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Marché : La vague bleue démocrate aux États-Unis provoque une baisse des taux, malmène le dollar et propulse le CAC 40 qui gagne 1,6%

Aujourd'hui à 13:16
Le CAC 40 monte

(BFM Bourse) - Le marché parisien évolue en nette hausse à la mi-séance ce mercredi 4 novembre, les investisseurs décortiquant les répercussions de la large victoire des candidats démocrates aux élections de mi-mandat.

Les urnes ont parlé et le verdict est tombé. Les Américains ont infligé un cuisant revers à Donald Trump lors des élections de mi-mandat, les démocrates reprenant les deux chambres du Congrès américain à savoir la Chambre des représentants et le Sénat, à partir du 3 janvier prochain.

Le CAC 40 apprécie. L'indice phare de la Bourse de Paris s'adjuge 1,5% à 8.141,25 points à la mi-séance de ce mercredi 4 novembre.

L'appétit pour le risque est alimenté par la chute des taux obligataires. Le rendement de l'obligation française à 10 ans recule de 7 points de base (0,07 point de pourcentage) tandis que celui des États-Unis cède 4 points de base.

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Une paralysie politique pour le meilleur

Ce relâchement sur les taux s'explique par le fait que les opérateurs de marché s'attendent à ce que la prise de contrôle des démocrates aboutisse à davantage de blocage sur de larges dépenses budgétaires.

"La question sera de savoir si cette nouvelle configuration débouchera sur une paralysie politique ou sur des compromis en matière de dépenses publiques et de politique économique. Un gouvernement divisé peut également constituer un facteur positif pour les marchés, en limitant les grandes surprises législatives et en favorisant la recherche de compromis", explique Andrew Lake, de Mirabaud Asset Management.

"Pour les obligations du Trésor américain, deux forces contradictoires sont à l’œuvre : d’un côté, une plus grande discipline budgétaire pourrait favoriser une baisse des rendements, de l’autre, les blocages politiques pourraient accroître l’incertitude budgétaire et exercer une pression à la hausse sur les taux", ajoute-t-il.

"S’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives de ces premiers mouvements, les investisseurs semblent se concentrer sur ce qu’un raz-de-marée Démocrate pourrait signifier pour la politique, notamment des contraintes accrues sur les dépenses de défense et un risque réduit de négociations controversées sur le plafond de la dette", estime de son côté Michael Krautzberger, d'AllianzGI.

La victoire des démocrates au Congrès, ainsi que celle de Gina Hinojosa, élue gouverneure du Texas, État qui concentre un tiers des capacités de data centers aux États-Unis, fait également craindre des répercussions négatives pour l'IA en Bourse.

"Il est indéniable que la prise de contrôle du Sénat par les démocrates, en particulier, va créer des obstacles majeurs à l’adoption de lois sur l’IA et les technologies à Washington au cours des deux prochaines années. Même si Trump opposera probablement son veto à toute loi draconienne en matière de sécurité ou de réglementation de l’IA, cela obligera le secteur technologique (les directeurs généraux des géants de la tech) à s’asseoir à la table des négociations pour tenter de trouver des compromis sur les projets de loi du Congrès relatifs à l’IA", redoute Dan Ives de Yorkville Ives.

Les banques grimpent

Pourtant, les valeurs IA ne soufrent pas tant que cela. Le Nasdaq est attendu en nette hausse à Wall Street et à Paris, des actions IA ne reculent que légèrement, comme Schneider Electric (-1,11%) et Legrand (-0,34%).

"Les investisseurs espèrent en effet que le discours anti-IA n’était qu’une posture de campagne électorale et que les Démocrates se montreront plus pragmatiques une fois au pouvoir. Le programme de la nouvelle gouverneure du Texas n’est d’ailleurs pas favorable à un blocage total de la construction de data centers mais plutôt à la mise en place de règles garantissant les droits et limitant le surcoût pour les ménages", explique Nabil Milali, de Rotschild AM.

Par ailleurs, si Donald Trump voit ses pouvoirs être limités, ses marges de manœuvre restent conséquentes.

"Le président américain conserve un droit de veto qui devrait barrer la route à tout texte législatif avec lequel il serait en désaccord. Certes, Donald Trump a indiqué ces dernières heures sa volonté de collaborer avec les Démocrates mais la réalité politique et la pression que ne manquera pas d’exercer son parti devraient le dissuader d’accorder des victoires d’ampleur à ses adversaires politiques avant l’élection présidentielle de 2028", explique Nabil Milali.

"La situation actuelle devrait donc déboucher sur une impasse institutionnelle sans avancée majeure sur le plan fiscal, ce qui est de nature à limiter le creusement du déficit budgétaire et donc atténuer un des facteurs qui exercent des pressions haussières sur les taux souverains américains", ajoute-t-il.

"Les politiques douanières, d’immigration et réglementaires resteront largement sous l’impulsion de l’exécutif", tranche de son côté Allianz Trade.

La baisse des rendements obligataires provoque une chute du dollar. L'euro gagne ainsi 0,55% face à l'euro, à 1,1253 dollar.

Le pétrole baisse un peu. Le contrat de janvier sur le Brent de mer du Nord abandonne 1,3% à 102,17 dollars le baril tandis que celui de décembre sur le WTI recule de 0,9% à 95,25 dollars le baril.

Du côté des valeurs, le vert est de mise sur la cote parisienne. Les banques surperforment, Société Générale prend 4,8% et BNP Paribas 5,1%. Un analyste estime que la victoire des démocrates peut amener le marché à espérer un environnement moins inflationniste et donc plus porteur pour les banques.

M6 s'adjuge 11,5% après avoir publié une activité supérieure aux attentes au troisième trimestre.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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+316.90 % vs +64.79 % pour le CAC 40
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