique pour le moins singulier des centres de données dédiés à l'IA, après qu'Anthropic a fait savoir qu'il atteindrait la rentabilité en 2026. Est-il temps de miser à nouveau tout ce que l'on possède sur l'avenir de l'IA ?", s'interroge le spécialiste.

Dans cet environnement teinté d'incertitudes, Microsoft a rassuré les intervenants hier soir en dévoilant un chiffre d'affaires en hausse de 19% sur un an, atteignant 92,28 MdsUSD (les analystes tablaient plus modestement sur 90,69 MdsUSD). Le bénéfice net a progressé pour atteindre 36,63 MdsUSD, contre 27,75 MdsUSD un an auparavant. Des performances qui témoignent de la vigueur de l'activité du groupe, malgré ses investissements massifs dans l'IA.

"Ces résultats confirment justement la dynamique de la demande pour ces solutions. Ils rassurent également sur la capacité financière du groupe, qui s'efforce de maîtriser ses coûts après avoir annoncé la suppression de 4 800 postes et proposé des départs volontaires à 60 000 salariés", explique en substance Jean-Patrice Prudhomme, directeur produits et solutions chez Milleis Banque Privée.

Un fond de prudence reste néanmoins de mise. Chez Fitch Ratings, on rappelle que les centres de données spécialement conçus pour l'entraînement des modèles d'intelligence artificielle (IA) sont fortement exposés à un éventuel choc défavorable au sein de l'écosystème de l'IA, "d'une ampleur susceptible d'entraîner des dégradations de notes pour les émetteurs concernés".

Partagé entre l'espoir de mirifiques perspectives de croissance et les craintes de surinvestissement, les intervenants seront très attentifs aux publications d'Intel et d'Amazon, attendues ce soir, qui pourraient permettre d'en savoir plus sur la trajectoire des dépenses et de la demande liées à l'IA.

La Fed temporise

Au-delà des valeurs technologiques, les marchés digèrent l'annonce du statu quo de la Fed sur ses taux, une décision largement anticipée par les investisseurs.

"Le président de la Fed, Warsh, a réaffirmé son appréciation positive de la conjoncture économique et a, une nouvelle fois, privilégié une approche moins réactive, axée sur la stratégie plutôt que sur la réaction à chaque nouvelle donnée économique", rappelle Christian Scherrmann, économiste en chef pour les Etats-Unis chez DWS.

A ce titre, plusieurs indicateurs publiés en début d'après-midi sont venu témoigner de la résilience de l'économie et du marché de l'emploi outre-Atlantique. Ainsi, le PIB des Etats-Unis a progressé de 3,4% au 3e trimestre, alors que les analystes tablaient sur une hausse plus limitée de 3,2%. Une croissance plus robuste qu'attendu, qui conforte le scénario d'une économie américaine toujours dynamique.

Réagissant à cette publication, les analystes de chez Commerzbank anticipent une poursuite de l'expansion économique en 2027, mais à un rythme plus modéré, en raison de conditions de financement moins favorables, d'un ralentissement attendu des investissements dans l'IA et de l'essoufflement des mesures de relance budgétaire.

Par ailleurs, le taux d'inflation américain au sens de l'indice des prix PCE s'est établi à 3,6% en septembre, en hausse par rapport au mois précédent (3,4%), conformément aux anticipations des économistes. Cette persistance des tensions inflationnistes pourrait conforter la Fed dans sa volonté de maintenir une approche prudente en matière de politique monétaire.

Enfin, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties à 194 000, contre 199 000 attendues et après 195 000 la semaine précédente, confirmant la bonne tenue du marché de l'emploi américain.

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