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Marché : L'Europe finit dans le rouge, le pétrole et la "tech" pèsent

Aujourd'hui à 18:47
Marché : L'Europe finit dans le rouge, le pétrole et la

par Diana Mandia

28 avril (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi, les investisseurs se montrant frileux face au risque alors que l'impasse au Moyen-Orient maintient les prix du pétrole à un niveau élevé et que les craintes liées à l'IA refont surface à quelques heures de la publication des résultats de plusieurs géants de la "tech" américaine.

À Paris, le CAC 40 a perdu 0,46% à 8.104,09 points et, à Francfort, le Dax a reculé de 0,18%.

La Bourse de Londres, soutenue par la hausse des prix du pétrole et les résultats de BP, a pris 0,11%.

L'indice EuroStoxx 50 a fini sur une baisse de 0,29%, le FTSEurofirst 300 a perdu 0,33% et le ⁠Stoxx 600 a abandonné 0,30%.

La dernière proposition que l'Iran a transmise aux États-Unis ne satisfait pas le locataire de la Maison blanche, a indiqué un représentant américain, tandis ‌que l'incertitude qui entoure la normalisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz, bloquée depuis fin février, maintient les prix du pétrole à un niveau élevé.

Cette situation alimente encore les craintes d'une vague inflationniste susceptible d'entraîner une politique monétaire plus restrictive et de nuire aux résultats des entreprises et à l'activité économique.

La Banque mondiale a averti mardi que les prix de l'énergie pourraient augmenter de 24% en 2026 pour atteindre leur plus haut niveau depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en ​2022, si les perturbations les plus graves causées par la guerre venaient à prendre fin en mai.

Un sondage Reuters mené auprès d'environ 500 économistes estime en outre que l'inflation sera cette année nettement plus élevée ​que prévu il y a trois mois dans la plupart des pays, ce qui n'incite guère à l'optimisme à ​l'approche des annonces sur les taux des principales banques centrales du monde, y compris la Réserve fédérale americaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE).

Les effets de la flambée des coûts énergétiques se reflètent déjà dans la plupart des indicateurs et enquêtes macroéconomiques. Dans la zone euro, par exemple, les consommateurs ont revu à la hausse de manière significative leurs prévisions ​d'inflation et les banques ont durci les conditions d'accès au crédit, montrent deux sondages de la BCE publiés mardi.

"Les marchés anticipent déjà ​plus de deux hausses de taux dans un contexte d'attentes d'inflation accrues, mais avec le resserrement des conditions financières déjà à l'oeuvre, nous pensons que la BCE peut se permettre de rester en pause et de laisser ⁠les marchés faire le gros ⁠du travail", dit Bénédicte Kukla, stratégiste chez Indosuez Wealth Management, dans des commentaires en amont de ⁠la réunion de la BCE qui se tiendra jeudi.

La Fed et la BCE devraient maintenir leurs taux inchangés mercredi et jeudi, respectivement, mais toute déclaration de leurs responsables respectifs concernant un éventuel resserrement futur sera scrutée à la loupe.

De l'autre côté de l'Atlantique, les investisseurs expriment de nouvelles inquiétudes quant ⁠aux retours des investissements colossaux dans l'IA, à la veille d'une avalanche de résultats des géants américains, ce qui contribue à la morosité ambiante et a également pesé sur les valeurs européennes du secteur (-1,74%).

PÉTROLE

L'impasse au Moyen-Orient continue de faire grimper les prix du pétrole, même si l'annonce surprise par les Émirats arabes unis de leur intention de quitter l'Opep et l'Opep+ en mai a légèrement tempéré cette hausse.

Le Brent prend 2,93% à 111,40 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 3,32% à 99,57 dollars.

"Le départ des Émirats arabes unis montre à quel point il peut être difficile de maintenir la cohésion d'un cartel en période de crise", souligne Brian Jacobsen, stratège économique chez Annex Wealth Management, soulignant que le pays est le le troisième producteur au sein de l'organisation et que leur quota est bien inférieur à leur capacité.

"À long terme, cela réduit considérablement l'influence de l'OPEP sur les marchés", dit-il.

VALEURS

À Paris, Air Liquide a perdu 3,2%, le spécialiste des gaz industriels ayant fait état mardi d'un chiffre d'affaires légèrement inférieur aux attentes au premier trimestre.

TotalEnergies s'est distingué avec un gain de près de 2%, soutenu par les prix du pétrole, à la veille de la publication de ses résultats du premier trimestre.

À Londres, le groupe pétrolier BP a gagné 1,12% après avoir enregistré un bénéfice sous-jacent au coût de remplacement supérieur aux attentes.

A WALL STREET

A l'heure de la clôture en Europe, la Bourse de New York évolue en ordre dispersé, les valeurs technologiques étant particulièrement malmenées.

Le Dow Jones grappille 0,09%, le Standard & Poor's 500 perd 0,77% et le Nasdaq Composite abandonne 1,41%.

Le Wall Street Journal a rapporté lundi que la start-up OpenAI n'avait pas atteint ses objectifs internes en matière d'utilisateurs hebdomadaires et de chiffre d'affaires, ce qui soulève des inquiétudes quant à la capacité de la société mère de ChatGPT à financer ses dépenses ​colossales en centres de données.

L'action Oracle, dont la dépendance vis-à-vis d'OpenAI dans ‌le domaine du "cloud computing" fait l'objet d'une attention particulière, perd 4%, tandis que Nvidia cède 3,35%.

TAUX

Les rendements obligataires de la zone euro ont atteint mardi leur plus haut niveau depuis plusieurs semaines, les marchés ayant revu à la hausse la probabilité d'une hausse des taux d'intérêt par la BCE dans les mois ‌à venir.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 2,3 points de base à 3,0605%, tandis que celui de l'obligation à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a gagné 6,3 points de base ⁠à 2,6368%.

Les marchés anticipent actuellement une probabilité d'environ 85% que la BCE relève ses taux d'ici sa réunion de juin et tablent pleinement sur deux hausses de 25 points de base d'ici sa réunion de septembre, des anticipations légèrement supérieures à ce qu'elles étaient avant la publication de l'enquête ​de la BCE sur les attentes des consommateurs.

Au Royaume-Uni, ​le rendements du Gilt à 10 ‌ans a fini la séance à 5,007%, leur plus haut niveau de clôture depuis 2008.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 2,2 points de base à 4,3575%. Le deux ans gagne 3,1 points de base à 3,8360%.

La Fed entame mardi à Washington une réunion de deux jours qui pourrait par ailleurs être la dernière de Jerome Powell à la tête de la banque centrale américaine.

CHANGES

Le dollar gagne 0,14% face à un panier de devises de référence avant la décision de politique monétaire de la Fed, dans un contexte de craintes inflationnistes.

L'euro perd quant à lui 0,08% pour ressortir à 1,1711 dollar.

A ​SUIVRE LE 29 AVRIL:

(Certaines données peuvent accuser un léger ‌décalage)

(Rédigé par Diana ​Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)

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